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 3°) Pourquoi cette idéologie a-t-elle autant pignon sur rue ? 

 

a) L’idéologie de défiance dans le progrès n’est pas neuve. Jacques Ellul et Robert Charbonneau les pères fondateurs de l’idéologie de la décroissance suscitèrent des vocations « Ce sont ces deux hommes (Ellul et Charbonneau) qui ont éveillé et éduqué mon esprit critique et qui m’ont amené à l’écologie dès mes vingt ans » (Noêl Mamère, Ma République ). Ce mouvement est resté très marginal jusqu’au début des années 1970. Ses idées furent validées par le rapport Sico Manshold du Club de Rome cité plus haut.

 

La crise idéologique générée par le reniement « apparent » du PS de ces promesses d’avant 1981 va constituer le terreau du mouvement écologiste. Ce mouvement né à droite (l’empreinte d’Ecoropa) ne s’intéressant qu’à la nature a intégré un discours social pseudo contestataire au fur et à mesure du recul du mouvement de lutte et de la naissance d’Attac. L’effondrement du socialisme, le recul du PCF, ouvre l’espace à la contestation spontanée. L’union économique et monétaire puis la mondialisation portent au paroxysme la lutte que se livrent les entreprises capitalistes.

 Chaque Etat va épauler ses multinationales en désocialisant le maximum de richesses au profit de l’accumulation du capital. Des catégories salariales et de travailleurs indépendants vont subir une baisse conséquente de leur niveau de vie, de leurs conditions de travail. Au lieu de s’en prendre à la nature de classe de la société elles vont remettre en cause ce qui leur apparaît comme étant à l’origine de la remise en cause de leur statut social : la technologie. C’est effectivement la technologie qui accélère les transits d’informations, de marchandises, et de voyageurs à travers la planète.

 

Depuis l’effondrement du socialisme. Le capitalisme règne en maitre sur la planète. La dérégulation, la violence sociale fragilise les individus. Au plan international, les conflits se multiplient. L’avenir est très incertain. Cette crise profonde de la société est un terrain propice pour l’irrationnel.

 

C’est le titre « Alerte au soja fou » du journal Libération du 1er novembre 1996 qui déclencha la campagne d’hystérie contre les PGM. Ce titre faisait l’amalgame entre le débarquement à Anvers de cargaisons de Soja transgénique venant des USA et la maladie de la vache folle.

 

Le terrain avait été préparé par les scandales sanitaires (sang contaminé, vache folle, amiante). Le sang contaminé était du à la décision des autorités française de retarder l’agrément du test de la société US Abbott afin de permettre à Pasteur vaccin de rattraper son retard dans la mise au point de son test. La vache folle est la conséquence de la modification par une société privée anglaise des conditions de traitement des farines animales pour des raisons d’économie. C’est le désintérêt des gouvernements successifs pour la santé des travailleurs qui est responsable des victimes de l’amiante.

 

C’est l’agriculture qui va cristalliser les peurs et le rejet de la technologie. L’idéologie des anti-PGM est celle d’un monde agricole immuable dont les valeurs doivent servir de référence à la société. Tout ce qui perturbe ce monde et remet en cause ses valeurs doit être combattu. En 1788, les cahiers de doléances de la paysannerie, la remise en cause des pratiques agricoles nouvelles introduites par les fermiers généraux accompagnaient les revendications sociales. Les luddites anglais de 1807 demandaient au Roi l’application de Chartes tombées en désuétude depuis longtemps. Face à la mondialisation capitaliste, les anti-technologie proposent de revenir à un monde de petits producteurs indépendants dans lequel les agriculteurs produiraient essentiellement pour eux-mêmes et pour un marché local par la vente directe (AMAP). Dans ce monde, il n’est nul besoin de technologie, qui artificialise le lien que l’Homme entretien avec la nature. L’agriculture bio en évacuant la chimie ramène à l’essence même de l’agriculture ; le naturel…

 

Pour la mouvance J Bové comme pour celle de JM Pelt, plus l’agriculteur intègre la technologie plus il perd de son indépendance. Le travailleur libre est le travailleur indépendant !

 

Il en est de même au niveau international. Les pays en voie de développement doivent garder leur indépendance en se préservant de la technologie occidentale qui ne peut que les dominer. Certains appellent cela la souveraineté alimentaire. Ainsi le différentiel entre ces pays et les pays développés ne fera que s’accroitre ce qui les rendra encore plus dépendants de ces derniers.

La souveraineté alimentaire n’est qu’un prétexte pour que ces pays restent dans le sous développement afin de ne pas concurrencer sous une forme ou sous une autre les pays capitalistes développés.

 

b) Le recul de rationalité est la conséquence de la mise à l’écart de la communauté scientifique dans la définition des stratégies de recherche. Les différents gouvernements n’ont eu de cesse de vassaliser le système de recherche à la stratégie des entreprises et de l’Etat. S’attaquer au statut des organismes de recherche, au statut de leurs personnels afin d’en finir avec la liberté de recherche est l’axe des pouvoirs politiques de droite comme sociaux démocrates. Le Pacte pour la recherche, la loi LRU constituent le levier de cette politique. La marginalisation de toutes les instances scientifiques a ôté à la communauté scientifique tous les moyens d’expression et d’intervention sur les enjeux et les stratégies de recherche qui ne sont plus abordées que dans les Académies et les sociétés savantes.

 

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