Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog du CDRM / Encyclopédie-Marxiste.com
  • Le blog du CDRM / Encyclopédie-Marxiste.com
  • : Blog du site: www.encyclopédie-marxiste.com créer par le CDRM Centre Documentation Recherches Marxistes
  • Contact

Profil

  • cdrm
  • blog du cdrm et du site www.encyclopedie-marxiste.com
  • blog du cdrm et du site www.encyclopedie-marxiste.com

Recherche

7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 07:05

Bonjour,

 

J’ais décider désormais de me consacrer exclusivement à des activités culturelles.

 

Cela reste dans les idées que j’ai toujours eu, les genres de l’imaginaires étant souvent empreint d’idéologie au moins progressistes, même si bien sur cela n’as rien de systématique.

 

Ce blog sera prochainement supprimé et l’adresse mail cdrm.69(at)orange.fr a été déjà supprimé, pour me joindre utilisé désormais la fiche « contact » de mon site culturel : http://science-fiction-fantastique.com/

 

  Retrouvez toute l’actualité du Fantastique, de la Science-Fiction et de l’ensemble de la  culture des genres de l’imaginaire (Cinéma, BD, Livres, Théâtre, Illustration…) toute l’année sur :

 

http://science-fiction-fantastique.com/

 

abonnez-vous à la Newsletter pour être tenu informer.

 

Je vous souhaitons une bonne navigation sur  http://science-fiction-fantastique.com/

 .

Stéphane Dubois

Repost 0
8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 19:40

 

 

Le mea culpa de Mark Lynas

 Mark Lynas, un environnementaliste britannique qui a participé à l’envol du mouvement d’opposition aux OGM, s’est excusé pour s’y être opposé aussi longtemps.

Il a déclaré à l’Oxford Farming Conference, le 3 janvier 2012.

 « Je veux commencer par des excuses. Ici et publiquement, je m’excuse pour avoir passé tant années à arracher des plants d’OGM. Je suis également désolé d’avoir aidé à lancer le mouvement anti-OGM au milieu des années 1990, et d’avoir du coup contribué à diaboliser une option technologique importante qui pourrait être bénéfique à l’environnement. » 

« Lorsque j’ai pour la première fois entendu parler du soja génétiquement modifié de Monsanto, je savais exactement ce que je pensais. On avait là une grosse compagnie américaine avec un passé douteux, plaçant dans nos champs quelque chose d’inédit et d’expérimental sans nous prévenir... Ces gènes se répandraient comme une sorte de pollution vivante. C’était un cauchemar » 

(...) Ce fut la campagne la plus réussie de toutes celles auxquelles j’ai participé. Ce fut aussi, explicitement, un mouvement anti-science. Nous avons utilisé beaucoup d’images de scientifiques démoniaques, jonglant avec les briques mêmes de la vie. D’où l’étiquette d’aliments Frankenstein [Frankenfood].

 (...) À mes yeux, cet environnementalisme anti-science est devenu de plus en plus en contradiction avec mon environnementalisme proscience sur la question du climat.

(ah bon il est proscience de fourni de faux chiffres pour les « scientifiques du GIEC » au sommet de Copenhague, allez encore un effort Mark Lynas, NDLR)  

 J’ai publié mon premier livre sur le réchauffement climatique en 2004, et j’avais la ferme intention d’en faire un livre scientifiquement crédible, plutôt qu’une suite d’anecdotes... Cela signifiait que j’avais à apprendre à lire des études scientifiques, comprendre les bases de la statistique et accroître mes connaissances dans différents domaines, de l’océanographie à la paléoclimatologie.

(Un scientifique mis en avant par les médias et les anti-OGM qui ne savait pas lire des études scientifiques on croit rêver la, NDLR)  

lors de la parution de son troisième livre, The God Species, en 2011 où, dans une perspective de développement durable, il se montrait beaucoup plus ouvert aux OGM — et même au nucléaire.

 Nous avons toujours dit que les anti-OGM étaient des antiscientifiques, des malthusiens prônant une idéologie génocidaire : anti-OGM, anti Nucleaire, anti-vaccins, voulant réduire de plus de moitié le nombre des habitants de la terre (voir les autres articles sur le sujet sur ce site)

  

 

Site culturel que nous vous recommandons : http://michel-dubat-auteur.over-blog.com/

 

 

 

Repost 0
Published by cdrm - dans Théorie
commenter cet article
18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 10:13

Texte éditorial du site unitecommuniste.org, pour info et discution

Quelle révolution pour demain ?

Quelle évolution vers le communisme par un socialisme revisité

___________________________________

« On » regrette l’URSS, la période stalinienne, M. Thorez ou G. Marchais, le programme commun. Et ceci avance à quoi ? En quoi est-ce révolutionnaire ?

Beaucoup observent l’évolution économique et sociale de la Chine et se posent bien des questions, or le 20° siècle n’a pas produit les critères d’appréciation hormis le capitalisme

Ces regrets montrent une nostalgie de la camaraderie dans les luttes est-ce une raison pour s’enfermer dans un passéisme stérile ? A ce propos une phrase de K. Marx dans une lettre en date du 14 septembre 1870 retient notre attention : «Le malheur des Français, même des ouvriers, ce sont les « grands souvenirs » ! Il faudra une fois pour toute que les évenements brisent ce culte réactionnaire du passé » !

Il est vital et urgent de rejeter cet état d’esprit et cette inaction, car, si l’étude des évènements passés est nécessaire pour faire l’apprentissage de l’histoire, la recherche de chemins nouveaux s’impose avec urgence.

Fondamentalement qu’est-ce que le socialisme ?

C’est une phase transitoire entre la société capitaliste et la société future envisagée comme communiste. Mais toutes ces désignations au singulier sont la marque d’une idéologie métaphysique, il n’y a que des sociétés capitalistes, il n’y aura que des phases transitoires, il n’y aura que des sociétés socialistes !

Une société socialiste est encore une société capitaliste mais en voie de dépérissement. S’y côtoient des entreprises capitalistes et un secteur progressiste d’entreprises collectives, socialisées pour faire disparaitre la hiérarchie des rapports sociaux en interne (c’est une des phases capitale qu’ont évité les nationalisations).

Le capitalisme ne se laissera jamais déposséder sans combattre,

Tant que Subsistent les vieilles pratiques liées au capitalisme (l’Individualisme égoïste, le goût de paraître supérieurs aux autres, le désir de possessions individuelles hiérarchisant, etc.) les risques de retour seront toujours grands, le passé nous l’a montré !

Le capitalisme malgré lui a dû redistribuer de la plus-value, dans une société en mouvement. Avec le socialisme cette redistribution sera bien plus large pour financer toutes les avancées sociales, en bridant l’enrichissement privé tiré de l’exploitation de la force de travail.

Dans cette phase de mutation de société, l’Etat joue un très grand rôle, il doit donc être sous contrôle populaire permanent dans son rôle législatif, les syndicats et les associations doivent jouer pleinement leur rôle de contrôle et de dynamique révolutionnaires.

Une société socialiste est bien entendu révolutionnaire puisqu’elle met fondamentalement en cause le capitalisme et met en mouvement la société, son degré de réformisme dépend des luttes populaires. Nous ne devons pas confondre ce type de réformisme avec celui de la sociale-démocratie ni avec le réformisme liquidateur des « élites » du PCF qui acceptent le capitalisme comme société indépassable de la fin de l’histoire humaine.

Notre objectif : Une société communiste par une voie socialiste.

Notre outil : le Marxisme avec la liaison constante de la théorie et de la pratique dans tous ses aspects, (la praxis).

Une société communiste : c’est la disparition des antagonismes de classe, la redistribution sociale des fruits du travail, la possibilité pour chacun de développer toutes ses potentialités, « c’est la fin de la préhistoire humaine ».

Tout ceci requiert une construction rigoureuse pour une programmatique précise et stimulante associant les masses populaires, car il est absolument nécessaire de rendre cette société suffisamment attractive pour la rendre indépassable, ce ne peut pas être par des méthodes autoritaires bien entendu !

A notre époque le capitalisme cherche de nouvelles pratiques qui lui permettront de résoudre ses contradictions nées avec la financiarisation des économies mondialisées, dans le but bien entendu d’extorquer toujours plus de plus-value, pas seulement par l’exploitation de la force de travail mais aussi sur tout ce qui peut rapporter, y compris en ponctionnant sur les impôts ou la sécurité sociale

Ce court exposé nous amène à poser la question de la reconstruction révolutionnaire de la force communiste dès maintenant.

Depuis des décennies des camarades se sont levés pour résoudre cette crise politique devenue manifeste, après la chute de l’URSS, mais comme nous l’avons écrit en tête de cet article, ces forces se sont cramponnées au passé, croyant réagir aux dérives d’un parti qui ne porte plus que le nom de communiste; celui-ci sombre dans un humanisme verbeux dont se sont moqués depuis deux siècles toutes les forces progressistes du pays, c’est un canard sans tête mû par des courants socials-démocrates et des idéologies religieuses abâtardies à qui le marxisme et le matérialisme ont fait un sort depuis longtemps.

Retourner impérativement à nos théories et pratiques révolutionnaires pour définir les buts et les programmes compatibles avec l’histoire, les changements profonds du capitalisme, les nouvelles formes d’exploitations, les mutations de sociétés. Ce travail marxiste ne peut être que collectif et l’aide de camarades économistes s’impose pour des analyses et des résultats pratiques et théoriques ; si cela reste académique, nous aurons persévéré dans la complicité de classe.

Question : Comment et avec qui entreprendre ce nécessaire travail ? Nous sommes tous concernés.

M.Mélinand

 

Repost 0
Published by cdrm - dans Théorie
commenter cet article
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 15:18


Classe ouvrière, nation et combat communiste :

Des retrouvailles urgentes !

26 avril 2011

Un sondage paru ce jour indique qu’une majorité relative d’ouvriers voteraient pour Marine Le Pen (36%) si les présidentielles avaient lieu demain. Hollande, Aubry ou DSK arriveraient loin derrière la patronne du FN ; désormais vomi par une majorité de prolétaires, Sarkozy serait troisième. Quant aux Mélenchon, Besancenot et Cie, ils recueilleraient un pourcentage faible, voire très faible des voix ouvrières. Certes il faut rester très prudent avec ce type d’enquête : ces instituts de sondage et les médias qui les commanditent travaillent quotidiennement pour les ennemis du monde du travail. En outre, les sondeurs ignorent systématiquement que, des européennes aux cantonales, le « premier parti ouvrier de France » n’est certainement pas le FN mais l’abstention, par laquelle les travailleurs manifestent régulièrement leur rejet catégorique de l’UMPS maastrichtienne et des petits partis qui lui servent de rabatteurs objectifs au premier tour. Méfions-nous aussi de l’utilisation anti-ouvrière de ce sondage, qui va surtout servir à salir l’image des ouvriers auprès des « bobos », lesquels font désormais la loi à la tête de la gauche et même de l’extrême gauche établies.

N’empêche : les militants du PRCF qui vivent dans les départements saccagés par les délocalisations et où la classe ouvrière est menacée de déclassement global, peuvent confirmer ce fait politique inquiétant : la tentation d’utiliser, -illusoirement et dangereusement-, le vote FN pour « donner un coup de balai » général, monte en puissance dans une partie de la classe laborieuse, y compris hélas dans le prolétariat des usines. Et l’héritière du milliardaire Le Pen le sait si bien que, remisant provisoirement et superficiellement le programme archi-patronal de son vieux facho de père, elle feint d’exiger des nationalisations, de refuser l’euro et le libre échange (alors que les députés FN ont voté l’Acte unique européen en 1986 !), et se réfère même à la laïcité, dont elle dévoie le contenu dans un sens islamophobe comme ses imitateurs gouvernementaux Guéant et Hortefeux. Au lieu de nier les faits ou de maudire ces « ouvriers-qui-ne-comprennent-rien-au-danger-fasciste », les marxistes, les communistes et tous les vrais antifascistes ont le devoir de se demander comment on en est arrivé là et comment il est possible de changer de cap sans attendre 2012.

Et là, c’est d’une autocritique radicale qu’auraient besoin la grande majorité des dirigeants de la « gauche » et de l’extrême gauche établies, et au premier chef la direction nationale du PCF. En effet, depuis au moins 81, ces bonnes gens, tous plus « internationalistes » et « antiracistes » en paroles les uns que les autres, ont creusé le lit du FN et pour commencer, celui de l’UMP, dont la politique se distingue de moins en moins de celle du parti d’extrême droite. En effet, la fausse gauche et les faux dirigeants communistes ont passé leur temps, tout en calomniant sans cesse les marxistes-léninistes restés fidèles à leur idées, à

- criminaliser le communisme, en cultivant l’antisoviétisme, l’anti-léninisme et le négationnisme anticommuniste. Accompagnant le procès fascisant du Livre noir du communisme, la fausse gauche et la fausse extrême gauche ont expliqué aux travailleurs que l’issue à la crise systémique du capitalisme n’était plus la révolution prolétarienne et la dictature du prolétariat, encore moins la socialisation des moyens de production ; loin de faire le bilan objectif de l’expérience née de la Révolution d’octobre, loin d’en tirer leçon pour construire le socialisme de l’avenir, ces dirigeants ont repris la scandaleuse équation « anti-totalitaire » : « URSS=Troisième Reich », quitte à mettre sur le même plan les tortionnaires nazis et les héros de Stalingrad. Comment s’étonner alors si à l’arrivée, l’extrême droite est banalisée dans toute l’UE au rythme même où les « Rouges » sont diabolisés ? On ne fustigera jamais assez l’irresponsabilité des dirigeants mutants et « refondateurs » du PCF qui depuis des décennies ont rivalisé d’autoflagellation avec la droite en mettant dans toutes les têtes, et d’abord dans celles des enfants décervelés par les manuels d’ « histoire » officiels, l’équation « communistes=criminels » : car cette équation odieuse est le socle sur lequel l’ultra-droite déferle sur toute l’Europe de l’Italie aux pays baltes. En attendant, les travailleurs de France n’ont plus à leur disposition de vrai PC implanté prioritairement à l’usine, intégrant les immigrés au combat de classe, soutenant le syndicalisme de classe, portant un véritable patriotisme progressiste et dynamisant chaque lutte par la perspective de la révolution socialiste ;

- ensuite, la fausse gauche aidée par les trotskistes et par les idéologues mutants et refondateurs du PCF ont travaillé à affaiblir la conscience de classe. Les ouvriers sont devenus des travailleurs (alors que tous ne sont pas confrontés au même degré à l’exploitation capitaliste), les travailleurs sont devenus des « salariés » (alors que certains « salariés », PDG, DRH, etc., ne sont que des laquais du capital), et pour finir les salariés sont devenus des « gens ». Depuis plusieurs années, l’Huma a purgé sa manchette du marteau et de la faucille en affichant la devise du «parti-pris-des-gens » (Huma-Dimanche). Quelles gens, s’agit-il des exploiteurs ou des exploités ?… Parachevant le délestage idéologique entrepris en 76 avec l’abandon de la dictature du prolétariat, le PCF a rayé de ses statuts (28 et 29èmes congrès) toute référence à la classe ouvrière, au socialisme et au marxisme ; et tout en prétendant avoir coupé la « courroie de transmission », la CGT a rayé de ses statuts la notion de syndicalisme de classe. Quant au NPA, il a renié les mots « communiste » et « révolutionnaire » qui figuraient dans l’ancien sigle de la LCR. Comment s’étonner si aujourd’hui les ouvriers se désintéressent du « facteur » préféré des Neuilléens, Olivier Besancenot !

- enfin la gauche établie a totalement renié la nation. Au moment où les capitalistes « français » s’acharnent sur l’industrie et sur l’agriculture de notre pays, donc sur les ouvriers et sur les paysans, pourquoi le PRCF est-il presque seul, en tant qu’organisation se réclamant du marxisme et de la gauche populaire, à défendre la revendication prolétarienne élémentaire de « produire en France », sans laquelle les ouvriers, les techniciens, les petits paysans, les marins-pécheurs, etc. iront coucher sous les ponts pendant que les bobos disserteront à perte de vue sur « l’autre mondialisation » - tandis qu'ils auront concrètement aidé les capitalistes à détruire pour longtemps, avec nos capacités productives, toute possiblilité objective de révolution socialiste dans notre pays -? Comment se fait-il que les militants franchement communistes du PRCF, censurés par la presse et calomniés par tout ce que le pays compte de gauchistes de salon, soient si seuls, en tant qu’organisation politique se référant au combat de classes, à militer pour sortir la France de l’UE avant qu’elle y reste, à fustiger le mensonge de l’Europe sociale, et à porter une pétition de masse pour que la France se retire sur des bases progressistes de la ruineuse zone euro… Comme si le plan « euro + » ne servait pas déjà de feuille de route à toute l’euro-bourgeoisie pour diminuer les salaires et fermer les services publics ? Pourquoi par ailleurs, en dehors du PRCF, PAS UNE organisation politique se réclamant de la lutte des classes et du camp progressiste n’engage-t-elle la résistance linguistique au tout-anglais patronal au moment où Chatel, Pécresse, l’UE veulent contraindre les travailleurs à étudier et à bosser en anglais en favorisant ouvertement la préférence nationale à l’envers des « english mother tongue » chéris par le CAC 40 ?

La réalité, c’est que la fausse gauche, trahissant Jaurès (« la souveraineté politique du peuple est le socle de l’émancipation sociale »), Ho Chi Mihn (« il n’y a pas de bien plus précieux que l’indépendance et la liberté »), Lénine (« Du droit des nations à disposer d’elles-mêmes ») et Politzer (« la nation c’est le peuple »), a rompu l’alliance du patriotisme républicain et de l’internationalisme prolétarien qui fut au cœur de la Commune, du Front populaire et du C.N.R.. Imitant la social-eurocratie du PS, la plupart des groupes gauchistes, non seulement abandonnent le drapeau tricolore et la Marseillaise au FN (une erreur que n’ont pas faite les ouvriers de la raffinerie de Gonfreville qui chantèrent la Marseillaise face aux charges de CRS !), mais ils traitent inlassablement de « nationaliste » ceux qui, dans la lignée de Thorez, Duclos, Manouchian et Croizat appuyés par l’Internationale communiste, associent CONTRE LES FASCISTES, contre l’UE et contre Sarko-MEDEF, le drapeau rouge du prolétariat mondial au drapeau tricolore de Valmy et des maquis FTP ! Et pendant qu’à quelques exceptions près, les dirigeants en vue de la « petite gauche », avant tout soucieuse de ménager le PS et les directions confédérales euro-formatées, refusent de condamner la sacro-sainte « construction européenne », les ouvriers, techniciens et ingénieurs de production perdent leur emploi, l’agriculture et la pêche artisanale s’éteignent, la France croule sous les importations, les services publics disparaissent « pour sauver l’euro »… et les techniciens de France-Télécom continuent de subir le harcèlement moral au travail. Mais rassurons-nous, rien n’est perdu : P. Laurent, le secrétaire du PCF, renie le combat de G. Marchais en défendant l’euro contre le « populisme ». Ainsi donne-t-il des gages au Parti de la Gauche Européenne dont il est devenu le président ainsi qu’à Mélenchon, l’homme qui juge si « nationaliste » l’idée de sortir de l’euro mais qui croit « internationaliste » d’appeler l’impérialiste Sarkozy à bombarder la Libye dans le but de « sauver la révolution arabe» (sic) !

En fait, pour notre pays, pour sa classe ouvrière française et immigrée, il est minuit moins le quart. Les vrais communistes, ceux qui sont hors du PCF comme ceux qui y adhèrent encore, parviendront-ils à temps et ensemble à rendre irrésistible l’exigence d’une sortie PROGRESSISTE de l’UE pour faire revivre le programme du CNR ? Parviendrons-nous ensemble à défendre l’histoire du communisme et la perspective du socialisme ? Parviendrons-nous ensemble à populariser à temps une large alliance antimonopoliste pour combattre Sarkozy, sortir la France de l’UE, mettre en place un programme de rupture progressiste axé sur les principes toujours actuels du CNR, comme y travaille l’Arc républicain de progrès (ARP) ? Ou bien, pour suivre pas-à-pas à la trace la petite bourgeoisie euro-constructive, « anti-libérale », écolo-européiste et altermondialiste, les mouvements gauchistes déguisés en internationalistes laisseront-ils le FN et DSK prendre à la fois la République et la classe ouvrière en tenailles pour détruire la nation en « sauvant » la seule chose qui compte pour les nouveaux complices du « FNMI » : les profits de l’oligarchie et l’avenir de l’impérialisme « français » ? C’est dans cet esprit que le PRCF 62 a d’ailleurs proposé à la Fédé 62 du PCF, qui en a accepté le principe, d’organiser ensemble une action à Hénin-Beaumont, la grande ville ouvrière convoitée par le FN, pour commémorer la grande Grève patriotique des mineurs de mai 1941.

Quoi qu’il en soit, le PRCF continuera son effort pour que, la classe ouvrière retrouve son rôle dirigeant dans la transformation sociale en « devenant la nation », comme y invitait le Manifeste de Marx et d’Engels à l’orée d’un autre Printemps des peuples : et il est décisif pour les vrais militants ouvriers qui veulent combattre efficacement le FN et l’Europe capitaliste de renforcer cet outil politique modeste, mais franchement communiste et prioritairement tourné vers la classe laborieuse qu’est actuellement le Pôle de Renaissance Communiste en France, la seule organisation politique de classe qui associe clairement dans ses luttes l’Internationale à la Marseillaise et le drapeau de la Révolution française au drapeau rouge frappé des outils ouvrier et paysan de la Révolution d’Octobre.

Pour le PRCF

Secrétariat du PRCF

 

 

Repost 0
Published by cdrm - dans Théorie
commenter cet article
3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 11:06

Chers amis, merci si ce n’est fait, de diffuser largement par tous moyens à votre disposition l’appel ci-dessous.Merci de le faire connaître aux journalistes, élus, syndicalistes, etc. de votre connaissance.

Georges Gastaud,

Président du COURRIEL

COMMUNIQUÉ du COLLECTIF CITOYEN D'ACTIONS

CONTRE LE TOUT-ANGLAIS

 

Parce que nous REFUSONS que l'anglais prenne une place plus importante que le français dans notre pays

(Travail, Enseignement supérieur, Éducation nationale, commerce, média, publicités...)


RASSEMBLEMENT samedi 19 mars, à 14 heures, à PARIS
devant la fontaine Molière, à l’angle de la rue Molière et de la rue Richelieu (1er arrondissement), (métro : Pyramides ou Palais-Royal.)

 

Non au tout-à-l’anglais ! Non à l’anglais partout !

Ne laissons pas assassiner la langue française !

 

Avec de fortes complicités dans les « élites » politiques et économiques de notre pays et de l'Union européenne, une politique d'arrachage linguistique, dont le peuple français n'a jamais pu discuter, se met en place : en violation de la Constitution et de la loi Toubon, il s'agit de substituer le tout-anglais à la langue française dans tous les domaines : commerce, enseignes, publicité, recherche, université, chanson, médias, etc.

Cette politique linguistique ne détruit pas seulement la langue française - qui est un des piliers de l'identité républicaine française -, elle ne sape pas seulement le socle linguistique de la francophonie internationale ; elle est également porteuse de lourdes discriminations et d’inégalités socio-linguistiques ; l'imposition insidieuse d'une langue unique menace en outre lourdement la liberté de pensée et la diversité culturelle en France, en Europe et dans le monde.

Sauvons la langue de Molière, de Diderot et de Hugo et appelons notre peuple, les francophones du monde entier et tous les amis de la liberté et de l'égalité entre les peuples, à entrer en résistance contre le totalitarisme linguistique et la colonisation culturelle !

Merci de diffuser cette information tout autour de vous, photocopies, copies, télécopies, courriels, tout est permis.

 

 

 

Repost 0
Published by cdrm - dans Théorie
commenter cet article
18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 06:47

Deux façons de rendre compte d’un même évènement.


 
En documents attachés les articles de L’Humanité et du Monde du vendredi 16 octobre rendant compte de la conférence de presse de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afset) sur les ondes électromagnétiques. L’un est intitulé « des ondes pas sans effet » l’autre « aucune preuve convaincante d'un effet biologique ». Soit les journalistes n’ont pas écouté le même discours, soit l’un des deux essaye de faire cadrer le contenu de son article avec un présupposé idéologique. L’article du Monde est bien plus informatif sur les données de l’étude de l’Afset que celui de l’Huma qui relève du parti pris. En l’état actuel, il n’y aucune donnée concrète, malgré les nombreuses études, qui permettent d’établir un lien entre les ondes électromagnétiques et une quelconque pathologie. Ce qui signifie que s’il y en a il n’a pas été démontré. Le rapport et c’est aussi son intérêt souligne les insuffisances méthodologiques de nombre de ces études qui annulent leurs conclusions. Or, curieusement il y a une prévalence forte d’erreurs méthodologiques dans les études concluant à un effet biologiques des ondes, comme si un présupposé idéologique intervenait dans la construction de l’étude. Que l’Homme se pose des questions sur les éventuelles conséquences des ondes électromagnétiques pour la santé compte tenu de l’explosion des technologies de communications est normal. Mais le problème est que l’information véhiculée par les médias et la presse est élaborée par des associations qui ont fait de la peur de la nouveauté leur fonds de commerce (Robin des toits, CRIIREM, Fédération nationale de l’environnement…).
L’émotion sert de terrain favorable aux thèses préétablies. Le recours aux experts « indépendants » autoproclamés aux titres ronflants est systématique en lieu et place des spécialistes du domaine qui travaillent effectivement sur le sujet. Et quand ces derniers sont sollicités c’est pour être accusés d’être à la solde des multinationales.
Le discours anti-multinationale de surface sert à faire avaler l’idéologie de l’irrationnel et de l’obscurantisme.


Le Figaro est le seul quotidien national qui donne une information scientifique digne de ce nom. Le Monde et Libération joue sur les deux tableaux, un peu de rationnel (d’information scientifique) et beaucoup d’opportunisme. Quant à l’Humanité, l’opportunisme (l’inculture scientifique) règne en maitre. Dans l’article sur les ondes la journaliste parle « d’essais cliniques in vitro » ! Les essais cliniques portent sur les malades, seuls les médecins ont accès aux malades. Les essais in vitro (dans les tubes à essai, les boites de cultures) concernent les cellules isolées ou des explants tissulaires. C’est le domaine des chercheurs. Visiblement la journaliste ne sait pas de quoi elle traite. Il est donc logique qu’elle conclut son article en citant France nature Environnement et Robins des Toits
L’Humanité est le seul quotidien national à parler des luttes, mais en essayant de lier l’intérêt des salariés à cette idéologie ultraréactionnaire qu’est l’écologisme.


Il est particulièrement scandaleux qu’au nom de Jaurès, P Le Hyaric et sa rédaction nous distille les idées d’Al Gore, J Bové, C Lepage, N Hulot, Yan Arthus Bertrand, Fabrice Nicolino et tant d’autres charlatans…


Le monde du travail a tout à y perdre.


 
Gilles Mercier
Travailleur scientifique
Syndicaliste CGT

Repost 0
Published by cdrm - dans Théorie
commenter cet article
4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 12:03

Le CRIF, une officine de propagande. Le gouvernement français : un complice.

Communiqué de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix)

31.07.2009


http://www.ujfp.org/modules/news/ar…


Auparavant plusieurs organisations parmi lesquelles l’Union des Patrons Juifs de France (UPJF – à ne pas confondre s’il vous plaît avec l’UJFP) avaient diffusé un « appel à la clémence » pour les nervis de la Ligue de défense Juive coupables de la dévastation de la librairie Résistances, excusables de ne « plus croire à la justice de leur pays » devant la « déferlante antisémite » que connaîtrait la France, notamment au travers des actions de Boycott et de la mansuétude de la Justice pour les coupables dans le procès Halimi !


Nous avons déjà dit le caractère de fuite en avant criminelle et suicidaire de la politique israélienne, qui voit dans l’impunité que lui a accordé jusqu’ici la « communauté internationale » (on attend aujourd’hui que les déclarations d’Obama se traduisent en actes) des raisons de poursuivre la dépossession du peuple palestinien alors que cela ne fait qu’éloigner toujours un peu plus la possibilité d’une solution de paix juste et durable.


Nous disons qu’en s’alignant sur cette politique le Conseil dit représentatif des Institutions Juives de France engage les Juifs de France dans la même impasse d’une guerre sans fin contre tous, développant une idéologie de forteresse assiégée par des ennemis et des traîtres.


Nous disons qu’il revient au Président de la République et au gouvernement de ne pas céder à cet invraisemblable chantage communautariste, comme il vient malheureusement d’être fait en interjetant appel du jugement dans l’affaire Halimi.

Nous disons qu’il revient au Président de la République Française et au gouvernement de contribuer à casser cette dérive en développant une position ferme de défense des droits humains de tous les peuples. Cela devrait commencer, notamment, par la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël (comme prévu à son article 2) et par l’exigence de libération immédiate de Salah Hamouri.

 

Pour l’UJFP, André Rosevègue, co-président 29 juillet 2009




Bonjour à toutes et à tous,

Je vais me permettre ici une très légère critique du génial discours de Pierre Stambul dans la vidéo :

Je suis en total accord avec Pierre Stambul de l’UJFP, à un petit détail près : ce n’est pas l’Europe qui a génocidé les Juifs, mais seulement une ou deux générations d’Allemands.


Bien sûr, il y a eu en France la complicité active du gouvernement fantôche de Vichy installé par les nazis. Et la complicité de la police.

En France, c’est essentiellement la classe dominante qui a collaboré. Et les résistants se sont recrutés presqu’exclusivement dans le prolétariat (au sens généralisé de ce mot, ce qui inclut les paysans, les artisans, etc.).


Par conséquent, les Français dans leur ensemble ne sont en rien coupables du génocide des juifs perpêtré par les nazis.


Cette remarque prend toute son importance quand on se rend compte que la propagande sioniste repose surtout sur la culpabilité que tout le monde doit, d’après les sionistes, ressentir vis-à-vis des Juifs.


Pour ce qui concerne la France, seules quelques générations de la classe dominante doivent ressentir de la culpabilité, PAS le prolétariat (au sens généralisé du mot). D’ailleurs, on peut constater comment les ouvriers de la SNCF ont brillament résisté au nazisme dans notre pays en regardant le film "la bataille du rail".

Quant à ceux qui prétendent que la France a toujours été antisémite, je leur réponds de cesser leur propagande mensongère. Si l’ensemble de la population française avait été antisémite, elle n’aurait jamais élu quelqu’un comme Léon Blum en 1936 !

Bien à vous,
do
http://mai68.org (non interactif)

ou http://mai68.org/spip (interactif)

Post-scriptum : C’est par la force que la classe dominante construit l’Europe, contre les populations européennes qui, elles, s’y opposent. La construction de l’Europe, c’est-à-dire la disparition programmée de divers pays d’Europe, comme la France par exemple, et leur remplacement par un seul pays nommé Europe, autorise cette généralisation abusive qui attribue à l’ensemble des Européens la culpabilité du génocide des Juifs. Culpabilité qui appartient pourtant essentiellement à quelques générations d’Allemands. C’est une raison de plus d’être contre l’Europe !

 



L’Union Juive Française pour la Paix s’inquiète devant la multiplication des déclarations du CRIF ou d’organisations membres de ce « Conseil » se faisant les porte parole des courants les plus bellicistes de l’Etat israélien et prétendant obtenir de l’Etat français un alignement pur et simple sur les positions du gouvernement Netanyahou. Ces mêmes organisations veulent obtenir la condamnation pénale de l’antisionisme (en prétendant qu’il ne peut être que le masque de l’antisémitisme) et des appels au Boycott des produits israéliens (assimilé à une volonté de destruction pure et simple de la société israélienne). Le communiqué du CRIF à propos de la convocation par le Quai d’Orsay de l’Ambassadeur d’Israël est proprement ahurissant. Alors que le gouvernent français a été plus que discret dans ses réactions face aux crimes de guerre d’Israël ( notamment à Gaza en décembre et janvier derniers), à la poursuite de la colonisation et de la construction du Mur, comme au traitement infligé à l’étudiant franco-palestinien Salah Hamouri ; Alors qu’il a même été quasiment muet devant les vexations et humiliations subies par ses représentants diplomatiques (la dernière en date étant l’interdiction faite à notre représentant consulaire d’assister à l’audience de dimanche où Salah a vu sa libération refusée) ; Quand enfin l’Ambassadeur d’Israël est convoqué au sujet des destructions illégales au regard du droit international de quartiers entiers de Jérusalem Est , et malgré toutes les précautions prises par Bernard Kouchner et Nicolas Sarkozy pour réaffirmer que la France partageait avec Israël les mêmes valeurs, le CRIF s’émeut, affirme que la loi israélienne doit s’appliquer sur la ville de Jérusalem dans sa totalité, en contradiction même avec les résolutions de l’ONU, et demande qu’Israël soit traité en ami.
Repost 0
Published by cdrm - dans Théorie
commenter cet article
28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 07:43

SAMIR AMIN : « MARX N’A JAMAIS ETE AUSSI UTILE » (1/2)

La crise économique mondiale est une crise du capitalisme. Ce n’est pas la première, bien sûr, mais pour l’économiste Samir Amin, elle pourrait être l’occasion de remettre en cause les fondements-même du capitalisme. Pour sortir, non pas de la crise du capitalisme, mais du capitalisme en crise.

Samir Amin est un éminent professeur d’économie politique du développement. Il est le directeur du Forum du Tiers-Monde. Samir Amin enseigne l’économie à l’Université de Poitiers, Paris et Dakar.

Il a beaucoup publié sur le droit, la société civile, le socialisme, le colonialisme et le développement, particulièrement en Afrique et dans le monde arabe et islamique. Parmi ses nombreuses publications figurent Eurocentrisme (1988), L’empire du chaos (1991) et Au-delà du capitalisme (1998).

LE CAPITALISME , UNE PARENTHESE DANS L’HISTOIRE

Le principe de l’accumulation sans fin qui définit le capitalisme est synonyme de croissance exponentielle, et celle-ci, comme le cancer, conduit à la mort. Stuart Mill, qui l’avait compris, imaginait qu’un « état stationnaire » mettrait un terme à ce processus irrationnel. Keynes partageait cet optimisme de la Raison. Mais ni l’un ni l’autre n’était équipé pour comprendre comment le dépassement nécessaire du capitalisme pourrait s’imposer. Marx, en donnant toute sa place à la nouvelle lutte des classes, pouvait par contre imaginer le renversement du pouvoir de la classe capitaliste, concentré aujourd’hui dans les mains de l’oligarchie.

L’accumulation, synonyme également de paupérisation, dessine le cadre objectif des luttes contre le capitalisme. Mais celle-ci s’exprime principalement par le contraste grandissant entre l’opulence des sociétés du centre, bénéficiaires de la rente impérialiste et la misère de celles des périphéries dominées. Ce conflit devient de ce fait l’axe central de l’alternative « socialisme ou barbarie ».

Le capitalisme historique « réellement existant » est associé à des formes successives d’accumulation par dépossession, non pas seulement à l’origine (« l’accumulation primitive ») mais à toutes les étapes de son déploiement.

Une fois constitué, ce capitalisme « atlantique » est parti à la conquête du monde et l’a refaçonné sur la base de la permanence de la dépossession des régions conquises, devenant de ce fait les périphéries dominées du système.

Cette mondialisation « victorieuse » a prouvé être incapable de s’imposer d’une manière durable.

Un demi siècle à peine après son triomphe, qui pouvait déjà paraître inaugurer la « fin de l’histoire », elle était déjà remise en cause par la révolution de la semi périphérie russe et les luttes (victorieuses) de libération de l’Asie et de l’Afrique qui ont fait l’histoire du XXème siècle – la première vague de luttes pour l’émancipation des travailleurs et des peuples.

L’accumulation par dépossession se poursuit sous nos yeux dans le capitalisme tardif des oligopoles contemporains. Dans les centres la rente de monopole dont bénéficient les ploutocraties oligopolistiques est synonyme de dépossession de l’ensemble de la base productive de la société. Dans les périphéries cette dépossession paupérisante se manifeste par l’expropriation des paysanneries et par le pillage des ressources naturelles des régions concernées. L’une et l’autre de ces pratiques constituent les piliers essentiels des stratégies d’expansion du capitalisme tardif des oligopoles.

Dans cet esprit, je place la « nouvelle question agraire » au cœur du défi pour le XXIème siècle.  La dépossession des paysanneries (d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine) constitue la forme majeure contemporaine de la tendance à la paupérisation (au sens que Marx donne à cette « loi ») associée à l’accumulation. Sa mise en œuvre est indissociable des stratégies de captation de la rente impérialiste par les oligopoles, avec ou sans agro-carburants.

J’en déduis que le développement des luttes sur ce terrain, les réponses qui seront données à travers elles à l’avenir des sociétés paysannes du Sud (presque la moitié de l’humanité) commanderont largement la capacité ou non des travailleurs et des peuples à produire des avancées sur la route de la construction d’une civilisation authentique, libérée de la domination du capital, pour laquelle je ne vois pas d’autre nom que celui du socialisme.

Le pillage des ressources naturelles du Sud qu’exige la poursuite du modèle de consommation gaspilleuse au bénéfice exclusif des sociétés opulentes du Nord annihile toute perspective de développement digne de ce nom pour les peuples concernés et constitue de ce fait l’autre face de la paupérisation à l’échelle mondiale. 

Dans cet esprit la « crise de l’énergie » n’est pas le produit de la raréfaction de certaines des ressources nécessaires à sa production (le pétrole bien entendu), ni davantage le produit des effets destructeurs des formes énergétivores de production et de consommation en vigueur. Cette description – correcte – ne va pas au-delà des évidences banales et immédiates. Cette crise est le produit de la volonté des oligopoles de l’impérialisme collectif de s’assurer le monopole de l’accès aux ressources naturelles de la planète, que celles-ci soient rares ou pas, de manière à s’approprier la rente impérialiste, quand bien même l’utilisation de ces ressources demeurerait ce qu’elle est (gaspilleuse, énergétivore) ou serait soumise à des politiques « écologistes » correctives nouvelles.

J’en déduis également que la poursuite de la stratégie d’expansion du capitalisme tardif des oligopoles se heurtera nécessairement à la résistance grandissante des nations du Sud.

D’UNE LONGUE CRISE A L’AUTRE

La crise actuelle n’est donc ni une crise financière, ni la somme de crises systémiques multiples, mais la crise du capitalisme impérialiste des oligopoles, dont le pouvoir exclusif et suprême risque d’être remis en question, cette fois encore, à la fois par les luttes de l’ensemble des classes populaires et par celles des peuples et nations des périphéries dominées, fussent elles en apparence « émergentes ».

Elle est simultanément une crise de l’hégémonie des Etats-Unis. Capitalisme des oligopoles, pouvoir politique des oligarchies, mondialisation barbare, financiarisation, hégémonie des Etats-Unis, militarisation de la gestion de la mondialisation au service des oligopoles, déclin de la démocratie, pillage des ressources de la planète, abandon de la perspective du développement du Sud sont indissociables.

Le vrai défi est donc le suivant  : ces luttes parviendront-elles à converger pour ouvrir la voie – ou des voies – sur la longue route à la transition au socialisme mondial ?

Ou demeureront-elles séparées les unes des autres, voire entreront-elles en conflit les unes contre les autres, et de ce fait, inefficaces, laissant l’initiative au capital des oligopoles ?

Il est bon de revenir sur la première longue crise du capitalisme, qui a façonné le XXème siècle, tant le parallèle entre les étapes du développement de ces deux crises est saisissant.

Le capitalisme industriel triomphant du XIXème siècle entre en crise à partir de 1873. Les taux de profits s’effondrent, pour les raisons mises en évidence par Marx. Le capital réagit par un double mouvement de concentration et d’expansion mondialisée. Les nouveaux monopoles confisquent à leur profit une rente prélevée sur la masse de la plus-value générée par l’exploitation du travail. Ils accélèrent la conquête coloniale de la planète. Ces transformations structurelles permettent un nouvel envol des profits. Elles ouvrent la « belle époque » - de 1890 à 1914 – qui est celle d’une domination mondialisée du capital des monopoles financiarisés. Les discours dominants de l’époque font l’éloge de la colonisation (la « mission civilisatrice »), qualifient la mondialisation de synonyme de paix, et la social-démocratie ouvrière européenne se rallie à ce discours.

Pourtant la « belle époque », annoncée comme la « fin de l’histoire » par les idéologues en vue de l’époque, se termine par la guerre mondiale, comme seul Lénine l’avait vu. Et la période qui suit pour se poursuivre jusqu’aux lendemains de la seconde guerre mondiale sera celle de « guerres et révolutions ». En 1920, la révolution russe (le «  maillon faible » du système) ayant été isolée, après la défaite des espoirs de révolution en Europe centrale, le capital des monopoles financiarisés restaure contre vents et marées le système de la « belle époque ». Une restauration, dénoncée par Keynes à l’époque, qui est à l’origine de l’effondrement financier de 1929 et de la dépression qu’elle va entraîner jusqu’à la seconde guerre mondiale.

Le « long XXème siècle » - 1873/1990 – est donc à la fois celui du déploiement de la première crise systémique profonde du capitalisme vieillissant ( au point que Lénine pense que ce capitalisme des monopoles constitue la « phase suprême du capitalisme »), et celui d’une première vague triomphante de révolutions anti-capitalistes (Russie, Chine) et de mouvements anti-impérialistes des peuples d’Asie et d’Afrique.

La seconde crise systémique du capitalisme s’ouvre en 1971, avec l’abandon de la convertibilité or du dollar, presqu’exactement un siècle après le début de la première.

Les taux de profit, d’investissement, et de croissance s’effondrent (ils ne retrouveront jamais depuis les niveaux qui avaient été les leurs de 1945 à 1975). Le capital répond au défi comme dans la crise précédente par un double mouvement de concentration et de mondialisation. Il met ainsi en place des structures qui définiront la seconde « belle époque » (1990/2008) de mondialisation financiarisée permettant aux groupes oligopolistiques de prélever leur rente de monopole.

Mêmes discours d’accompagnement  : le « marché » garantit la prospérité, la démocratie et la paix ; c’est la « fin de l’histoire ». Mêmes ralliements des socialistes européens au nouveau libéralisme.

Et pourtant cette nouvelle « belle époque » s’est accompagnée dès le début par la guerre, celle du Nord contre le Sud, amorcée dés 1990.  Et tout comme la première mondialisation financiarisée avait donné 1929, la seconde a produit 2008. Nous sommes parvenus aujourd’hui à ce moment crucial qui annonce la probabilité d’une nouvelle vague de « guerres et révolutions ». D’autant que les pouvoirs en place n’envisagent rien d’autre que la restauration du système tel qu’il était avant son effondrement financier.

L’analogie entre les développements de ces deux crises systémiques longues du capitalisme vieillissant est frappante. Il y a néanmoins des différences dont la portée politique est importante.

SORTIR DE LA CRISE DU CAPITALISME OU SORTIR DU CAPITALISME EN CRISE?

Derrière la crise financière, la crise systémique du capitalisme des oligopoles.

Le capitalisme contemporain est d’abord et avant tout un capitalisme d’oligopoles au sens plein du terme (ce qu’il n’était qu’en partie jusqu’ici). J’entends par là que les oligopoles commandent seuls la reproduction du système productif dans son ensemble. Ils sont « financiarisés » dans le sens qu’eux seuls ont accès au marché des capitaux. Cette financiarisation donne au marché monétaire et financier – leur marché, celui sur lequel ils se concurrencent entre eux – le statut de marché dominant, qui façonne et commande à son tour les marchés du travail et d’échange de produits.

Cette financiarisation mondialisée s’exprime par une transformation de la classe bourgeoise dirigeante, devenue ploutocratie rentière. Les oligarques ne sont pas russes seulement, comme on le dit trop souvent, mais bien davantage étatsuniens, européens et japonais. Le déclin de la démocratie est le produit inévitable de cette concentration du pouvoir au bénéfice exclusif des oligopoles.

La forme nouvelle de la mondialisation capitaliste, qui correspond à cette transformation, par opposition à celle qui caractérisait la première « belle époque », est elle également importante à préciser. Je l’ai exprimé dans une phrase  : le passage de l’impérialisme conjugué au pluriel (celui des puissances impérialistes en conflit permanent entre elles) à l’impérialisme collectif de la triade (Etats-Unis, Europe, Japon).

Les monopoles qui émergent en réponse à la première crise du taux de profit se sont constitués sur des bases qui ont renforcé la violence de la concurrence entre les puissances impérialistes majeures de l’époque, et conduit au grand conflit armé amorcé en 1914 et poursuivi à travers la paix de Versailles puis la seconde guerre jusqu’en 1945. Ce que Arrighi, Frank, Wallerstein et moi même avons qualifié dés les années 1970 de « guerre de trente ans », terme repris depuis par d’autres.

Par contre la seconde vague de concentration oligopolistique, amorcée dans les années 1970, s’est constituée sur de toutes autres bases, dans le cadre d’un système que j’ai qualifié « d’impérialisme collectif » de la triade ( Etats-Unis, Europe et Japon). Dans cette nouvelle mondialisation impérialiste, la domination des centres ne s’exerce plus par le monopole de la production industrielle (comme c’était le cas jusqu’ici), mais par d’autres moyens (le contrôle des technologies, des marchés financiers, de l’accès aux ressources naturelles de la planète, de l’information et des communications, des armements de destruction massive). Ce système que j’ai qualifié « d’apartheid à l’échelle mondiale » implique la guerre permanente contre les Etats et les peuples des périphéries récalcitrantes, guerre amorcée dès 1990 par le déploiement du contrôle militaire de la planète par le Etats-Unis et leurs alliés subalternes de l’OTAN.

La financiarisation de ce système est indissociable, dans mon analyse, de son caractère oligopolistique affirmé. Il s’agit là d’une relation organique fondamentale. Ce point de vue n’est pas celui qui domine, non seulement dans la littérature volumineuse des économistes conventionnels, mais encore dans la plupart des écrits critiques concernant la crise en cours.   C’est ce système dans son ensemble qui est désormais en difficulté.

Les faits sont déjà là  : l’effondrement financier est déjà en passe de produire non pas une « récession » mais une véritable dépression profonde. Mais au-delà, d’autres dimensions de la crise du système ont émergé à la conscience publique avant même l’effondrement financier. On en connait les grands titres – crise énergétique, crise alimentaire, crise écologique, changements climatiques – et de nombreuses analyses de ces aspects des défis contemporains sont produites quotidiennement, dont quelques unes de la plus grande qualité..

Je reste néanmoins critique à l’endroit de ce mode de traitement de la crise systémique du capitalisme, qui isole trop les différentes dimensions du défi. Je redéfinis donc les « crises » diverses comme les facettes du même défi, celui du système de la mondialisation capitaliste contemporaine (libérale ou pas) fondé sur la ponction que la rente impérialiste opère à l’échelle mondiale, au profit de la ploutocratie des oligopoles de l’impérialisme collectif de la triade.

La vraie bataille se livre sur ce terrain décisif entre les oligopoles qui cherchent à produire et reproduire les conditions qui leur permettent de s’approprier la rente impérialiste et toutes leurs victimes – travailleurs de tous les pays du Nord et du Sud, peuples des périphéries dominées condamnées à renoncer à toute perspective de développement digne de ce nom.

Je proposais donc une conceptualisation des formes nouvelles de domination des centres impérialistes fondée sur l’affirmation de modes nouveaux de contrôle se substituant au monopole ancien de l’exclusive industrielle, ce que la montée des pays qualifiés depuis « d’émergents » a confirmé. Je qualifiais la nouvelle mondialisation en construction « d’aparheid à l’échelle mondiale », appelant la gestion militarisée de la planète, perpétuant dans des conditions nouvelles la polarisation indissociable de l’expansion du « capitalisme réellement existant ».

Repost 0
Published by cdrm - dans Théorie
commenter cet article
20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 16:53

Tenir sa langue pour ne pas être réduit au silence

Par G. Gastaud*

 

Une guerre semble déclarée au français par l’intrusion larvée mais massive de l’anglais – ou d’un sous-anglais – dans tous les domaines de la vie sociale, notamment dans le monde de l’entreprise. Cette tendance n’est pas innocente : elle tend à marginaliser une large part de la population, qui pourrait devenir étrangère dans son propre pays. Le phénomène n’est pas propre à la France, et vise à déposséder les peuples de leur propre vison du monde, inséparable de la langue.

 

La caste financière qui domine notre pays planifie-t-elle le basculement de la France vers le « tout-anglais » pour les, voire pour la, prochaine(s) décennie(s) ? Cette perspective, pour incroyable qu’elle puisse paraître, pourrait être étayée par de nombreux exemples.

 

Ainsi, sur TF1, on ne compte plus les écrans publicitaires qui s’affichent en anglais, dans la totale indifférence du CSA. La représentante française a chanté en anglais lors de l’eurovision 2008 sans qu’on ne s’en émeuve en haut lieu. Les supermarchés Atac sont rebaptisés Simply Markets (« be happy, be simply » !), Champion devient Carrefour Market pendant que les villes se couvrent d’enseignes en franglish. Berceau de notre littérature, le Val-de-Loire se voit renommé Loire Valley. Les ex-services publics se lâchent : pour vanter le Livret A, la Poste proclame I love L.A., pendant que la SNCF lance ses Family TGV. Sans le veto d’un préfet courageux, l’aéroport Lyon Saint-Exupéry serait déjà Lyon Airports…

 

Le phénomène est plus flagrant encore dans les entreprises. Chez Toyota, les production operators de chaîne obéissent aux Team managers ; des syndicats de base CGT, CFTC, CGC et UNSA regroupés en Intersyndicale en sont à revendiquer le droit des salariés à travailler en français en France. Quant aux ouvriers de Continental, ils ont appris en anglais leur licenciement collectif.

 

Des grands groupes n’hésitent plus à rechercher des cadres « english mother language », sans que la dite « Haute autorité », censée sévir contre les discriminations, ne pointe cette véritable préférence nationale à l’envers. Les Français qui suent pour apprendre le Wall Street English vanté dans les rames du métro ne feront pas longtemps le poids face aux anglo-« natifs ».

 

Les médias ne sont pas en reste, où déferlent les américanismes (du « Morning » au Mouv’ en passant par le « crumble » de France-Inter…). Alors qu’existent les termes français, le média-formatage des cerveaux substitue systématiquement challenge à défi et « meïl » à courriel. On n’en est plus aux traditionnels emprunts d’une langue à une autre quand la gent branchée préfère la positive attitude à l’« attitude positive » et dit plus spontanément yes ! que oui.

 

Au point que le philosophe Michel Serres – peu soupçonnable de dérives « franchouillardes » – s’indigne : « il y a plus d’anglais aujourd’hui sur les murs de Paris qu’il n’y avait d’allemand sous l’Occupation ». Et Hubert Védrine enchérit : « peut-être le français survivra-t-il à tout cela ; peut-être pas… ».

 

Dans ce contexte, il n’est sans doute pas excessif d’évoquer un plan totalitaire d’anglophonisation de la France, dont les chefs d’orchestre paraissent de moins en moins clandestins. A commencer par les gouvernements anglais et américain qui, depuis 1945, poussés par leurs firmes transnationales, investissent d’énormes sommes pour anglophoniser la planète, comme le révèle le linguiste Claude Hagège (1). Ensuite, l’Union européenne dont 80% des textes sont, très illégalement, exclusivement rédigés en anglais (2).

 

L’état-major patronal européen bat la mesure : « les présidents des quarante-six plus grandes sociétés du continent ont obtenu que tous les documents des États candidats à l’intégration dans l’UE soient exclusivement rédigés en anglais », écrivait déjà Hagège en 2006 (1). Le congrès du MEDEF vient d’adopter pour devise : « Ready for the future ! » (« prêt pour l’avenir »). Dans un registre plus institutionnel, et avec de lourdes conséquences, la France a finalement ratifié le protocole de Londres, ouvrant la voie au monopole de fait de l’anglais sur les brevets (cf. BRN n°34 du 27/11/07).

 

On se souvient qu’Ernest-Antoine Seillière, appelé à intervenir en 2003 devant le Conseil européen, annonça qu’en tant que président de la confédération patronale européenne Business-Europe, il s’exprimerait en « anglais, la langue des affaires et de l’entreprise ». Quant au président de la banque centrale européenne (BCE), il déclarait devant les eurodéputés lors de sa prise de fonction : « I am not a Frenchman ! ».

 

Dans ce qui s’apparente à une dénationalisation de la langue et des cerveaux, le français est en quelque sorte relégué au rang de langue domestique – le terme est ici littéralement approprié. Car pour dissoudre notre pays dans « l’économie de marché ouverte sur le monde », et pour tenter de désarmer et diviser les résistances populaires, les maîtres du CAC 40 ont entrepris d’effacer ce repère essentiel dont dispose notre peuple pour s’unir et s’identifier : sa langue. Après avoir criminalisé l’héritage révolutionnaire du monde du travail, la Frencheurope d’en haut serait ravie d’araser le « mauvais esprit » de ces écrivains frondeurs que furent Villon et Rabelais, Molière et Descartes, Diderot et Rousseau, Aragon et Éluard, Césaire et Fanon…

 

À Paris, dans les allées du pouvoir, on montre l’exemple. Ainsi Christine Lagarde ne se cache pas de « manager » Bercy en anglais. Valérie Pécresse, lauréate du Prix de la Carpette anglaise, promeut avec acharnement l’anglophonisation de l’Université en violation de la Constitution qui fait du français la langue officielle de la République. Xavier Darcos impose de fait l’anglais à tous les enfants du primaire sous couvert de l’apprentissage précoce d’une langue étrangère ; mais pourquoi pas l’allemand, l’espagnol, l’italien, ne serait-ce que dans les régions frontalières ?

 

Quant au chef de l’État, il vient de s’illustrer en inaugurant la nouvelle base militaire d’Abu Dhabi : devant les caméras de la télévision française, c’est en anglais qu’il interrogea l’officier français charger de le « briefer » sur la disposition des forces… Le même avait semé la consternation au Québec par ses déclarations peu avant l’ouverture du sommet de la Francophonie.

 

Dépossession d’une vision du monde

A ce rythme, combien de temps faudra-t-il pour que la langue du Discours de la méthode et de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen devienne à Paris ce qu’est devenu le gaélique à Dublin ? De même, combien de temps pour transformer ces langues de haute culture que sont l’allemand ou l’italien en jargons bredouillés par des « indigènes » inaptes à l’« employabilité mondiale » ? Au-delà de l’indéniable enjeu national, la cause du français s’articule donc de manière internationaliste à la défense de toutes les langues contre ceux qui veulent déposséder les peuples de leurs concepts, de leur manière de penser, et, au fond, de leur vision du monde.

 

Car à pensée – impériale – unique, sabir unique. Et tant pis si la classe ouvrière francophone (et a fortiori sa composante immigrée) devient étrangère dans son pays. L’« élite » planétaire américano-formatée se dote ainsi d’une arme linguistique de destruction massive lui permettant d’atomiser psychologiquement la nouvelle plèbe mondiale, vouée à « anglo-baragouiner » sous l’œil méprisant des nouveaux seigneurs. Une telle perspective n’a pas de quoi émouvoir Dominique Strauss-Kahn (FMI) ou Pascal Lamy (OMC), les socialistes français qui pilotent la mondialisation ; ni d’ailleurs Martine Aubry ou Ségolène Royal, dont les euro-retrouvailles lors du rassemblement électoral près de Nantes se sont récemment tenues sous une banderole proclamant fièrement first the people ! (3)

 

De leur côté, François Chérèque et Bernard Thibault ont accepté que la seule langue de référence de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) soit l’anglais. Un choix d’autant plus paradoxal que le français est langue officielle du Bureau International du Travail (BIT). De même, l’ensemble des syndicats français affiliés (CGT, CFDT, FO) ou candidats (FSU) à la Confédération Européenne des Syndicats (CES) promeut-il sans états d’âme le « nouveau deal européen » prôné par cette dernière (lire p. 13). Un glissement linguistique qui traduit un basculement conceptuel : substituer la culture du marchandage à la tradition syndicale française fondée sur la solidarité de classe (4).

 

Que dire de la LCR-NPA, dont le journal djeun’ se nomme Red (« Rouge »). Il faudrait également évoquer ces députés PS, UDF et PCF qui entendaient mettre constitutionnellement à égalité le français et les langues régionales… ouvrant ainsi la voie à la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires voulue par l’UMP. Qui connaît l’origine de cette Charte et l’esprit de ses initiateurs ne peut guère en douter : l’arrière-plan n’est autre que l’euro-régionalisation de la République sur des bases ethno-linguistiques. Entre l’anglais « global » et la langue régionale, le français n’a qu’à bien se tenir…

 

C’est donc en réalité toutes les langues du monde qu’il conviendrait de protéger du tout-globish. Y compris celle de Shakespeare et de Shelley, menacée au premier chef d’un « ajustement structurel » bien peu littéraire par « Business Europe » et consorts. La tâche est immense, mais les forces ne manquent pas pour y contribuer.

 

GEORGES GASTAUD (*)

 

(1) Combat pour le français, Odile Jacob, 2006 (2) Ainsi l’office européen des statistiques vient-il de passer au tout-anglais en abandonnant l’allemand et le français sans un mot de protestation de Berlin ou Paris… (3) dont on ne sait s’il faut traduire « le peuple d’abord », ou bien « les gens d’abord »… (4) Le français parlerait de « compromis », ce qui suppose au moins la construction préalable d’un rapport des forces entre classes sociales. L’anglais dit « deal », on est dans le vocabulaire des joueurs de poker, du monde des affaires, ou du commerce de stupéfiants…

(*) Georges Gastaud, professeur de philosophie, fait partie d’un collectif qui a récemment fondé le COURRIEL (Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Émancipation Linguistique), association ouvertement « progressiste et anti-impérialiste, liant la résistance linguistique au combat social et civique des travailleurs ». Le collectif a pour présidents le député honoraire Georges Hage et l’ancien Résistant Léon Landini (FTP-MOI). Site Internet : http://www.defenselanguefrancaise.org/5.html

 

Repost 0
Published by cdrm - dans Théorie
commenter cet article
5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 06:03

Attac et la confédération paysanne ont publié un communiqué commun sur la grippe A-H1N1 qui révèle leur conception du développement

( http://www.france.attac.org/spip.php?article9914).

 

 

 Bien que déclarant qu’il n’existe aucune certitude sur l’origine du virus, tout le communiqué est structuré autour de l’affirmation que l’industrie agro alimentaire est responsable de l’épidémie. L’origine du virus : Attac et la confédération paysanne n’en savent rien, mais ils en sont surs ! Nous sommes aux antipodes de la démarche scientifique qui élabore des conclusions à partir de données établies, vérifiables. Cohn-Bendit de son coté déclare dans le Monde du 28/04 que « l’épidémie de grippe porcine est une crise de notre mode de vie, une crise de dégradation écologique ».


Tout part de l’identification au Mexique du premier cas supposé de grippe A à La Gloria dans l’Etat de VeraCruz. Une entreprise US dirige l’un des plus grands élevages de porcs dans des conditions d’hygiène déplorables. Cette entreprise s’est délocalisée au Mexique après avoir été condamnée au USA pour non respect des normes sanitaires. L’Etat mexicain est en état de déliquescence, la police fortement corrompue est incapable de protéger les citoyens, il n’est donc pas surprenant que les normes sanitaires et sociales ne soient pas respectées par les entreprises. Rappelons que ce sont les Etats qui sont chargés de les faire respecter ces normes. Dans le cas de La Gloria, l’association entre l’émergence de la maladie et l’élevage n’a pas été établie. Les porcs n’étaient pas malades de la grippe et n’étaient pas porteurs du virus. La transmission porc-homme dans le cas de la grippe A H1N1 n’a jusqu’ici pas été démontrée. Un cas de grippe antérieur de 15 jours à celui de La Gloria a été répertorié au Mexique. Dans le cas de La Gloria ce n’est pas l’agro-industrie qui est en cause mais les conditions de son exploitation. D’après Pascal Vannier de l’AFSA « D’après les dernières affirmations de l’OMS, aucune personne porteuse du virus H1N1 n’a été contaminée par des porcs. Les élevages de porcs ne sont donc pas mis en cause dans la diffusion de cette nouvelle grippe…Par ailleurs, on sait que ce virus contient un mélange de séquences génétiques provenant du porc, du poulet et de l’homme. L’hypothèse la plus probable est donc qu’il s’est produit un mélange à partir du contact entre ces trois espèces. Où, et quand ? On n’en sait rien » (Le Monde du 5 Mai). Il poursuit « dans les grands élevages où les conditions de biosécurité sont strictement appliquées et où il existe un système de filtration absolu de l’air empêchant les virus d’être introduits par voie respiratoire, le risque est moins grand que dans certains élevages de type extensif, en contact avec la faune sauvage, pour lesquels il est beaucoup plus difficile de gérer l’introduction de maladies exotiques ou épizootiques. En dehors des installations « modèles » les mesures de biosécurité sont mises en place dans des élevages de type industriel. Epidémiologiquement, ceux-ci présentent donc les meilleures conditions pour limiter les risques d’introduction du nouveau virus. En revanche, s’il se trouve dans une même région un grand nombre de porcs et qu’un virus exotique y est introduit du fait d’une défaillance des mesures de biosécurité, alors oui, la situation peu contribuer à amplifier la multiplication de l’agent pathogène ».
La grippe « classique » qui fait dans le monde entre 200 000 et 400 000 victimes chaque année part du sud ouest de la Chine où se mêlent une multitude d’élevages artisanaux de porcs et de volailles à proximité de concentrations urbaines importantes et dans des conditions sanitaires douteuses. L’agro-industrie était dans ses limbes quand la grippe dite espagnole de 1918 fit ses ravages.


Les épidémies virales contrairement à ce que pense Cohn-Bendit ne datent pas d’aujourd’hui. Elles apparaissent avec la domestication animale et la formation des villes. Les virus vivent avec leur temps, ils prennent l’avion, ce qui accroît leur dissémination.


A quel siècle Attac, la confédération paysanne, Cohn Bendit veulent ils nous ramener pour éviter les épidémies virales ?


Quelle idéologie sous tend leurs positions ?


Tout ce monde prétend s’attaquer aux multinationales et à la mondialisation. Ce qu’ils mettent en cause ce n’est pas la mondialisation conséquence de la recherche d’un taux profit maximum que les groupes industriels n’arrivent plus à atteindre dans le cadre national, mais la mondialisation conséquence de l’augmentation de la productivité due à l’introduction de technologies de plus en plus performantes. La mondialisation a deux aspects, un qui est découle de la nature de classe de la société et l’autre qui est la conséquence d’une production de plus en plus efficace. La technologie permet de produire plus à moindre coût, ceci n’est pas nouveau. La production finit par dépasser les capacités d’absorption du marché national, ceci d’autant que la politique de déflation salariale réduit la demande intérieure. D’où la conquête des marchés étrangers. La mondialisation qui est la guerre économique élargie à toute la planète, entraîne une salarisation et une exploitation accrues ainsi qu’un drainage de plus en plus massif des richesses vers le capital. Face à la violence sociale qui en découle, il y a deux attitudes possibles. Une qui consiste à s’attaquer à l’ordre économique et social, l’autre qui consiste à remettre en cause la technologie conceptualisée comme arme de la mondialisation. Il s’agit de revenir à un ordre économique ancien dans lequel une technologie rudimentaire permet en agriculture de satisfaire un marché local ou tout au plus régional. D’où la valorisation des AMAP ces formes désocialisés de la production agricole, de l’agriculture dite biologique qui nous ramène au début du 19e siècle.


Ce mouvement est l’exact copier coller des mouvements qui dans la première moitié du 19e siècle luttaient contre la prolétarisation en brisant les machines accusées d’être responsables de l’exploitation et de la déqualification du travail. Que deux cents ans après les mêmes idéologie refont surface en dit long sur les pertes de repères qui affectent la société.
C’est l’idée même de progrès qui est mise en cause. Il ne peut y avoir progrès social sans progrès scientifique et technologique. Le développement social implique la création de richesses qui repose sur la technologie. Le progrès technique abaissent les coûts de production et libère du travail vivant. Le réemploi du travail vivant dans la production amplifie et diversifie la création des richesses. Le chômage n’est pas la conséquence de l’introduction de nouveaux procédés technologiques mais du taux élevé d’accumulation du capital. C’est ce taux qui détermine l’emploi. Soit on lutte contre la nature de classe de la société, soit on lutte contre l’idée même de progrès. Pour Attac comme pour la confédération paysanne, l’adversaire ce sont les travailleurs scientifiques qui par la nature de leur activité contribuent à produire de la technologie. Pour Thomas Coutrot de la direction d’Attac, « ce sont des alliés objectifs du capital ». Les biotechnologies, le nucléaire, les nanotechnologies, sont condamnés, comme outils créés par les multinationales pour asseoir leur domination.
A l’association technologie/multinationales Attac oppose un monde de petits producteurs indépendants. Il s’agit de revenir à un passé lointain idéalisé. Attac n’a jamais eu pour prétention de rompre avec le capitalisme, mais uniquement de le régulariser.
Il est consternant que le PCF et le journal l’Humanité entretiennent l’irrationnel en accompagnant en permanence cette idéologie en mettant en avant Attac et la confédération paysanne et en passant sous silence leurs positions anti-nucléaires (la confédération paysanne est fondatrice de l’association sortir du nucléaire) et en prenant pour argent comptant la pseudo-science et le discours catastrophiste des multinationales environnementalistes (Greenpeace, WWF, Les amis de la terre, …) et de leurs filiales françaises financées par les groupes capitalistes internationalisées et le ministère de l’environnement.


Le recul des idées de classe laisse le terrain libre à l’irrationnel. Les conséquences vont bien au delà de la compréhension des mécanismes sociaux économiques qui régissent la société.
Beaucoup de forces occupent le terrain laissé libre par la rétraction des idées de classe. Elles entretiennent la peur de la modernité, et sous couvert de la défense d’une nature sacralisée visent à pérenniser l’ordre capitaliste occidental.


 


Gilles Mercier
Travailleur scientifique, syndiqué CGT.
Membre du PCF

Repost 0
Published by cdrm - dans Théorie
commenter cet article