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Lettre ouverte aux communistes

 

Depuis plus de 10 ans, les plantes génétiquement modifiées (PGM) sont l’objet d’une campagne d’hostilité menées par une multitude d’associations qui les accusent ayant été conçues uniquement pour servir les intérêts des multinationales d’asservir la paysannerie de mettre en danger la biodiversité et la santé des individus qui les consomment.

 

Chercheur en biologie, je n’avais aucune opinion tranchée sur la question des PGM. Afin de m’en forger une je fis la lecture de 3 ouvrages, (La guerre au vivant -OGM & les mystifications scientifiques JP Berlan, Agonne) le second de GE Seralini (OGM, le vrai débat, poche), le dernier de L M Houdebine (OGM, le vrai le faux, Le Pommier). Après 30 pages j’ai du abandonner la lecture du premier ouvrage, tellement la caricature était grossière. De la lecture de l’ouvrage de GE Seralini, opposé aux PGM, je ressentais une image négative des biotechnologies appliquées au végétal et l’auteur ne dégageait aucune perspective. Celui de L M Houdebine favorable aux PGM répondait plus à la raison même de mon activité de recherche. Mais la lecture décisive dans la compréhension de la problématique des PGM[1] fut celle de « La marchandise » de K Marx qui me fit comprendre la nature profondément réactionnaire des mouvements anti-PGM.

 

Depuis je me suis engagé dans le combat que j’estime être celui de la rationalité et de la défense de tous mes collègues scientifiques calomniés pour leur contribution au développement d’une technologie que je considère comme majeure dans l’histoire de l’Humanité.

 

A cette fin j’ai écrit trois tribunes dans l’Humanité sur cette question (Les petits propriétaires terriens, 18 septembre 2003, le titre n’est pas de moi mais de la rédaction !, L’obscurantisme : cela suffit ! 10 septembre 2004, De la technologie à la stratégie, 2 aout 2007 (pour cette tribune la Direction du journal a effacé mon appartenance au PCF, ne tenant visiblement pas à ce qu’un membre du PCF apparaisse favorable au PGM) ainsi que Libéralisme et Capitalisme ne sont pas synonymes avec Jean Claude Delaunay, 15 septembre 2006). Aucun dirigeant du PCF à commencer par Alain Hayot ne m’a porté la contradiction sur les PGM, ce sont les membres d’ATTAC à qui la Direction du journal a complaisamment ouvert ses colonnes qui s’en sont chargés.Le PCF n’a jamais eu de réflexion sur les PGM. Il n’a fait que reprendre à son compte une idéologie portée par d’autres.J’ai décidé d’écrire cette lettre ouverte à la suite du numéro du 5 mars de l’Humanité où le journal consacrait 4 pages dont la une à faire du marketing pour le film « Le monde selon Monsanto » programmé par Arte.

 

Afin qu’il n’y ait aucune ambigüité dans ma démarche, j’ai écrit le texte qui suit en tant que travailleur scientifique (Chargé de recherche Inserm), syndiqué à la CGT et membre du Parti Communiste Français.

 

****

 

 A°) Le monde réel Mme MM Robin, l’auteur du film d’Arte est connue dans la profession des journalistes pour son manque de rigueur. Le texte de la présentation de son précédent reportage diffusé sur ARTE le 17 septembre 2006 et précédemment sur CANAL + le 3 juin 2004 (reportage doublé lui aussi par un livre) montre le penchant de Mme Robin pour le sensationnel au détriment de la rationalité scientifique.

Le sixième sens : science et paranormale paranormal est-il soluble dans la science ? Notre cerveau possède-t-il des capacités encore insoupçonnées ? Une voyante, un extralucide et un guérisseur se prêtent aux expérimentations des scientifiques… avec des résultats étonnants. Alors que les États-Unis et nombre de pays européens reconnaissent la parapsychologie comme une science à part entière, le sujet reste tabou en France. Même si les phénomènes paranormaux n’ont jamais été prouvés, de nombreux laboratoires font des expériences sur les états modifiés de conscience qui révèlent des capacités insoupçonnées de notre cerveau. Marie-Monique Robin a rencontré plusieurs extralucides qui se sont prêtés à des expérimentations scientifiques : la célèbre voyante Maud Kristen, dont on mesure les ondes cérébrales lors des séances divinatoires ; un ancien agent de la CIA, qui a acquis un don de vision à distance depuis son expérience de “mort imminente”, ce qui lui a permis de sauver des otages et de donner des renseignements stratégiques fondamentaux à ses collègues ; et un guérisseur français qui, grâce à l’apposition des mains, est parvenu à soigner des patients atteints d’une grave maladie de la peau.

 

http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/Les-pouvoirs-caches-de-l_E2_80_99esprit/Programme/1317020,CmC=1316996.html

 

Mme MM Robin comme pour « Le monde selon Monsanto » n’aime visiblement pas la critique  http://www.metapsychique.org/A-propos-du-documentaire-La.html

 

Elle avait auparavant réalisé un reportage « vol d’yeux » basé sur des informations non recoupées.

 

Son film sur Monsanto procède de la même démarche : faire partager ses convictions aux spectateurs. Tout le film est structuré autour d’une trame : le caractère nocif de Monsanto. Ce n’est pas un film d’enquête mais de propagande. Il est truffé d’approximations, de contrevérités et de falsifications.

 

Ainsi les plantes monstrueuses présentées comme des croisements du maïs local avec le maïs transgénique sont en fait des plants d’Arabidobsis Taliana une autre plante dont le caractère « fleur double » est du à une mutation. La rigueur scientifique n’est pas le souci de la réalisatrice. Yann Arthus-Bertrand militant anti OGM expliquait sans détour la démarche militante des écologistes le 19 novembre 2006, dans l’émission de France 5 Arrêt sur image « Je pense que tous les moyens sont bons pour faire avancer les choses ». « On peut se tromper, ça peut être mal fait, manipulateur, n’empêche que c’est bien ». Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ! Le but de cette opération est d’associer, les PGM avec l’agent orange. Bayer a conçu et produit l’ypérite ainsi que l’aspirine. Faut il rejeter le second au nom du premier ? Entreprise de chimie Monsanto a entrepris une reconversion dans les biotechnologies végétales. Faut il associer les PGM à l’impérialisme américain ? Les pratiques commerciales de toutes entreprises capitalistes condamnent-elles ce qu’elles produisent ? Quel est le but réel de ce film ? Le pseudo débat qui a suivi le film avec deux militants anti-PGM (C Vélot et J Bové) et le blog d’Arte y répondent, dénoncer les OGM à travers Monsanto.

 

Il y a du TF1 dans la stratégie d’Arte. La chaîne a supprimé son émission scientifique « Archimède » malgré les très nombreuses protestations pour surfer sans aucune rigueur sur des sujets controversés dans le sens du vent pseudo-radical à seule fin d’élargir son audience.

Ce qu’il faut retenir du pamphlet de Mme Robin : Monsanto étend son emprise sur la planète par la corruption des autorités, des scientifiques et en terrorisant les paysans.

La conclusion coule de source: arracher les OGM c’est lutter contre la stratégie de Monsanto Paraphrasant A Bebel qui disait que « l’antisémitisme est le socialisme des imbéciles », je dirais «que « l’anti-Monsanto ou l’anti-PGM est l’anticapitalisme des imbéciles ».  

 

Reprenons l’argumentaire anti-PGM.

 

1°) Par le brevetage des semences les firmes s’approprieraient le vivant et assujettiraient la paysannerie.

 

Ce ne sont pas firmes qui décident du régime de la propriété intellectuelle. En matière de semences, les entreprises américaines appliquent le droit américain qui est celui des brevets. En Europe c’est le certificat d’obtention végétal (COV) qui régit la propriété intellectuelle, il s’applique pour les semences conventionnelles comme pour les semences génétiquement modifiées. Ce système vise à protéger le travail de l’entreprise semencière qui a produit la variété tout en maintenant le libre accès à la ressource génétique pour les autres entreprises semencières. Le Burkina Faso qui développe un vaste programme de développement de PGM en collaboration avec Monsanto et Syngeta a imposé le COV à ses partenaires.

 

Concernant l’achat des semences la transposition en droit français (article 6 de la loi du 29 novembre 2004) de la directive européenne 98/44/EC (journal officiel L213 du 30 juillet 1998) prévoit l’application des modalités de l’article 14 du règlement CE n° 2100/94. Ce règlement s’appliquait déjà pour les semences conventionnelles protégées par un COV. Le législateur européen et français a choisi d’homogénéiser le droit pour les agriculteurs de ressemer une partie de sa récolte qu’il s’agisse de semences conventionnelles ou ayant intégré une innovation biotechnologique couverte par un brevet. Cela ne concerne pas bien entendu les semences des plantes hybrides (maïs et betterave).

 

La création de nouvelles variétés repose de plus en plus sur la recherche scientifique et nécessite la validation de nombreux tests et essais. La valeur ajoutée se déplace dans les laboratoires. Cette évolution ne plait pas à tout le monde. L’association « semences paysannes » de G Kaestler milite pour que les paysans puissent commercialiser leurs récoltes obtenues à partir de semences non certifiées, c'est-à-dire non génétiquement homogènes. Il est impossible dans ces conditions d’assurer une pureté variétale et une quelconque qualité des semences. Ceci est en totale contradiction avec le sacro-saint principe de précaution mis en permanence en avant par les mêmes pour refuser les PGM. Mais il est vrai que l’essentiel est de se libérer de la tutelle des firmes qui par la maitrise de la technologie domineraient la paysannerie !

 

Qui assujettit la paysannerie ? Celui qui lui vend la technologie ou celui qui lui achète ses productions ?

 

Monsanto pèse 7,5 milliards de dollars de chiffre d’affaire, quand Carrefour, un des bailleurs de fond du mouvement anti-PGM en France pèse 80 milliards d’euros.

 

Les centrales d’achat des grandes surfaces prolétarisent la profession agricole maraîchère, en lui imposant ses prix et les variétés à cultiver. Il est pour le moins curieux que les tenants « de l’agriculture paysanne »  soient silencieux sur cette dépendance économique !

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