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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 09:03

 

Nouvelle inauguration de la statue de Liénart

Lors de la nouvelle inauguration de la statue de Liénart le 19 février 201 1, l’évêque de service monsieur Ulrich (archevêque de Lille) a prononcé devant les personnalités présentes (Mauroy, Aubry, Cullen, Bodiot, Plancke ), un discours convenu d'une banalité affligeante. Il parle de « tourments » que son prédécesseur a du endurer, sans préciser lesquels. II n'oublie pas de citer le « cardinal rouge » ajoutant même le « cardinal des ouvriers ».

 

Bien entendu pas un mot sur ses positions pendant la guerre 1939-1945. Rien sur le S.T.O., rien sur sa visite à Vichy en 1942, rien sur ses félicitations à Pétain à qui il reconnaît une grande clarté d'esprit alors que dans l'entourage direct du maréchal on osait parler de deux heures de lucidité par jour.

 

Rappelons encore un aspect un peu plus méconnu des prises de position officielle de Liénart en particulier lors des obsèques, en 1944, des victimes de bombardements opérés par des avions alliés.

 

Ainsi le journal l'Echo du Nord du samedi 15 avril 1944, titre « Les émouvantes funérailles des victimes du bombardement de la région lilloise. Le cardinal Liénart dans une pathétique allocution adjure les chefs des pays anglo-américains de cesser les bombardements aériens de nos cités ».

 

Citons quelques extraits : « L 'hommage qui est apporté aux victimes de ce terrible et odieux bombardement, c 'est celui de la France. Et l'évêque de Lille salue le délégué du chef de l'Etat représentant le maréchal Pétain, qui dit-il incarne avec tant de dignité la patrie malheureuse. Il salue ensuite le Préfet régional, les représentants de l'armée d'occupation qui ont tenu à unir leurs hommages aux autres ».

 

«Je voudrais, par une adjuration solennelle, avec tout le crédit que peuvent me donner, auprès d'eux, mes fonctions sacrées, les supplier de ménager la vie de notre peuple et de renoncer à des méthodes de combat qui nous atteignent si rudement ».

« Mais quelle voix sera assez forte pour faire entendre à notre vieille Europe qu'elle court à sa perte. Ah si du moins la mienne pouvait parvenir jusqu'au cœur des Anglais et des Américains, nos anciens alliés,... » « Je demande à ceux qui dirigent la guerre de lui ôter ce caractère inhumain et de ne plus   infliger à nos cités l'horreur des bombardements aériens qui étendent leurs ravages bien au-delà de ce qu'exigent les besoins militaires ».

 

La messe est dite et redite. Liénart s'indigne davantage contre les bombardements des alliés que des exactions commises par les occupants allemands. Il aura la même attitude lors des obsèques des massacrés d'Ascq le premier avril 1944.

 

Rappelons encore si nécessaire que ces sermons ont lieu en avril 1944.

J.B.L.

RÉACTION DE LA FÉDÉRATION DU NORD DE LA LIBRE PENSÉE

Dès que nous avons appris la nouvelle inauguration de la statue du cardinal Liénart, nous avons réagi en envoyant à la presse le communiqué que vous trouverez page suivante.

 

Suite à ce communiqué de presse publié le 28 février 2011, le Parti de gauche de Midi-Pyrénées a titré sur son site Internet : « Inauguration de la statue du pétainiste cardinal Liénart à Lille par Martine Aubry ».


 


Midi-Pyrénées


 


Inauguration de la statue du pétainiste cardinal Liénart à Lille par Martine Aubry .

samedi 12 mars 2011.

Source : Libre Pensée du Nord

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 08:59

 

Communiqué

inauguration de la statue du cardinal liénart :

Ne confondons pas les couleurs !

Le Jaune lui convient mieux que le Rouge !

Le samedi 19 février 2011, la ville de Lille, en présence de son maire, Mme Aubry, et de l'évêque de Lille, M. Ulrich, a inauguré, sur le parvis de la cathédrale de la Treille, la statue du cardinal Liénart, personnage bien connu des Lillois.

La Fédération du Nord de la Libre Pensée ne souhaite pas revenir sur les pérégrinations subies par cette statue depuis 1988 mais au contraire sur l'hommage rendu par la ville de Lille au cardinal Liénart et l'éloge fait par l'évêque de Lille, dans son discours, en parlant de « celui qui est resté "le cardinal des ouvriers", "l'évêque rouge" ainsi nommé en raison de son action en faveur du syndicalisme chrétien et d'une meilleure justice sociale ». Madame Aubry n'était pas en reste en déclarant : « Le cardinal Liénart incarne un message universel, il est à la fois l'homme de Dieu et l'homme du peuple. Un homme engagé et accessible, populaire et charismatique, avec ses débats intérieurs et ses contradictions ».

La Fédération du Nord de la Libre Pensée ne peut que s'indigner devant cet hommage. Elle rappelle que le cardinal Liénart, sous couvert de catholicisme social, fut toujours le représentant du grand patronat du Nord, appuyé notamment par les familles Motte et Féron-Vrau (fïlateurs du Nord). C'est cet intérêt pour les questions sociales (il remplissait « un devoir de charité » !) qui lui vaudra le qualificatif de « cardinal rouge » alors qu'il fut toujours farouchement antimarxiste.

La Fédération du Nord de la Libre Pensée souhaite rappeler l'attitude du cardinal Liénart, résolument pétainiste, pendant l'Occupation lors de la seconde guerre mondiale comme le souligna un rapport de la Direction des Renseignements Généraux d'après la Libération (rapport RGSN, Archives Nationales, F7, vol. 152911).

Ce fut le cardinal Liénart, appuyé par le cardinal Suhard, qui fit de nombreuses démarches pour faire introduire dans la loi du 17 avril 1942 le fait qu'aucune congrégation religieuse ne pourrait être dissoute sans un décret du Conseil d'Etat. Cette loi offrait la possibilité de redonner, sur le terrain professionnel et politique, la haute main à l'Eglise. Il obtint ainsi l'abolition d'une partie de la loi de 1901 qui permit la restitution des biens saisis aux congrégations catholiques en vertu de cette loi.

Dans un autre domaine, le cardinal Liénart signa toutes les déclarations de l'épiscopat contre la résistance. Il s'indigna davantage des bombardements alliés que des exactions commises par les Allemands, même lors du massacre d'Ascq du Ie' avril 1944, et resta hostile à la Résistance derrière laquelle il croyait voir le spectre du communisme. En avril 1944 il signa, avec trois autres cardinaux, V« appel des cardinaux français à l'épiscopat de l'empire britannique et des Etats-Unis », appel se référant à la déclaration du Souverain Pontife, dès Noël 1942, contre la guerre aérienne (exclusivement alliée).

Le cardinal Liénart fut pétainiste jusqu'au bout. Dans une lettre, datée du 18 juillet 1945 et lue au procès du Maréchal Pétain (17e audience, Paris, 10 août 1945, Archives Nationales, FI a, vol. 3310, affaire Philippe Pétain) il certifia que Pétain était « engagé dans une résistance opiniâtre aux manœuvres et aux exigences des Allemands ».

La Fédération du Nord de la Libre Pensée ne peut donc que s'indigner devant l'hommage rendu à ce triste personnage que l'on devrait plutôt surnommer le « cardinal jaune ».

 

Daniel DUBOIS          

Président de la Fédération du Nord

de la Libre Pensée

8 06 86 83 95 53

Les sources ont été communiquées par Annie Lacroix-Riz. professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université Paris VII-Denis Diderot.

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 11:14

Décès d’Oussama Ben Laden

Cette nuit Ousama Ben Laden a été tué par une unité de « Navy Seal » américains.

Nous ouvrons le débat sur ce fait majeur.

Quand penser vous ?

Faut –il ou pas sans rejouir ?

Laissez votre avis (ou votre position si vous etes une organisation : syndicats, groupes politiques, associations) via les commentaires.

Pensez à vous inscrire aux newsletters pour suivre les débats, et recevoir nos mise à jour.

L’assaut a été mené à l’insu du gouvernement pakistanais, quitte à briser le mythe de la « souveraineté nationale » de ce pays. Si les Américains n’ont pas prévenu les Pakistanais, c’est parce qu’ils craignaient que l’information soit immédiatement communiquée à Ben Laden, via les services secrets pakistanais (l’ISI).

Comment se fait-il que l’homme le plus recherché au monde vivait dans une résidence fortifiée, à la périphérie d’une ville habitée par des hommes d’affaires et des officiers à la retraite ? La résidence se situe à quelques centaines de mètres de l’Académie Militaire du Pakistan, un centre d’entraînement d’élite. Le chef de l’armée pakistanaise s’y rend fréquemment lors de cérémonies diverses.

Mieux encore : la résidence se situe dans une zone militaire d’Abbottabad qui est soumise à des contrôles stricts de la part de l’armée et des services secrets. Quiconque souhaite vivre dans cette zone doit passer par toute une série de contrôles. Il est impensable que Ben Laden et ses hommes aient occupé cette résidence sans que cela soit connu de l’armée pakistanaise et des services secrets, au plus haut niveau.

Depuis des décennies, l’armée et l’Etat pakistanais manoeuvrent en Afghanistan, qu’ils veulent placer sous leur contrôle, conformément à leur théorie de la « défense en profondeur ». Ils voient l’Inde comme leur principal ennemi et se préparent à la guerre contre ce puissant voisin, qui a une population plus nombreuse, une base industrielle plus large et un territoire plus vaste. Leur idée est d’attacher l’Afghanistan au Pakistan, de sorte que dans l’éventualité d’une guerre avec l’Inde, l’Afghanistan jouerait le rôle d’immense base arrière. Cette idée est une obsession au plus haut niveau de l’armée pakistanaise – et en particulier de l’ISI.

Mais il y a d’autres intérêts en jeu, encore plus substantiels que la stratégie militaire ou le Coran. L’ISI est étroitement liée à la mafia de la drogue pakistanaise et afghane, qui brasse d’énormes quantités d’argent sale. Ces éléments criminels sont liés, à leur tour, aux Talibans et à leurs terroristes associés. A travers un vaste système de corruption et de distribution d’argent de la drogue, les tentacules de l’ISI plongent dans toutes les sphères de l’Etat et du gouvernement.

Le lieu de résidence de Ben Laden a confirmé les soupçons des Américains à l’égard de l’ISI. Le silence assourdissant des services secrets pakistanais est la preuve la plus éloquente de leur culpabilité. Ils ont protégé Ben Laden. Cela aura de sérieuses implications dans les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan. Cependant, ils restent liés comme deux frères siamois. Ce n’est pas très confortable, mais ils doivent faire avec. Les Américains ont besoin du Pakistan pour mener leur guerre en Afghanistan. Et Zardari, le président pakistanais, a besoin de Washington pour maintenir l’économie (et le gouvernement) à flot.

Les effets aux Etats-Unis

Lorsque la nouvelle a été annoncée, dimanche soir, il y avait des scènes de liesse à Washington, à New York et ailleurs. Des gens sont allés à « Ground Zero » pour exprimer leur joie. Un homme a dit : « Peut-être qu’on peut désormais se retirer d’Irak ». Sous la mince couche de ferveur patriotique, ces mots indiquent un mécontentement sous-jacent à l’égard des aventures militaires américaines – et une soif de paix.

Obama a félicité les « héros » qui ont mené l’opération et appelé les membres du Congrès à faire preuve du « même sens d’unité qui a prévalu après le 11 septembre ». Mais c’est un vœu pieux. La société américaine n’a jamais été aussi divisée depuis la Guerre Civile. A court terme, Obama va récolter les fruits de cet assassinat. Cela pourrait contribuer à sa réélection. Mais ce n’est même pas certain. L’euphorie suscitée par la mort de Ben Laden retombera, pas les effets de la crise économique.

L’euphorie de ces derniers jours n’a pas de base solide. La situation explosive, à l’échelle mondiale, n’a pas été créee par Ben Laden et Al-Qaïda. Au contraire, ils en étaient une expression. La mort d’un homme ne changera rien de fondamental. Au contraire, cela fera naître un désir de vengeance qui débouchera sur de nouveaux attentats terroristes.

Obama a déclaré que la mort de Ben Landen faisait du monde un lieu plus sûr. Mais dans le même discours, il a affirmé que les risques d’attentats terroristes n’étaient pas éliminés. La sécurité a été renforcée dans les ambassades et les aéroports, par crainte de représailles. Les Etats-Unis ont fermé leur ambassade et leurs consulats au Pakistan. En réalité, le monde est un lieu plus dangereux qu’il y a trois jours.

La vraie signification d’Al-Qaida

Dans la poursuite de ses objectifs, l’impérialisme a toujours besoin de créer un monstre, un sinistre ennemi qu’il diabolise et dont il exagère les crimes, pour justifier ses propres crimes plus monstrueux. Par le passé, il y a eu le « Péril Jaune », puis le « Péril Rouge », et plus récemment Al-Qaïda et les Talibans. Les noms changent mais la fonction reste la même.

Depuis dix ans, les médias ont systématiquement construit l’image d’un Monstre nommé Al-Qaïda, censé être une organisation internationale ultra-centralisée, disciplinée et dévouée à la destruction de la civilisation occidentale. En réalité, Al-Qaïda a toujours été une petite organisation dotée d’une audience marginale dans le monde islamique. Dans les faits, il s’agit d’une myriade de petits groupes, dans différents pays, dont chacun poursuit ses propres objectifs. Quant à Ben Laden, son activité se réduisait depuis longtemps à l’enregistrement occasionnel de mauvaises vidéos.

Tout ce dont les impérialistes avaient besoin, dans leur lutte contre Al-Qaïda, c’est de la méthode des « frappes chirurgicales » – autrement dit, de bonnes informations et une intervention armée sélective et limitée. Il n’était pas nécessaire d’envoyer de grandes quantités de soldats et de tanks pour envahir des pays, comme les Américains l’ont fait. Dans la lutte contre le terrorisme, cette tactique est complètement contre-productive. En se comportant comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, l’impérialisme américain a énormément aidé les terroristes.

L’impérialisme américain fut le meilleur allié de Ben Laden et d’Al-Qaïda. L’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan a donné une grande impulsion au recrutement de jeunes Musulmans par les forces du terrorisme. Mais la vague révolutionnaire qui balaye le monde arabe a ruiné le mythe d’Al-Qaïda. En Tunisie, en Egypte et ailleurs, des millions de travailleurs, de jeunes et de paysans ont montré comment mener une lutte sérieuse contre l’impérialisme et ses agents locaux. Et malgré la propagande mensongère des impérialistes, les fondamentalistes n’ont joué aucun rôle significatif dans ces magnifiques mouvements de masse.

Le terrorisme d’Etat est beaucoup plus meurtrier que n’importe quel groupe terroriste. Ce sont les Etats qui déclarent la guerre, qui larguent des bombes sur Hiroshima et Nagasaki, qui construisent des camps de concentration tels que Guantanamo, qui manipulent l’opinion publique à travers leurs médias. Ce sont les Etats qui saignent les budgets de la santé, de l’éducation et des retraites – tout en donnant des milliards aux banquiers. Nous ne verserons pas une larme sur le sort du terroriste réactionnaire dont les mains étaient entachées du sang de milliers de personnes. Mais nous condamnons encore plus fermement les crimes de l’impérialisme, qui est responsable de beaucoup plus d’atrocités que Ben Laden et ses fidèles.

Le terrorisme individuel repose sur l’idée que de petits groupes d’hommes armés et déterminés peuvent renverser l’ordre établi. C’est une illusion. L’Etat a suffisamment de ressources pour détruire n’importe quel petit groupe armé. Les dégâts provoqués par des attentats terroristes sont superficiels. En fait, les attentats ne font que renforcer les régimes en place, en leur donnant l’excuse dont ils ont besoin pour contre-attaquer à une vaste échelle. C’est ce qu’ont clairement montré les événements qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001. En réalité, l’action révolutionnaire des masses est la seule force qui puisse changer la situation en profondeur. Les révolutions en Egypte, en Tunisie et dans l’ensemble du monde arabe en sont la preuve la plus éclatante.

Alan Woods publier par «  La Riposte »

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 16:08

Réflexions du compañero Fidel

 

LE DEFILE DU CINQUANTIEME ANNIVERSAIRE

 

 

J’ai eu le privilège de regarder le défilé impressionnant par lequel notre peuple a fêté le cinquantième anniversaire du jour où la Révolution s’est dite socialiste et de la victoire de Playa Girón.

 

Le Sixième Congrès du Parti communiste de Cuba s’est ouvert ce même jour.

 

J’ai beaucoup apprécié les commentaires détaillés, la musique, les gestes, les visages, l’intelligence, la martialité et la combativité de notre peuple ; Mabelita, sur sa chaise roulante et le visage heureux, et les enfants et adolescents de La Colmenita, multipliés plusieurs fois.

 

Il vaut la peine d’avoir vécu pour voir le spectacle d’aujourd’hui, et il vaut la peine de toujours rappeler ceux qui sont morts pour le rendre possible.

 

À l’ouverture du Sixième Congrès, dans l’après-midi, j’ai pu constater dans les mots de Raúl et sur les visages des délégués à la plus importante réunion de notre parti le même sentiment d’orgueil.

 

J’aurais pu être sur la place peut-être une heure sous le soleil et dans la chaleur, mais pas trois. Attrapé par la chaleur humaine, j’aurais été face à un dilemme.

 

J’ai ressenti de la douleur, croyez-moi, quand j’ai vu que certains de vous me cherchaient du regard à la tribune. Je pensais que tout le monde comprendrait que je ne peux plus faire ce que j’ai fait tant de fois.

 

Je vous ai promis d’être un soldat des idées, et ce devoir, je peux le remplir encore.

 

Fidel Castro Ruz

Le 16 avril 2011

19 h 14

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 16:05

Réflexions du compañero Fidel

 

LES DÉBATS DU CONGRÈS

 

Ce dimanche, à dix heures du matin, j’ai suivi les débats des délégués au Sixième Congrès du parti.

 

Les commissions étaient si nombreuses que, bien entendu, je n’ai pas pu écouter tous ceux qui ont pris la parole.

 

Cinq commissions pour discuter de nombreux points. J’ai profité moi aussi des pauses pour respirer calmement et consommer des aliments énergétiques d’origine agricole. Eux, sûrement d’un meilleur appétit du fait de leur travail et de leur âge.

 

Je m’étonne de la formation de cette nouvelle génération, de sa culture si élevée, si différente de celle qui s’alphabétisait justement en 1961 quand les bombardiers yankees aux mains de mercenaires attaquaient la patrie. La plupart des délégués au Congrès du parti étaient alors des enfants, voire n’étaient pas nés.

 

Ce n’était pas tant ce qu’ils disaient que leur façon de le dire qui m’importait. Ils sont si bien préparés et ils ont un vocabulaire si riche que, parfois, je ne les comprenais pas. Ils discutent chaque mot, et jusqu’à la présence ou l’absence d’une virgule, d’un paragraphe.

 

Leur tâche est encore plus difficile que celle que notre génération a assumée quand le socialisme a été proclamé à Cuba, à cent cinquante kilomètres des États-Unis.

 

Aussi, la persistance dans les principes révolutionnaires est-elle, de mon point de vue, le legs principal que nous puissions leur laisser. Il n’y a pas de marge d’erreur à ce moment de l’histoire humaine. Nul ne doit ignorer cette réalité.

 

La direction du parti doit être la somme des meilleurs talents politiques de notre peuple, capable de contrecarrer la politique de l’Empire qui met l’espèce humaine en danger et qui engendre des gangsters comme ceux de l’OTAN, capables de lancer en vingt-neuf jours seulement, depuis l’inglorieuse « Aube de l’Odyssée », plus de quatre mille missions de bombardement sur une nation africaine.

 

Le devoir de la nouvelle génération d’hommes et de femmes révolutionnaire est d’être des modèles de dirigeants modestes, studieux, défenseurs inlassables du socialisme. C’est là assurément un défi difficile à relever, à notre époque barbare des sociétés de consommation, que de dépasser le système de production capitaliste qui fomente et stimule les instincts égoïstes de l’être humain.

 

La nouvelle génération est appelée à rectifier et à changer sans hésitation tout ce qui doit être rectifiée et changé, et à continuer de prouver que le socialisme est aussi l’art de l’impossible : avoir édifié et mené à bien la Révolution des petites gens, par les petites gens et pour les petites gens, et l’avoir défendue durant un demi-siècle contre la nation la plus puissante qui ait jamais existé.

 

Fidel Castro Ruz

Le 17 avril 2011

20 h 33

 

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 21:25

 

 

Youri Gagarine Picasso

 

8 avril 1961/ 8 avril 2011

Les temps progressistes ponctués par le vol de Youri Gagarine reviendront !

Refusons ensemble la criminalisation négationniste du communisme historique.

Une déclaration du C.I.S.C.

C’est le 7 avril 1961 que le pilote d’essai et militant communiste Youri Gagarine inaugurait l’ère des vols spatiaux habités en faisant le tour de la Terre dans une capsule mise en orbite par les ingénieurs soviétiques.

A l’époque, tout le monde sur Terre, du vieux travailleur finissant sa vie en observant le ciel étoilé, au jeune garçon rêvant de participer à la conquête spatiale, s’efforçait de repérer dans le ciel nocturne le passage des célèbres « spoutniks », que la presse appelait aussi, affectueusement, « bip-bip » ou « bébés-lunes »…  Face au défi scientifique soviétique, les Etats-Unis de Kennedy allaient devoir sortir de leur léthargie scientifique et engager la compétition spatiale qui a produit, directement ou pas, nombre des grandes novations technologiques dont bénéficie notre époque.

Mais bien au-delà de la conquête spatiale, les travailleurs qui vivaient en cette année 1961 (y compris ceux qui ne votaient pas communiste !) étaient fiers que le front pionnier de l’espace extra-atmosphérique ait été pacifiquement ouvert par l’URSS, sur laquelle flottait le drapeau rouge frappé de l’emblème ouvrier et paysan. Un pays qui tenait tête au capitalisme, qui avait liquidé le chômage, socialisé les banques et la grande industrie, rendu gratuit l’accès à l’université et aux soins médicaux. Un pays qui, malgré ses contradictions, était invariablement du côté des travailleurs exploités et des peuples opprimés. Un pays, dont C. De Gaulle, faisant référence au rôle primordial de l’Armée rouge dans l’écrasement du nazisme, disait en 1966 : « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération ».

Et en effet, tant qu’il y avait sur terre un camp socialiste, il était impossible aux capitalistes d’écraser à leur guise les travailleurs et leurs syndicats : au contraire, pour « endiguer » le socialisme, qui s’édifiait alors de Berlin à Hanoï et de Pékin à La Havane, les capitalistes étaient forcés de faire des concessions aux salariés, -et là se trouve sans doute le vrai ressort géopolitique des prétendues « Trente Glorieuses ». De même était-il impossible aux impérialistes de faire régner, comme aujourd’hui, l’ordre brutal de la canonnière et du « droit d’ingérence », si bien que le monde était alors porté par le grand élan de la décolonisation : du reste, les forces impérialistes n’allaient pas tarder à connaître, au Vietnam, une défaite historique qui donna le signal de leur contre-offensive historique mondiale contre le camp progressiste.

Le moins qu’on puisse dire est que le monde a bien changé… dans le mauvais sens depuis le vol de Gagarine…. La chute de la RDA, dont on voudrait faire accroire qu’elle fut un « grand bouleversement démocratique », reste le symbole majeur d’une CONTRE-révolution qui s’est traduite par d’immenses régressions. Pas seulement dans les pays de l’est livrés aux prédations capitalistes et à une recolonisation même pas déguisée ; pas seulement dans les pays du Sud, rendus aux interventions des faucons Obama, Sarkozy, Cameron et Cie, de l’Afghanistan à la Libye en passant par l’Irak et la Côte d’Ivoire ; pas seulement dans les pays européens, où la souveraineté des nations et les conquêtes sociales d’après-guerre sont méthodiquement détruites par l’U.E. expansionniste du capital ; pas seulement en France, où le pouvoir fascisant de l’UMP a reçu mandat du MEDEF pour « démanteler le programme du C.N.R.. Mais dans le monde entier où, de Fukushima aux millions de chômeurs laissés pour compte par la crise capitaliste, l’humanité livrée aux horreurs du « tout profit » éprouve ce qu’il en coûte d’avoir pris un tournant réactionnaire mondial pour une « révolution démocratique ».

Quant à la conquête spatiale, si le capitalisme aujourd’hui prédominant continue de confisquer et de brider la science et la technique, elle n’a pas que des beaux jours devant elle : les Etats-Unis ne cessent de raboter les crédits de la NASA, de privatiser ses plus belles réalisations, et les futurs cosmonautes américains seront mis sur orbite par un lanceur russe datant de l’ère soviétique… Décidément, la « nostalgie » n’est plus ce qu’elle était !

Cependant le sourire éclatant de Gagarine continue de narguer notre époque contre-révolutionnaire : dans les ex-pays socialistes, la majorité de la population a compris que, quelles qu’aient pu être les limites de la première expérience socialiste de l’histoire, le bilan de la restauration capitaliste est catastrophiquement négatif : sondage après sondage, les citoyens russes, est-allemands, hongrois, yougoslaves, déclarent, TOUTES COMPARAISONS FAITES, que oui, « c’était mieux avant », quand les capitalistes et le FMI du sieur Strauss-Kahn n’étaient pas encore devenus les maîtres absolus de l’Etat et des entreprises. C’est pourquoi l’UE s’efforce de criminaliser l’histoire du communisme, de réhabiliter le fascisme et la collaboration. Mais cet euro-maccarthysme, qui se traduit par la mise hors la loi des P.C. est-européens et par une complaisance honteuse envers l’extrême droite, prouve a contrario combien les forces anticommunistes sont sur la défensive, suite au discrédit croissant du système capitaliste et de sa très dictatoriale U.E.. Car une large majorité de la population rejette désormais l’intégtration européenne issue du Traité de Maastricht, lequel sanctionnait le nouveau rapport des forces résultant de l’implosion de l’Europe socialiste. De grands affrontements de classes ont eu, et auront lieu contre le funeste plan d’austérité européen mis en place pour « sauver l’euro »… et broyer les peuples. Et pour donner un sens progressiste à ces luttes, pour ne pas laisser les fascistes et l’ultra-droite récupérer le mécontement populaire en jouant sur la xénophobie, il est vital que tous les vrais progressistes, et plus seulement les militants fidèles au combat de Lénine, REJETTENT LA PROPAGANDE ANTICOMMUNISTE ET ANTISOVIETIQUE qui envahit l’école et les médias, pour ouvrir un débat sérieux sur l’histoire du Mouvement communiste international.

Dans ce monde livré à la fascisation, aux guerres impérialistes, aux crises à répétition, à l’irresponsabilité des transnationales, retentit et retentira plus que jamais, la brûlante interrogation de Rosa Luxemburg : « socialisme ou barbarie ? » ; déjà les communistes cubains, initiateurs avec le Venezuela bolivarien de l’Alternative bolivarienne des Amériques, prolongent l’incontournable question de Rosa en s’écriant « socialismo o morir, patria o muerte ! », rattachant ainsi les luttes anticapitalistes au grand combat mondial pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, un droit actuellement violé de Tripoli à Abidjan, sans oublier notre propre pays, dont l’indépendance nationale et  l’héritage progressiste sont sacrifiés sur l’autel de la construction européenne supranationale.

Il est bien rare que l’histoire avance en ligne droite et il n’est pas de révolution sans risque de contre-révolution. Mais comme la bataille de Marathon, la Révolution copernicienne, Valmy et Stalingrad, la grandiose aventure ouverte par Gagarine et par l’ingénieur aéronauticien Tsiolkovski, reste à jamais gravée dans le livre d’or du progrès humain. Laissons donc les minuscules Poutine, Merkel, BHL, Sarko, Glucksmann, etc. célébrer sordidement leur victoire à la Pyrrhus sur la première expérience socialiste de l’histoire : ces personnages lugubres appartiennent déjà au passé alors que le nom de Youri Gagarine brillera au firmament aussi longtemps qu’il y aura des hommes et des enfants pour contempler le ciel étoilé et garder au cœur le devoir impérieux de faire progresser leur espèce.

Pour le CISC, comité internationaliste pour la solidarité de classe

(présidents d’honneur, Henri Alleg, Margot Honecker, Mumia Abu-Jamal),

Désiré Marle, Georges Gastaud, Vincent Flament, Stéphane Dubois.

 

 

 

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 22:23

Pour une fois nous vous mettons une chanson de variété

qui nous parait dans le monde que l’on vie etre positive

MOKAIESH – France

Titre : Communiste | Album : Du rouge et des passions (AZ / Universal)

 

Présentation : [extraits - bio officielle] En 2008, Mokaiesh se conjuguait au pluriel, en groupe porte flambeau d’un rock en français lettré, magnétisant avec ardeur des textes d’une extrême virtuosité et des guitares instinctivement animales. Aujourd’hui, Mokaiesh se conjugue au singulier avec son prénom, sur un deuxième album dont le style se situe quasiment à l’opposé du premier même si on y retrouve intacts son sens lyrique et sa fougue. En reprenant les choses à la racine, Cyril a commencé par dépouiller ses chansons de tout artifice, à les repenser entièrement en se donnant plus d’espace afin de laisser mieux respirer ses textes. Le mordant ironique de Communiste, en plus de son irrésistible puissance mélodique, montre qu’une chanson engagée 2.0 s’accompagne aussi d’une certaine forme de détachement lucide. A 24 ans, Cyril Mokaiesh impressionne déjà comme certains des maîtres qui l’ont éveillé à l’écriture de chansons et, en ayant osé détruire les murs des guitares qui lui encombrait la vue, il a tout désormais pour regarder très loin

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 11:41

2 débats du Collectif : Haïti et Inde

 

L’Inde, cet immense pays méconnu.

 

 

Le 16 mars 2011, le collectif a auditionné le militant syndicaliste indien P.K.Murthy. Cette rencontre a permis de mettre en lumière l’image souvent déformée qu’a l’opinion européenne des peuples de l’Inde, dont les problèmes sont à la mesure du milliard d’hommes et de femmes qui les composent. P.K. Murthy a notamment réfuté les images courantes :

 - L’Inde, « plus grande démocratie du monde » (le pluripartisme ne change rien à l’extrême inégalité sociale, entre les privilégiés milliardaires et le tiers des Indiens « sous le seuil de pauvreté » en l’an 2000).

 - L’Inde, « pays émergent », alors que les lieux de développement technologique et industriel sont isolés en quelques villes, et ne concernent pas la majorité rurale.

 - L’Inde « berceau de la non-violence », alors que son histoire et son actualité sont pleines d’affrontements sanglants, conflits sociaux, religieux, politiques, etc.

P.K.Murthy nous a fait découvrir le poids écrasant des castes, héritage millénaire de l’hindouisme, la religion de 70% des Indiens. Cette hiérarchie héréditaire aux frontières infranchissables garanties par la religion et les mentalités, même quand la Constitution les interdit sur le papier, n’a pas disparu avec l’indépendance (Gandhi les voyait comme inhérentes à un monde rural à préserver). Elle s’est même renforcée depuis la fin du 20ème siècle, avec le glissement à droite de l’opinion indienne. Aujourd’hui encore, cette arme terrible au service des classes privilégiées, renforcé parfois de préjugés de couleur de peau, sévit jusqu’au cœur des entreprises et de la société rurale : les cadres supérieurs et grands propriétaires sont généralement brahmanes (« prêtres »), Kschatriyas ( « guerriers ») ou vaishiyas ( « commerçants »), les ouvriers manuels de la ville ou du village, shudras (« serviteurs »), dalits (« intouchables ») ou adivasis (les hors castes, « tribus », tout en bas de l’échelle).

Les mouvements syndicaux et révolutionnaires anciens et influents (le PCI est né peu après 1920) ont certes combattu l’influence des castes, mais cette réalité pèse encore. Les communistes indiens, influents (ils ont dirigé des états très peuplés, comme le Kerala ou le Bengale), sont divisés en partis, nés de scissions successives, elles-mêmes nées des divergences entre URSS et Chine et des oppositions internes entre ceux favorables à l’alliance avec le parti du Congrès (nationaliste, de Gandhi et Nehru) et ceux qui s’y opposaient : on a ainsi le PCI, le PCM et le PCML. De plus, un certain nombre de groupes d’inspiration marxiste (Naxalites) pratiquent la lutte armée en milieu rural, tantôt en la liant à une action politique, tantôt de façon purement terroriste. Ces guérillas « de la forêt » sont liées à la persistance de la misère rurale : les réformes agraires tentées au Kerala et au Bengale par les communistes ont été stoppées par le parti du Congrès au pouvoir à New Delhi.

En complément de ces données, évoquées le 16 mars, signalons l’ouvrage de R. Gutmann « Entre castes et classes, les communistes indiens face à la politisation des basses castes », L’Harmattan, 2010 : un flot d’informations sur ce pays dont l’avenir et les luttes qui s’y mènent nous concernent.

 

              Compte-rendu réalisé par le secrétariat du Collectif Polex.

 

 

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 11:40

2 débats du Collectif : Haïti et Inde

 

Le drame du peuple haïtien :

 

fatalité ou responsabilités des impérialistes ?

(Compte-rendu d’après enregistrement du débat)

 

 

Le 5 mars 2011, le Collectif Polex réuni a débattu de la situation dramatique en Haïti. Un flot d’informations nous a été apporté par nos invités haïtiens, parmi lesquels le Président de la Maison d’Haïti à Paris. Son exposé très riche et émouvant, le débat animé qui a suivi, ont mis en lumière le poids essentiel de l’histoire dans le présent de cette nation « francophone » aux Caraïbes. C’est une histoire cruelle, marquée depuis le début par le poids du colonialisme et de l’impérialisme : le peuple haïtien est né de la déportation des esclaves africains par les négriers français aux 17ème et 18ème siècles, au profit des colons esclavagistes français. Profitant de la Révolution française, le peuple d’Haïti a fait sa Révolution, aboli l’esclavage et infligé à l’expédition de reconquête organisée par Napoléon en 1802 une humiliante défaite. Les divers impérialistes ne la pardonnèrent jamais à la première république noire antiesclavagiste et anticolonialiste au monde. Durant tout le 19ème siècle, Haïti devra payer à la France son indépendance, d’une énorme dette, qui lui interdira tout développement économique. Après la guerre de 1914, l’impérialisme étasunien prendra le relais de la France affaiblie, imposant sa loi en Haïti, financièrement, militairement, y compris par l’occupation, et en soutenant les politiciens les plus réactionnaires. Ce fut le cas des féroces dictateurs Duvalier, père et fils, après la deuxième guerre mondiale : en utilisant la terreur (les tontons macoutes), la religion (catholicisme et vaudou) et le racisme (le « noirisme »), les Duvalier (1957-1986) ont détruit les organisations révolutionnaires et progressistes, par la torture, la mort et l’émigration. Pendant ce temps, les inégalités sociales ont prospéré sur une misère terrible de la majorité paysanne et urbaine. La chute de la dictature Duvalier a créé de grands espoirs populaires, incarnés par Aristide, inspiré de la « théologie de la libération » : son mouvement Lavalas arriva au pouvoir par les urnes, et dans l’enthousiasme populaire. Mais il déçut beaucoup par la suite, surtout quand il fut remis en selle par les USA, et à leurs conditions, après un coup d’Etat de chefs militaires corrompus et trafiquants de drogue. Depuis 2004, date à laquelle Aristide fut chassé d’Haïti par les USA et leurs alliés plus que par son peuple, le pays croupit dans le non développement et la misère, l’absence de services publics et la corruption, qui servent de justification à l’ingérence étrangère.

Le séisme épouvantable de janvier 2010, avec ses 300 000 morts, d’énormes destructions, des épidémies, a renforcé cette dépendance : actuellement, les seules forces militaires présentes dans l’île sont les 10 000 soldats de la MINUSTAH (ONU). La majorité des Haïtiens dépendent pour leur quotidien de l’aide internationale, distribuée essentiellement par les ONG, dont certaines dans le cadre de l’USAID, entretiennent des milliers de permanents étrangers. Les Haïtiens sont en droit de se demander pourquoi sur les 10 milliards d’aides promises à la reconstruction en 2010, seules quelques centaines de millions ont été décaissées (dixit Médecins du monde). Ils sont en droit de se demander pourquoi les Occidentaux ont obligé Haïti à des élections au coût faramineux dans un pays où des foules de réfugiés survivent encore sous la tente. Etait-ce le moyen pour les USA et les autres puissances impérialistes d’installer un président à leur dévotion, alors que l’actuel (Préval) a des relations cordiales avec Cuba ou le Venezuela ? Que signifie, dans ce contexte, le retour en Haïti, avec l’accord des autorités portuaires des Antilles françaises, de Jean-Claude Duvalier, le dictateur exilé jusque là en France ? Quels progrès pouvaient apporter ces élections dont personne ne peut garantir l’honnêteté, alors que les mouvements progressistes sont réduits à de petits groupes sans grande audience populaire ? Le mouvement Lavalas, qui reste influent, n’a pu avoir de candidat ; le retour au pays de son chef Aristide (le 17 mars) peut avoir des conséquences imprévisibles.
Le second tour des élections présidentielles, le 20 avril (donc postérieur à la rencontre ci-dessus), confirme nos interrogations : les électeurs n’ont eu le choix qu’entre la candidate de la bourgeoisie conservatrice Mirlande Manigat et le chanteur démagogue Michel Martelly, proche des duvallieristes ! L’issue politique pour le peuple haïtien ne pourra venir que de la reconstitution des organisations révolutionnaires et progressistes.

 

                      Compte-rendu rédigé par le secrétariat du Collectif Polex.

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 10:53

LIBYE :

À BAS LA GUERRE IMPÉRIALISTE

POUR LA MAINMISE SUR LE PÉTROLE !

Déclaration de l’Union des Révolutionnaires Communistes de France

 

Le conseil de sécurité de l’ONU, par 10 voix sur 15, a décidé d’autoriser des frappes aériennes sur la Libye. Majorité toute relative, puisque des puissances comme l’Inde, la Chine, la Russie, le Brésil, l’Allemagne, qui ensemble représentent la majorité de la population terrestre ont montré, certes timidement, leur désaccord avec le bellicisme de puissances comme les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne.

 

L’URCF condamne fermement cet engrenage militariste et belliciste, doublé d’une grave ingérence dans les affaires intérieures d’un pays souverain. Les pays qui ont voté pour la guerre conçoivent le droit international comme celui de la canonnière de l’époque colonialiste. Ainsi une poignée d’États, parmi les plus puissants du camp impérialiste, s’arroge-t-elle le droit imprescriptible de composer le gouvernement de pays du « Tiers-Monde » selon ses propres intérêts capitalistes avec ses affidés locaux.

 

Paraphrasant Jaurès, on peut écrire : « On croit combattre pour la liberté, on meurt en

réalité pour les profits des multinationales du pétrole » ! Derrière le soulèvement en Libye, depuis le début apparaît le bras des impérialismes nord-américain, français, britannique, dont l’objectif, en utilisant le mécontentement et l’opposition libyenne, était d’instaurer une zone tampon entre la Tunisie et l’Égypte pour garder le contrôle de la région.

 

Alors que ces puissances avaient tout mis en oeuvre pour combattre les révolutions tunisienne et égyptienne, ne lâchant les dictateurs Ben Ali et Moubarak qu’au moment où leur défaite était consommée, ces États capitalistes se sont pris d’engouement pour la « révolution » libyenne. Depuis quand le capitalisme appuie-t-il des mouvements révolutionnaires ? En réalité, le soulèvement a été programmé dès le début par ces mêmes grandes puissances, en s’appuyant sur le mécontentement existant. Il est  incontestable que les forces réactionnaires de l’opposition libyenne - monarchistes dont le drapeau flotte à Benghazi, libéraux, extrémistes cléricaux… - ont été à la manoeuvre sous la dictée de l’impérialisme.

 

Les médias-mensonges ont accompagné ce soulèvement favorisé par le fait que les tribus possédaient des armes ; on nous a parlé de manifestations réprimées que l’on n’a jamais vues (sauf à Benghazi), de « fuite de Kadhafi au Venezuela », de « révolution » alors qu’il a fallu attendre plusieurs semaines pour la formation d’un « Conseil national de transition » qui brille par l’absence de programme et même de revendications sur le modèle des bourgeois compradores (vendus à l’impérialisme) irakiens.

 

Il est incontestable que les dérives maffieuses et affairistes des courants bourgeois au pouvoir ont affaibli, année après année, la révolution national-démocratique libyenne, permettant aux forces réactionnaires de vouloir restaurer le statut de pays colonisé de la Libye. Les évènements récents ont aussi prouvé que des Libyens au moins aussi nombreux ne se reconnaissent pas dans les partisans de l’ancien régime. Dans notre précédente déclaration, nous dénoncions le risque de guerre civile internationalisée par l’entrée en guerre, sous telle ou telle forme de puissances de l’OTAN.

 

L’administration Obama ne pouvait monter en première ligne après l’enlisement en Irak ou en Afghanistan ; un partage des tâches a été opéré, les impérialismes français et  britannique montant au créneau sur des positions les plus favorables à la guerre.

 

En tant que travailleurs de France, nous devons dénoncer les positions ultras prises par l’impérialisme français. Sarkozy se veut le plus boutefeu, en ayant défendu la proposition de bombardements continus sur la Libye, qui ne manqueront pas de frapper des populations civiles, et dont le prétexte au déclenchement des hostilités est leur « protection » !

 

Comme travailleurs, nous ne pouvons manquer de faire le lien entre les sommes

faramineuses consacrées à la guerre, et la politique d’ « austérité » réservée aux

familles populaires sous l’alibi de « réduire la dette de l’État ». Au début de la présidence de Sarkozy, on pouvait parler de bonapartisme ; le voilà sur les pas de Napoléon III, lançant le pays dans une aventure guerrière, après avoir reconnu les autorités de Benghazi comme représentant de l’État libyen ! Ce qui nous a valu le retour très médiatique des tenants de toujours des guerres impérialistes : Bernard-Henri Lévy et Kouchner qui rêvent déjà de la guerre contre l’Iran.

 

Les masques tombent, puisque le PS dénonçait la temporisation de Sarkozy et

soutenait l’entrée en guerre, mais aussi la « gauche de la gauche », puisque Mélenchon vient de voter au Parlement européen la résolution belliciste après « consultation de la direction du PCF » !

 

Nous voilà comme en 1914 avec l’union sacrée autour des intérêts capitalistes du

pays !

 

L’URCF appelle l’opinion démocratique anti-impérialiste, les syndicalistes de classe, les communistes, à condamner la guerre impérialiste conduite par la France et la Grande-Bretagne avec les traîtres au mouvement de libération nationale arabe des Émirats arabes unis !

 

C’est au peuple libyen et à lui seul de décider de son avenir sans ingérence des anciennes puissances colonialistes ! Pas un sou pour la guerre ! Non à l’austérité !

Retrait des troupes françaises ! À bas la guerre impérialiste des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne !

 

URCF, le 18 mars 2011

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