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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 07:28

 

L’AGEECI DIT NON A L’AUGMENTATION DES FRAIS D’INSCRIPTION A L’UNIVERSITE

 

Communiqué de presse de :

l’ Association Générale des Elèves et Etudiants De Côte d’Ivoire

 

 

Il nous a été rapporté par la presse la tenue d’un séminaire sur le « management des universités et des grandes écoles de Côte d’Ivoire » à l’initiative du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Les résolutions de ce ‘’ huis-clos’’ entre « universitaires » sans la participation du moindre étudiant portent essentiellement sur des réformes structurelles en vue, dit-on, de réussir la mise en œuvre du système Licence Master Doctorat (LMD), en passant, entre autres, par l’augmentation vertigineuse des frais d’inscription. Bien qu’étant au stade de simples propositions il faut prendre au sérieux le projet d’augmentation des frais d’inscription qui semble tenir particulièrement à cœur au Ministre CISSE BACONGO vu l’insistance de son département sur cette question. Il nous paraît donc indispensable d’interpeller les autorités compétentes, de prendre à témoin l’opinion quant à la menace que peuvent constituer certaines de ces  résolutions pour les étudiants et les conséquences fâcheuses qui pourraient en découler. Deux aspects du séminaire méritent d’être soulignés.

 

1)      La non participation des étudiants à l’adoption des résolutions

Nous relevons là l’expression de la volonté du ministère de mettre les étudiants devant le fait accompli alors qu’il nous paraissait indispensable d’être associés à la conception de telles réformes vu qu’il nous appartiendra et à nous essentiellement, de les supporter. La correction d’une telle injustice est encore possible, il suffira au ministre CISSE de le vouloir en réalisant que les étudiants y tiennent.

 

2)      L’augmentation surréaliste des frais d’inscription

Nous tenons à rappeler que cette mesure n’est pas nouvelle. Sous l’ancien régime de Laurent GBAGBO, nous en avions déjà eu échos. Bien entendu nous avions dit NON ! Nous avions relevé le caractère irréaliste et impopulaire de cette mesure vu la proportion de l’augmentation : le passage de 6000 à 50.000 FCFA et plus soit plus de 700 % d’augmentation alors que le pouvoir d’achat des Ivoiriens n’a fait que se détériorer depuis plus d’une décennie. Le ministre CISSE justifie sa mesure par le fait que selon lui des ivoiriens se paient les crèches, jardins d’enfants et universités privées à hauteur de 100, 200 mille voire plus du million de FCFA. Il ne voit donc pas de problème pour que les parents d’élèves paient des frais d’inscription dans les universités publiques à 50 mille voire 100 mille FCFA. Le ministre croit ainsi possible d’imposer aux millions d’enfants de pauvres le luxe que se paient l’infime minorité de nantis. Le ministre feint d’oublier que le taux de pauvreté absolu au sein de la population est de 50% au moins, que le taux de chômage est d’environ 30% de la population active. Le ministre CISSE projette simplement d’exclure la plus grande partie des enfants de Côte d’Ivoire de l’enseignement supérieur.

 

Nous ne voulons d’aucune manière de cette augmentation. Nous appelons les étudiants à se mobiliser contre cette menace qui se profile à l’horizon, à dénoncer partout où besoin sera ladite mesure, mais surtout à garder leur sérénité et à prévoir les 6000 francs habituels pour leurs inscriptions prochaines.

 

                                                                                              Abidjan le 30 Août 2011

                                                                                              Pour le Bureau Exécutif National

                                                                                              Le Secrétaire Général

                                                                                           SEKA JULES 

 

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 06:50

 

 

 

PARTI ALGERIEN POUR LA DEMOCRATIE ET LE SOCIALISME

 

FACE AUX CONSEQUENCES DANGEREUSES DANS LA REGION DE LA VICTOIRE MILITAIRE DES PUISSANCES IMPERIALISTES EN LIBYE

 

FRONT POPULAIRE ANTIIMPERIALISTE PATRIOTIQUE DEMOCRATIQUE PROGRESSISTE POUR FAIRE ECHOUER LES PLANS IMPERIALISTES!

 

 

Les puissances impérialistes ont fini par abattre le régime libyen après 5 mois de bombardements barbares à l'aide des engins de mort les plus sophistiqués. 20 000 raids aériens et tirs de missiles meurtriers ont été effectués contre la Libye! L'OTAN, encore une fois a révélé sa véritable nature: une organisation militaire de brigandage créée, maintenue et renforcée pour piller le monde et dominer les peuples, écraser les tentatives de renversement du capitalisme, conserver et étendre par la force la plus brutale les zones d'influence vitales à l'expansion des intérêts des oligarchies financières et militaro-industrielles qui gouvernent les pays capitalistes. Tout l'arsenal militaire réuni des USA, de la France et de la Grande-Bretagne a été mobilisé pour détruire le potentiel de défense libyen, les infrastructures économiques vitales, priver d'eau, d'électricité, de vivres et de médicaments les populations favorables au régime. Assoiffer, affamer les populations, paralyser le fonctionnement des hôpitaux ou carrément les détruire, tuer sans risque à partir du ciel des milliers de civils, pousser à un nouvel exode centaines de milliers d'Africains venus gagner leur vie en Libye après avoir fui leurs pays d'origine appauvris par le pillage impérialiste, français en particulier: c'est cela le véritable crime contre l'humanité qui a été commis par les puissances impérialistes en Libye! L'encadrement politique de l'Etat et de la société opposé à l'agression a été décimé par les attaques ininterrompues des drones US et des hélicoptères envoyés par Sarkozy, guidés sur place par des centaines d'agents spéciaux britanniques assistés de traîtres à la Libye.

 

L'INTERVENTION DES PUISSANCES IMPERIALISTES DANS UN CONFLIT INTERNE N'EST RIEN D'AUTRE QU'UNE EXPEDITION COLONIALE QUI LEGALISE LE DROIT D'INGERENCE SOUS N'IMPORTE QUEL PRETEXTE

 

Elle a été camouflée sous le prétexte hypocrite et grossièrement mensonger de défense des populations civiles en révolte contre le pouvoir d'El Gueddafi.

 

Les buts de cette opération sont clairs: s'emparer du pétrole libyen, transformer la Libye en base militaire pour contrôler l'ensemble de l'Afrique du Nord et les pays du Sahel, préparer la prise de possession des richesses pétrolières algériennes, intervenir d'une manière ou d'une autre en Algérie pour placer à sa tête les forces politiques les plus antinationales en exploitant à leurs propres fins les contradictions internes, le mécontentement social et les luttes pour les libertés démocratiques. Les buts sont de tenir en respect les peuples tunisien et égyptien pour les empêcher de transformer leur soulèvement contre les tyrans déchus, tyrans soutenus pendant des dizaines d'années par ces mêmes puissances qui prétendent aujourd'hui soutenir les processus démocratiques, en véritables révolutions démocratiques populaires assurant la justice sociale et affranchissant les pays arabes de la domination impérialiste directe ou indirecte. Leur hantise est la formation d'un régime égyptien authentiquement révolutionnaire rejetant les accords du Camp David, soutenant la lutte du peuple palestinien pour son Etat débarrassée de l'occupation sioniste, et celle du peuple syrien pour la libération du Golan à un moment où il est en butte aux complots concertés de l'impérialisme, des monarchies du Golfe, des intégristes. Les buts sont également de renforcer les positions mondiales globales des puissances impérialistes dominantes en vue de trancher les conflits ouvert ou latents qui les opposent à la Chine et à la Russie, de briser toute tentative de remodelage progressiste des rapports économiques internationaux. Dans la course au pillage des richesses pétrolières de la Libye et des pays qui résistent encore à leur diktat, chaque grande puissance impérialiste espère ramasser le maximum de dividendes aux dépens de ses rivales.

 

Ces buts véritables n'ont rien à voir avec un quelconque soutien à l'aspiration légitime des peuples arabes à mettre fin à l'arbitraire et au despotisme de leurs dirigeants, encore moins à se débarrasser de la dictature des régimes bureaucratico-compradores au service des multinationales et de leurs Etats impérialistes, à choisir librement des dirigeants fermement décidés à promouvoir un développement économique indépendant qui assure le progrès à leurs peuples.

 

Rien n'est plus contraire à la vérité que d'affirmer que les agresseurs n'ont fait que soutenir les "insurgés" de Benghazi. Ce sont les puissances impérialistes qui ont été "épaulées" dans leur agression contre la Libye par une coalition de forces sociales les plus réactionnaires et les plus antinationales. Le fer de lance de cette coalition ce sont les nostalgiques de la monarchie renversée en 1969, les islamistes intégristes fanatiques - boutefeux de l'insurrection armée- partisans d'un Etat théocratique que le régime libyen a combattu à juste raison, les fractions bureaucratico-compradores corrompues du régime libyen, ralliées à l'impérialisme. Ces dernières fractions ont en fait organisé un coup d'Etat en suscitant les troubles armés de Benghazi avec le soutien assuré des puissances impérialistes dans le cadre d'une action coordonnée et préparée de longue date avec elles. Elles ont exploité le mécontentement populaire provoqué par les mesures socio-économiques antipopulaires et antinationales qu'elles ont elles-mêmes imposées depuis 2003 et dont elles ont largement profité sans que leur soif d'enrichissement ait été étanchée. Ces fractions étaient en conflit de plus en plus violent avec l'aile patriotique et plus ou moins antiimpérialiste représentée de fait par El Gueddafi à cause de son refus de satisfaire leur tentative d'accaparement directe des richesses nationales à travers les privatisations, la libéralisation du commerce extérieur, la remise en cause en profondeur des lois qui régissent l'exploitation des hydrocarbures. Elles ne se sont pas dressées contre El Gueddafi pour "démocratiser" la Libye mais pour prendre le contrôle total et absolu de l'Etat, instaurer la dictature d'une oligarchie alliée à l'impérialisme et aux monarchies du Golfe. L'instauration d'un Etat islamique libyen pratiquant une politique économique ultra-libérale sanctifiée par la religion est même envisagée. Les monarques rétrogrades du Golfe ont joué un rôle important dans la coordination et la préparation de l'insurrection de groupes intégristes armés infiltrés à partir de l'Egypte avec l'assistance logistique des Frères musulmans de ce pays et d'agents spéciaux des puissances impérialistes. Ces groupes se sont emparés dès les premiers jours de casernes et de dépôts de munitions et d'équipements militaires. Une propagande médiatique mensongère déversée à grands flots par El Djazeera et El Arabya, chaînes satellitaires aux mains des Emirs protégés par les USA, a fait croire que l'aviation libyenne s'est attaquée à la population civile. Cette campagne de propagande a dépassé en ampleur les mensonges sur les "charniers" de Timisoara en Roumanie, ou sur le prétendu viol des 30 000 Bosniaques par les Serbes, ou encore sur la "disparition" de 500 000 Kosovars assénée sur toutes les chaînes du monde par le porte-parole de l'OTAN en plein bombardement de la Serbie. Ces mensonges fabriqués de toutes pièces ont été largement repris pour préparer dans l'opinion, y compris en Algérie, l'acceptation de l'intervention étrangère.

 

LA SUBVERSION IMPERIALISTE A ETE GRANDEMENT FACILITEE PAR LE CARACTERE ANTIDEMOCRATIQUE DU SYSTEME POLITIQUE DE GESTION ET DE DIRECTION DE LA LIBYE

 

Ce système a empêché les travailleurs, les jeunes, les femmes, les fellah de s'organiser dans des syndicats indépendants. Des contradictions de plus en plus aiguës minaient le régime. Prisonnier de conceptions populistes petites-bourgeoises niant l'existence des classes et de leurs luttes, le courant représenté par El Gueddafi n'a pas été capable de rompre avec les pratiques hégémonistes et de faire appel à la mobilisation démocratique des masses pour trancher la question de savoir si les richesses libyennes doivent profiter à l'ensemble des couches laborieuses du pays ou seulement à une minorité d'affairistes véreux et aux multinationales. Il a cru que les divergences inconciliables autour de cette question fondamentale pouvaient être réglées dans les coulisses, sans débats démocratiques ouverts, dans le dos des masses populaires, par des compromis boiteux dans les cercles fermés du régime, par la ruse ou par la force pour imposer des solutions "consensuelles" utopiques, incompatibles avec les réalités d'une société traversée par des conflits de classe de plus en plus inconciliables. Il a cru qu'il pouvait obtenir la paix, grâce aux mesures de libéralisation économique de 2003, avec les pays impérialistes et le soutien de gros négociants spéculateurs libyens, de plus en plus nombreux. Il a gravement sous-estimé la duplicité des puissances impérialistes qui ne pouvaient se contenter de ces seules concessions. Elles n'ont cessé de comploter pour obtenir plus, notamment la mainmise pure et simple sur les gisements de pétrole. Elles ont réussi à tisser des liens étroits avec les couches qui ont bénéficié de cette ouverture économique. Ce sont ces couches sociales qui ont formé la base sociale la plus disposée à les aider dans leurs manoeuvres subversives. Les couches sociales compradores nées de cette brutale évolution n'aspiraient qu'à pactiser avec les puissances impérialistes pour défendre leur part du gâteau contre toute velléité d'expropriation par le peuple. Le groupe El Gueddafi, sa ligne anticolonialiste et antiimpérialiste officielle ont été rejetés par cette minorité de plus en plus influente politiquement car ils étaient devenus un obstacle à la satisfaction de ses désirs d'enrichissement sans entrave. D'un autre côté, cette nouvelle politique économique a eu pour résultat de mécontenter les couches laborieuses. Elle a provoqué la chute de leur pouvoir d'achat suite à la suppression de la subvention des produits de base, le chômage en conséquence de la fermeture ou de la privatisation des entreprises publiques, la paupérisation des masses et des jeunes. Enrichissement d'une minorité de bénéficiaires et appauvrissement de la majorité, tel a été le résultat du compromis passé avec l'impérialisme et les couches compradores pour tenter d'obtenir la levée du blocus criminel imposé par les Etat impérialistes. Le régime s'est en conséquence trouvé coupé du peuple.

 

La résistance à 5 mois de bombardements de l'OTAN a été en soi héroïque. Elle aurait pu être plus forte si le régime d'El Gueddafi avait coupé à temps avec son aile bureaucratico-compradore, s'il avait renoncé aux pratiques hégémonistes révolues, s'il s'était appuyé sur la mobilisation démocratique des masses et la démocratisation du système d'Etat pour isoler et écarter ce courant réactionnaire et antinational, s'il ne s'était pas fait des illusions sur les intentions des Etats impérialistes.

 

Le régime incarné par El Gueddafi a été un régime foncièrement antimonarchiste, antiintégriste, anticolonialiste et antiimpérialiste. Durant 40 ans il a incontestablement livré une bataille ininterrompue contre le néocolonialisme en Afrique et combattu sans relâche la tendance à pactiser avec les sionistes israéliens. L'Algérie ne peut oublier qu'il l'avait financièrement aidée à un moment crucial après la nationalisation des hydrocarbures du 24 février 1971 pour briser le boycottage du pétrole algérien que le gouvernement français avait tenté de mettre en place en représailles à cette décision historique. Mais ce régime a été inconséquent et s'est caractérisé par des positions instables. Il est difficile d'oublier que c'est El Gueddafi, aveuglé par un anticommunisme primaire, qui a permis au général Numeyri d'instaurer en 1970 une dictature sanglante au Soudan en lui livrant les officiers progressistes qui avaient tenté de le renverser. Ses inconséquences, son instabilité, ses initiatives internationales ou régionales souvent immatures et aventuristes, ou même nuisibles comme son projet d'Etat des Touaregs l'ont isolé des forces progressistes mondiales. C'est ce qui explique pourquoi celles-ci ne lui ont pas témoigné une solidarité inconditionnelle sans pour autant le considérer comme un ennemi à abattre.

 

De toutes les façons c'est au peuple libyen et à lui seul qu'il appartient de décider de son système politique, sans intervention étrangère. Jamais et nulle part l'impérialisme n'a apporté la démocratie et le progrès social à un peuple. Partout où il est intervenu militairement il n'a semé que mort, désolation, divisions, conflits confessionnels et ethniques. Les objectifs des impérialistes sont toujours de porter des pantins à la tête des Etats asservis. Il ne fait aucun doute que ceux qui seront placés à la tête de la Libye par l'OTAN ne seront que des marionnettes serviles que les antiimpérialistes devront combattre de façon résolue.

 

LES DIRIGEANTS ALGERIENS PORTENT UNE LOURDE RESPONSABILITE DANS LES CONSEQUENCES SUR LE DEVENIR DE NOTRE PAYS DES EVENEMENTS EN LIBYE, POUR LEUR SILENCE DEVANT CETTE AGRESSION SANS PRECEDENT TOUT PRES DE NOS FRONTIERES

 

Par son refus de la condamner sous prétexte de respecter une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU, une résolution illégale qui traduit seulement la loi des rapaces, par son attitude indigne face au ministre français des Affaires étrangères venu en juin à Alger pour lui demander des comptes sur son attitude sur la Libye, le gouvernement algérien a indirectement encouragé l'impérialisme à intensifier ses raids aériens sur la Libye. D'une manière générale, la politique du pouvoir, conforme à sa nature de classe comme représentant et défenseur des intérêts de la bourgeoisie compradore, exploiteuse, affairiste et parasitaire, comme expression des couches sociales les plus antidémocratiques, conduit à la compromission objective avec l'impérialisme, à la confusion et à la démobilisation dans la société. L'existence probable au sein du régime de courants encore attachés à la défense des intérêts du pays et plus ou moins indépendantes des couches affairistes et parasitaires n'en modifie pas cette caractéristique de classe essentielle. Ces courants ne pourraient contribuer à changer la situation que s'ils se mettent résolument du côté des classes et couches sociales laborieuses en agissant pour rompre d'abord avec les orientations économiques et sociales qui ont miné le pays depuis 30 ans et en favorisant la mobilisation démocratique des masses dans la lutte contre l'arbitraire, la corruption, les inégalités sociales, l'obscurantisme, l'allégeance aux puissances impérialistes.

 

Toutes les forces politiques algériennes ainsi que la grande presse dite "démocratique", qui n'ont à aucun moment condamné l'intervention impérialiste ou qui s'en sont même réjouies assumeront elles aussi leur part de responsabilité dans les conséquences dangereuses pour la stabilité, l'unité du territoire et l'indépendance de notre pays. Cette grande presse (El Watan, Le Soir d'Algérie, Liberté, El Khabar, Ech Chourouk) a joué un rôle néfaste de relais dans la diffusion de la propagande mensongère et de l'intox fabriquées par les grands médias des pays impérialistes et des monarchies du Golfe pour justifier l'intervention de l'OTAN et le soutien à la rébellion. Ensemble et aidées par le silence du pouvoir, toutes ces forces ont contribué fortement à désorienter les masses, à les démobiliser, à empêcher le développement d'un courant d'opinion pour dénoncer et condamner les bombardements de l'OTAN. Certains plumitifs sont même allés jusqu'à justifier ouvertement les bombardements au nom du soutien à une "révolte démocratique pacifique". Des dirigeants de partis politiques comme ceux du RCD souhaitent publiquement dans leurs meetings l'intervention des puissances étrangères pour les aider à obtenir l'instauration d'un régime "démocratique" en Algérie!

 

C'est propager consciemment un mensonge éhonté ou faire preuve d'une grande naïveté impardonnable que de faire croire que l'intervention en Libye a malgré tout pour résultat d'ébranler les "tyrans", de favoriser les luttes pour la démocratie et que la condamner revient à se mettre du côté des despotes. On peut comprendre que de larges secteurs de la population en ont assez de l'arbitraire des dirigeants des pays arabes. Mais croire que l'impérialisme s'est porté au secours des Libyens pour les aider à arracher la démocratie c'est méconnaître sa nature socio-économique et les leçons de l'histoire.

 

L'impérialisme n'a pas changé de nature même si ses propagandistes ont réussi à charmer par leurs discours sur les nouvelles réalités internationales et les prétendus bienfaits de la "mondialisation" les rêveurs petits-bourgeois ou au contraire à tétaniser des courants vaincus par la couardise face à son agressivité. Il a besoin de tyrans pour protéger ses intérêts et réprimer les peuples. Il ne se décide à s'en débarrasser que lorsqu'ils sont discrédités. Il se dépêche alors de les remplacer par d'autres au nom du soutien hypocrite à "l'aspiration à la liberté" et empêcher préventivement que leur chute sonne le début d'une révolution populaire antiimpérialiste. Il suffit de ne pas fermer les yeux pour voir que les régimes qui ont soutenu avec le plus d'acharnement la croisade impérialiste et qui lui ont fourni le justificatif tant attendu, à travers la position de la Ligue arabe, sont les monarchies théocratiques rétrogrades du Golfe. Par quel miracle, une intervention impérialiste soutenue par ces régimes peut-elle servir la démocratie, le progrès et l'indépendance dans les pays arabes?

 

Personne ne pourra un jour dire, quand les suites de cette agression se révéleront de façon dramatique pour les intérêts vitaux de notre pays, qu'il s'était simplement trompé en se laissant guider par sa seule haine naturelle et spontanée du despotisme.

 

Parmi ceux qui se sont tus face à l'agression, certains pensent peut-être qu'il faut éviter de s'attirer la foudre des grandes puissances, qu'il ne sert à rien de tenter de résister à la "toute-puissance" de l'impérialisme, qu'il faut se plier aux nouveaux rapports des forces internationaux, abandonner "l'esprit des années 1970" et qu'il vaut mieux exécuter par avance ses volontés pour ne pas subir le sort du peuple libyen et, avant lui, celui du peuple irakien. Cet esprit défaitiste et capitulard que le chef de l'Etat avait lui-même publiquement développé le 23 février 2005 pour justifier la dénationalisation des hydrocarbures, doit être combattu fermement. Il a tendance à se répandre dans la société. Il encourage l'impérialisme dans son offensive dominatrice. Il prépare le terrain à la réhabilitation de la loi Khelil d'avril 2005.

 

Ceux qui ont laissé éclater leur joie sur la "Une" de leurs journaux à la vue des insurgés sur la Place Verte de Tripoli dévasté par les bombes de l'OTAN ne sont pas tous des naïfs désinformés par une campagne d'intox sans précédent. Beaucoup d'entre eux ont tenu à marquer de la sorte leur enrôlement dans les complots impérialistes contre notre pays. Par leur soutien inconditionnel et grossier à la campagne anti-Gueddafi, ils ont simplement manifesté leur disponibilité à la collaboration antinationale, en échange de gains matériels qu'ils espèrent tirer dans la nouvelle configuration politique que les forces les plus antinationales préparent avec fébrilité en concertation avec les Etats impérialistes.

 

DES DANGERS SERIEUX PESENT MAINTENANT SUR LA STABILITE AUX FRONTIERES ORIENTALES DU PAYS ET SUR SA SOUVERAINETE SUR SES RICHESSES PETROLIERES

 

Désormais notre pays risque de voir se dresser sur les 800 km de ses frontières du sud-est saharien des forces militaires hostiles ne reculant devant aucun prétexte pour mettre la main sur ses ressources pétrolières et gazières. Les pantins du CNT de Benghazi, poussés par les néocolonialistes revanchards français, ne ratent aucune occasion pour distiller la haine contre l'Algérie. Ils s'emploient à justifier à l'avance les actes de belligérance programmés par les impérialistes.

 

Obama, Sarkozy, Cameron, jubilent devant les caméras. Ils incarnent le retour du colonialisme, cette fois-ci sous le drapeau de la "démocratie". D'une pierre, ils font trois coups: ils banalisent leurs interventions militaires dans le monde, ils contrôlent la Libye et les gisements de Hassi Messaoud ne se trouveront plus qu'à un battement d'ailes des Mirages sans qu'il y ait besoin de survoler ou de bombarder Alger. Il ne manque pas d'aventuriers assoiffés de lucre pour se laisser tenter par les promesses des brigands impérialistes. L'OTAN ne cache pas son intention d'installer de fait son centre de l'Africom en Libye. Le CNT a promis également à Israël de lui concéder des bases à proximité des frontières algériennes. L'Union européenne a déjà signifié une vingtaine de conditions aux fantoches du CNT de Benghazi. Elle ne lui demande pas seulement de tout privatiser. En plus, elle a tenu à lui notifier sa décision unilatérale de s'occuper elle-même de l'organisation des nouvelles forces de sécurité libyenne, notamment et précisément aux frontières!

 

L'accaparement des puits de pétrole libyens par les multinationales aura de graves répercussions. Elles plongeront le peuple libyen dans une misère aussi épouvantable que celle du peuple irakien depuis que son territoire est occupé par les USA et dirigé par leurs marionnettes. Elles toucheront les conditions de vie de l'ensemble des pays exportateurs de pétrole. Les capacités de manoeuvre de l'OPEP vont être réduites. Il ne faut pas être savant économiste pour prédire les conséquences négatives découlant de cette situation sur les recettes pétrolières de l'Algérie.

 

LA VICTOIRE DES IMPERIALISTES EN LIBYE N'EST PAS DEFINITIVE

 

Malgré leur incommensurable supériorité militaire, les puissances impérialistes et leurs marionnettes devront faire face à une résistance populaire qui ne manquera pas de s'organiser sur des bases nouvelles et de leur infliger une défaite inéluctable.

Le devoir de tout authentique démocrate patriote algérien est de dire "non!" à cette intervention et à ses suites, de soutenir les patriotes libyens qui combattent la mainmise impérialiste sur leur pays, quelles qu'aient été leurs positions dans le passé et les clivages secondaires hérités d'un régime qui n'a pas été capable de répondre aux nécessités de la mobilisation populaire démocratique. Le devoir du démocrate patriote progressiste algérien conséquent est d'oeuvrer à la formation d'un front antiimpérialiste solide à l'intérieur de son pays, de soutenir la constitution de ce front dans chaque pays menacé par les ingérences impérialistes, d'encourager la concertation et la coordination des forces antiimpérialistes dans les pays arabes et à l'échelle internationale. Le système capitaliste international est miné par des contradictions insurmontables. La crise économique les aiguise de jour en jour. Il y a un lien étroit entre son agressivité à l'extérieur contre les peuples des pays économiquement dominés et ses attaques redoublées à l'intérieur contre les conquêtes sociales des travailleurs soumis à des politiques de rigueur sans précédent. Les conséquences de cette crise attisent l'agressivité impérialiste mais l'affaiblissent en créant en même temps les bases et les conditions d'un large front mondial antiimpérialiste et anticapitaliste capable de venir à bout des oligarchies bellicistes réactionnaires qui régentent les grandes puissances impérialistes.

 

Les peuples des pays dominés et les travailleurs des pays impérialistes doivent unir leurs efforts et leurs luttes sur tous les fronts contre la grande bourgeoisie impérialiste.

Aux discours des défaitistes nous opposons notre certitude qu'il existe de larges forces en Algérie, dans les pays arabes, en Afrique, en Europe, en Amérique, en Asie, partout dans le monde, qui sont capables d'opposer un front mondial uni pour enrayer la machine impérialiste de domination et de mort.

 

CONSTRUIRE UN FRONT INTERIEUR UNI SOLIDE

Sa solidité en Algérie dépendra de la nature des décisions économiques pour lutter contre les privilèges insolents d'une minorité de trafiquants enrichis par l'exploitation féroce des travailleurs et le vol des biens nationaux. Elle dépendra des mesures à prendre pour casser les positions économiques des couches compradores et, partant, leurs liens politiques dans l'Etat et au sein de la société.

 

La neutralisation des manoeuvres des puissances impérialistes ne peut être obtenue par de nouvelles concessions unilatérales aux multinationales, ni par la conclusion de marchés juteux avec les grandes multinationales françaises, encore moins par les faveurs scandaleuses accordées aux émirs prédateurs du Golfe, comme le port d'Alger et l'argent gracieusement mis à leur disposition par les banques publiques pour réaliser des affaires spéculatives sur le dos du pays.

 

Contrairement à ce que veulent faire croire les défaitistes capitulards, l'alternative à l'offensive impérialiste existe et les forces capables de la porter représentent l'immense majorité de la population.

 

Cette alternative c'est le front pour un véritable Etat démocratique populaire réalisant le progrès social le plus radical et garant de l'indépendance du pays, de la défense de ses richesses pétrolières et de l'unité de son territoire, solidaire des luttes antiimpérialistes dans le monde.

 

Elle sera le fruit de la mise en oeuvre de mesures économiques et sociales qui satisfont les revendications des masses, introduisent la justice sociale, mettent fin à une répartition injuste et scandaleuse du revenu national. Elle est conditionnée par la levée des entraves de toutes sortes à leur mobilisation démocratique nécessaire pour imposer et appliquer de telles mesures.

 

Tout cela passe par des changements radicaux qui donnent le pouvoir à une large alliance entre la classe ouvrière, les salariés, la paysannerie laborieuse, les couches intermédiaires vivant de leur travail manuel ou intellectuel, les cadres patriotes et honnêtes de l'Etat et des secteurs économiques.

 

Le front intérieur ne sera cependant solide et durable dans la lutte contre le danger impérialiste que si les efforts sont intensifiés pour construire dans les luttes économiques, sociales, politiques et idéologiques de tous les jours le parti communiste enraciné au sein de la classe ouvrière, de la paysannerie, de la jeunesse, des intellectuels aspirant au renversement du capitalisme. Un parti qui ne cache pas sa volonté d'accumuler les forces indispensables à la préparation de la contre-offensive de masse pour abattre le capitalisme, matrice économique de l'impérialisme, instaurer une véritable république démocratique populaire ouvrant la voie à une révolution socialiste.

 

Mobilisons-nous pour que tous les enseignements soient tirés de la liquidation du régime d'El Gueddafi par les interventionnistes impérialistes!

Ne nous laissons pas tromper ou intimider par la propagande de l'impérialisme et de ses alliés intérieurs!

Combattons le défaitisme, le fatalisme et l'esprit de résignation!

Démasquons, isolons et neutralisons les forces qui s'allient à l'impérialisme, qu'elles soient dans le pouvoir ou en opposition formelle à lui!

Mettons en échec l'autoritarisme du régime, ses nouveaux projets antidémocratiques qui font le jeu de l'impérialisme!

Unissons-nous dans les luttes sociales et politiques pour une véritable alternative de progrès!

 

 

PADS

28 août 2011

 

 

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 06:50

 

 

 

PARTI ALGERIEN POUR LA DEMOCRATIE ET LE SOCIALISME

 

FACE AUX CONSEQUENCES DANGEREUSES DANS LA REGION DE LA VICTOIRE MILITAIRE DES PUISSANCES IMPERIALISTES EN LIBYE

 

FRONT POPULAIRE ANTIIMPERIALISTE PATRIOTIQUE DEMOCRATIQUE PROGRESSISTE POUR FAIRE ECHOUER LES PLANS IMPERIALISTES!

 

 

Les puissances impérialistes ont fini par abattre le régime libyen après 5 mois de bombardements barbares à l'aide des engins de mort les plus sophistiqués. 20 000 raids aériens et tirs de missiles meurtriers ont été effectués contre la Libye! L'OTAN, encore une fois a révélé sa véritable nature: une organisation militaire de brigandage créée, maintenue et renforcée pour piller le monde et dominer les peuples, écraser les tentatives de renversement du capitalisme, conserver et étendre par la force la plus brutale les zones d'influence vitales à l'expansion des intérêts des oligarchies financières et militaro-industrielles qui gouvernent les pays capitalistes. Tout l'arsenal militaire réuni des USA, de la France et de la Grande-Bretagne a été mobilisé pour détruire le potentiel de défense libyen, les infrastructures économiques vitales, priver d'eau, d'électricité, de vivres et de médicaments les populations favorables au régime. Assoiffer, affamer les populations, paralyser le fonctionnement des hôpitaux ou carrément les détruire, tuer sans risque à partir du ciel des milliers de civils, pousser à un nouvel exode centaines de milliers d'Africains venus gagner leur vie en Libye après avoir fui leurs pays d'origine appauvris par le pillage impérialiste, français en particulier: c'est cela le véritable crime contre l'humanité qui a été commis par les puissances impérialistes en Libye! L'encadrement politique de l'Etat et de la société opposé à l'agression a été décimé par les attaques ininterrompues des drones US et des hélicoptères envoyés par Sarkozy, guidés sur place par des centaines d'agents spéciaux britanniques assistés de traîtres à la Libye.

 

L'INTERVENTION DES PUISSANCES IMPERIALISTES DANS UN CONFLIT INTERNE N'EST RIEN D'AUTRE QU'UNE EXPEDITION COLONIALE QUI LEGALISE LE DROIT D'INGERENCE SOUS N'IMPORTE QUEL PRETEXTE

 

Elle a été camouflée sous le prétexte hypocrite et grossièrement mensonger de défense des populations civiles en révolte contre le pouvoir d'El Gueddafi.

 

Les buts de cette opération sont clairs: s'emparer du pétrole libyen, transformer la Libye en base militaire pour contrôler l'ensemble de l'Afrique du Nord et les pays du Sahel, préparer la prise de possession des richesses pétrolières algériennes, intervenir d'une manière ou d'une autre en Algérie pour placer à sa tête les forces politiques les plus antinationales en exploitant à leurs propres fins les contradictions internes, le mécontentement social et les luttes pour les libertés démocratiques. Les buts sont de tenir en respect les peuples tunisien et égyptien pour les empêcher de transformer leur soulèvement contre les tyrans déchus, tyrans soutenus pendant des dizaines d'années par ces mêmes puissances qui prétendent aujourd'hui soutenir les processus démocratiques, en véritables révolutions démocratiques populaires assurant la justice sociale et affranchissant les pays arabes de la domination impérialiste directe ou indirecte. Leur hantise est la formation d'un régime égyptien authentiquement révolutionnaire rejetant les accords du Camp David, soutenant la lutte du peuple palestinien pour son Etat débarrassée de l'occupation sioniste, et celle du peuple syrien pour la libération du Golan à un moment où il est en butte aux complots concertés de l'impérialisme, des monarchies du Golfe, des intégristes. Les buts sont également de renforcer les positions mondiales globales des puissances impérialistes dominantes en vue de trancher les conflits ouvert ou latents qui les opposent à la Chine et à la Russie, de briser toute tentative de remodelage progressiste des rapports économiques internationaux. Dans la course au pillage des richesses pétrolières de la Libye et des pays qui résistent encore à leur diktat, chaque grande puissance impérialiste espère ramasser le maximum de dividendes aux dépens de ses rivales.

 

Ces buts véritables n'ont rien à voir avec un quelconque soutien à l'aspiration légitime des peuples arabes à mettre fin à l'arbitraire et au despotisme de leurs dirigeants, encore moins à se débarrasser de la dictature des régimes bureaucratico-compradores au service des multinationales et de leurs Etats impérialistes, à choisir librement des dirigeants fermement décidés à promouvoir un développement économique indépendant qui assure le progrès à leurs peuples.

 

Rien n'est plus contraire à la vérité que d'affirmer que les agresseurs n'ont fait que soutenir les "insurgés" de Benghazi. Ce sont les puissances impérialistes qui ont été "épaulées" dans leur agression contre la Libye par une coalition de forces sociales les plus réactionnaires et les plus antinationales. Le fer de lance de cette coalition ce sont les nostalgiques de la monarchie renversée en 1969, les islamistes intégristes fanatiques - boutefeux de l'insurrection armée- partisans d'un Etat théocratique que le régime libyen a combattu à juste raison, les fractions bureaucratico-compradores corrompues du régime libyen, ralliées à l'impérialisme. Ces dernières fractions ont en fait organisé un coup d'Etat en suscitant les troubles armés de Benghazi avec le soutien assuré des puissances impérialistes dans le cadre d'une action coordonnée et préparée de longue date avec elles. Elles ont exploité le mécontentement populaire provoqué par les mesures socio-économiques antipopulaires et antinationales qu'elles ont elles-mêmes imposées depuis 2003 et dont elles ont largement profité sans que leur soif d'enrichissement ait été étanchée. Ces fractions étaient en conflit de plus en plus violent avec l'aile patriotique et plus ou moins antiimpérialiste représentée de fait par El Gueddafi à cause de son refus de satisfaire leur tentative d'accaparement directe des richesses nationales à travers les privatisations, la libéralisation du commerce extérieur, la remise en cause en profondeur des lois qui régissent l'exploitation des hydrocarbures. Elles ne se sont pas dressées contre El Gueddafi pour "démocratiser" la Libye mais pour prendre le contrôle total et absolu de l'Etat, instaurer la dictature d'une oligarchie alliée à l'impérialisme et aux monarchies du Golfe. L'instauration d'un Etat islamique libyen pratiquant une politique économique ultra-libérale sanctifiée par la religion est même envisagée. Les monarques rétrogrades du Golfe ont joué un rôle important dans la coordination et la préparation de l'insurrection de groupes intégristes armés infiltrés à partir de l'Egypte avec l'assistance logistique des Frères musulmans de ce pays et d'agents spéciaux des puissances impérialistes. Ces groupes se sont emparés dès les premiers jours de casernes et de dépôts de munitions et d'équipements militaires. Une propagande médiatique mensongère déversée à grands flots par El Djazeera et El Arabya, chaînes satellitaires aux mains des Emirs protégés par les USA, a fait croire que l'aviation libyenne s'est attaquée à la population civile. Cette campagne de propagande a dépassé en ampleur les mensonges sur les "charniers" de Timisoara en Roumanie, ou sur le prétendu viol des 30 000 Bosniaques par les Serbes, ou encore sur la "disparition" de 500 000 Kosovars assénée sur toutes les chaînes du monde par le porte-parole de l'OTAN en plein bombardement de la Serbie. Ces mensonges fabriqués de toutes pièces ont été largement repris pour préparer dans l'opinion, y compris en Algérie, l'acceptation de l'intervention étrangère.

 

LA SUBVERSION IMPERIALISTE A ETE GRANDEMENT FACILITEE PAR LE CARACTERE ANTIDEMOCRATIQUE DU SYSTEME POLITIQUE DE GESTION ET DE DIRECTION DE LA LIBYE

 

Ce système a empêché les travailleurs, les jeunes, les femmes, les fellah de s'organiser dans des syndicats indépendants. Des contradictions de plus en plus aiguës minaient le régime. Prisonnier de conceptions populistes petites-bourgeoises niant l'existence des classes et de leurs luttes, le courant représenté par El Gueddafi n'a pas été capable de rompre avec les pratiques hégémonistes et de faire appel à la mobilisation démocratique des masses pour trancher la question de savoir si les richesses libyennes doivent profiter à l'ensemble des couches laborieuses du pays ou seulement à une minorité d'affairistes véreux et aux multinationales. Il a cru que les divergences inconciliables autour de cette question fondamentale pouvaient être réglées dans les coulisses, sans débats démocratiques ouverts, dans le dos des masses populaires, par des compromis boiteux dans les cercles fermés du régime, par la ruse ou par la force pour imposer des solutions "consensuelles" utopiques, incompatibles avec les réalités d'une société traversée par des conflits de classe de plus en plus inconciliables. Il a cru qu'il pouvait obtenir la paix, grâce aux mesures de libéralisation économique de 2003, avec les pays impérialistes et le soutien de gros négociants spéculateurs libyens, de plus en plus nombreux. Il a gravement sous-estimé la duplicité des puissances impérialistes qui ne pouvaient se contenter de ces seules concessions. Elles n'ont cessé de comploter pour obtenir plus, notamment la mainmise pure et simple sur les gisements de pétrole. Elles ont réussi à tisser des liens étroits avec les couches qui ont bénéficié de cette ouverture économique. Ce sont ces couches sociales qui ont formé la base sociale la plus disposée à les aider dans leurs manoeuvres subversives. Les couches sociales compradores nées de cette brutale évolution n'aspiraient qu'à pactiser avec les puissances impérialistes pour défendre leur part du gâteau contre toute velléité d'expropriation par le peuple. Le groupe El Gueddafi, sa ligne anticolonialiste et antiimpérialiste officielle ont été rejetés par cette minorité de plus en plus influente politiquement car ils étaient devenus un obstacle à la satisfaction de ses désirs d'enrichissement sans entrave. D'un autre côté, cette nouvelle politique économique a eu pour résultat de mécontenter les couches laborieuses. Elle a provoqué la chute de leur pouvoir d'achat suite à la suppression de la subvention des produits de base, le chômage en conséquence de la fermeture ou de la privatisation des entreprises publiques, la paupérisation des masses et des jeunes. Enrichissement d'une minorité de bénéficiaires et appauvrissement de la majorité, tel a été le résultat du compromis passé avec l'impérialisme et les couches compradores pour tenter d'obtenir la levée du blocus criminel imposé par les Etat impérialistes. Le régime s'est en conséquence trouvé coupé du peuple.

 

La résistance à 5 mois de bombardements de l'OTAN a été en soi héroïque. Elle aurait pu être plus forte si le régime d'El Gueddafi avait coupé à temps avec son aile bureaucratico-compradore, s'il avait renoncé aux pratiques hégémonistes révolues, s'il s'était appuyé sur la mobilisation démocratique des masses et la démocratisation du système d'Etat pour isoler et écarter ce courant réactionnaire et antinational, s'il ne s'était pas fait des illusions sur les intentions des Etats impérialistes.

 

Le régime incarné par El Gueddafi a été un régime foncièrement antimonarchiste, antiintégriste, anticolonialiste et antiimpérialiste. Durant 40 ans il a incontestablement livré une bataille ininterrompue contre le néocolonialisme en Afrique et combattu sans relâche la tendance à pactiser avec les sionistes israéliens. L'Algérie ne peut oublier qu'il l'avait financièrement aidée à un moment crucial après la nationalisation des hydrocarbures du 24 février 1971 pour briser le boycottage du pétrole algérien que le gouvernement français avait tenté de mettre en place en représailles à cette décision historique. Mais ce régime a été inconséquent et s'est caractérisé par des positions instables. Il est difficile d'oublier que c'est El Gueddafi, aveuglé par un anticommunisme primaire, qui a permis au général Numeyri d'instaurer en 1970 une dictature sanglante au Soudan en lui livrant les officiers progressistes qui avaient tenté de le renverser. Ses inconséquences, son instabilité, ses initiatives internationales ou régionales souvent immatures et aventuristes, ou même nuisibles comme son projet d'Etat des Touaregs l'ont isolé des forces progressistes mondiales. C'est ce qui explique pourquoi celles-ci ne lui ont pas témoigné une solidarité inconditionnelle sans pour autant le considérer comme un ennemi à abattre.

 

De toutes les façons c'est au peuple libyen et à lui seul qu'il appartient de décider de son système politique, sans intervention étrangère. Jamais et nulle part l'impérialisme n'a apporté la démocratie et le progrès social à un peuple. Partout où il est intervenu militairement il n'a semé que mort, désolation, divisions, conflits confessionnels et ethniques. Les objectifs des impérialistes sont toujours de porter des pantins à la tête des Etats asservis. Il ne fait aucun doute que ceux qui seront placés à la tête de la Libye par l'OTAN ne seront que des marionnettes serviles que les antiimpérialistes devront combattre de façon résolue.

 

LES DIRIGEANTS ALGERIENS PORTENT UNE LOURDE RESPONSABILITE DANS LES CONSEQUENCES SUR LE DEVENIR DE NOTRE PAYS DES EVENEMENTS EN LIBYE, POUR LEUR SILENCE DEVANT CETTE AGRESSION SANS PRECEDENT TOUT PRES DE NOS FRONTIERES

 

Par son refus de la condamner sous prétexte de respecter une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU, une résolution illégale qui traduit seulement la loi des rapaces, par son attitude indigne face au ministre français des Affaires étrangères venu en juin à Alger pour lui demander des comptes sur son attitude sur la Libye, le gouvernement algérien a indirectement encouragé l'impérialisme à intensifier ses raids aériens sur la Libye. D'une manière générale, la politique du pouvoir, conforme à sa nature de classe comme représentant et défenseur des intérêts de la bourgeoisie compradore, exploiteuse, affairiste et parasitaire, comme expression des couches sociales les plus antidémocratiques, conduit à la compromission objective avec l'impérialisme, à la confusion et à la démobilisation dans la société. L'existence probable au sein du régime de courants encore attachés à la défense des intérêts du pays et plus ou moins indépendantes des couches affairistes et parasitaires n'en modifie pas cette caractéristique de classe essentielle. Ces courants ne pourraient contribuer à changer la situation que s'ils se mettent résolument du côté des classes et couches sociales laborieuses en agissant pour rompre d'abord avec les orientations économiques et sociales qui ont miné le pays depuis 30 ans et en favorisant la mobilisation démocratique des masses dans la lutte contre l'arbitraire, la corruption, les inégalités sociales, l'obscurantisme, l'allégeance aux puissances impérialistes.

 

Toutes les forces politiques algériennes ainsi que la grande presse dite "démocratique", qui n'ont à aucun moment condamné l'intervention impérialiste ou qui s'en sont même réjouies assumeront elles aussi leur part de responsabilité dans les conséquences dangereuses pour la stabilité, l'unité du territoire et l'indépendance de notre pays. Cette grande presse (El Watan, Le Soir d'Algérie, Liberté, El Khabar, Ech Chourouk) a joué un rôle néfaste de relais dans la diffusion de la propagande mensongère et de l'intox fabriquées par les grands médias des pays impérialistes et des monarchies du Golfe pour justifier l'intervention de l'OTAN et le soutien à la rébellion. Ensemble et aidées par le silence du pouvoir, toutes ces forces ont contribué fortement à désorienter les masses, à les démobiliser, à empêcher le développement d'un courant d'opinion pour dénoncer et condamner les bombardements de l'OTAN. Certains plumitifs sont même allés jusqu'à justifier ouvertement les bombardements au nom du soutien à une "révolte démocratique pacifique". Des dirigeants de partis politiques comme ceux du RCD souhaitent publiquement dans leurs meetings l'intervention des puissances étrangères pour les aider à obtenir l'instauration d'un régime "démocratique" en Algérie!

 

C'est propager consciemment un mensonge éhonté ou faire preuve d'une grande naïveté impardonnable que de faire croire que l'intervention en Libye a malgré tout pour résultat d'ébranler les "tyrans", de favoriser les luttes pour la démocratie et que la condamner revient à se mettre du côté des despotes. On peut comprendre que de larges secteurs de la population en ont assez de l'arbitraire des dirigeants des pays arabes. Mais croire que l'impérialisme s'est porté au secours des Libyens pour les aider à arracher la démocratie c'est méconnaître sa nature socio-économique et les leçons de l'histoire.

 

L'impérialisme n'a pas changé de nature même si ses propagandistes ont réussi à charmer par leurs discours sur les nouvelles réalités internationales et les prétendus bienfaits de la "mondialisation" les rêveurs petits-bourgeois ou au contraire à tétaniser des courants vaincus par la couardise face à son agressivité. Il a besoin de tyrans pour protéger ses intérêts et réprimer les peuples. Il ne se décide à s'en débarrasser que lorsqu'ils sont discrédités. Il se dépêche alors de les remplacer par d'autres au nom du soutien hypocrite à "l'aspiration à la liberté" et empêcher préventivement que leur chute sonne le début d'une révolution populaire antiimpérialiste. Il suffit de ne pas fermer les yeux pour voir que les régimes qui ont soutenu avec le plus d'acharnement la croisade impérialiste et qui lui ont fourni le justificatif tant attendu, à travers la position de la Ligue arabe, sont les monarchies théocratiques rétrogrades du Golfe. Par quel miracle, une intervention impérialiste soutenue par ces régimes peut-elle servir la démocratie, le progrès et l'indépendance dans les pays arabes?

 

Personne ne pourra un jour dire, quand les suites de cette agression se révéleront de façon dramatique pour les intérêts vitaux de notre pays, qu'il s'était simplement trompé en se laissant guider par sa seule haine naturelle et spontanée du despotisme.

 

Parmi ceux qui se sont tus face à l'agression, certains pensent peut-être qu'il faut éviter de s'attirer la foudre des grandes puissances, qu'il ne sert à rien de tenter de résister à la "toute-puissance" de l'impérialisme, qu'il faut se plier aux nouveaux rapports des forces internationaux, abandonner "l'esprit des années 1970" et qu'il vaut mieux exécuter par avance ses volontés pour ne pas subir le sort du peuple libyen et, avant lui, celui du peuple irakien. Cet esprit défaitiste et capitulard que le chef de l'Etat avait lui-même publiquement développé le 23 février 2005 pour justifier la dénationalisation des hydrocarbures, doit être combattu fermement. Il a tendance à se répandre dans la société. Il encourage l'impérialisme dans son offensive dominatrice. Il prépare le terrain à la réhabilitation de la loi Khelil d'avril 2005.

 

Ceux qui ont laissé éclater leur joie sur la "Une" de leurs journaux à la vue des insurgés sur la Place Verte de Tripoli dévasté par les bombes de l'OTAN ne sont pas tous des naïfs désinformés par une campagne d'intox sans précédent. Beaucoup d'entre eux ont tenu à marquer de la sorte leur enrôlement dans les complots impérialistes contre notre pays. Par leur soutien inconditionnel et grossier à la campagne anti-Gueddafi, ils ont simplement manifesté leur disponibilité à la collaboration antinationale, en échange de gains matériels qu'ils espèrent tirer dans la nouvelle configuration politique que les forces les plus antinationales préparent avec fébrilité en concertation avec les Etats impérialistes.

 

DES DANGERS SERIEUX PESENT MAINTENANT SUR LA STABILITE AUX FRONTIERES ORIENTALES DU PAYS ET SUR SA SOUVERAINETE SUR SES RICHESSES PETROLIERES

 

Désormais notre pays risque de voir se dresser sur les 800 km de ses frontières du sud-est saharien des forces militaires hostiles ne reculant devant aucun prétexte pour mettre la main sur ses ressources pétrolières et gazières. Les pantins du CNT de Benghazi, poussés par les néocolonialistes revanchards français, ne ratent aucune occasion pour distiller la haine contre l'Algérie. Ils s'emploient à justifier à l'avance les actes de belligérance programmés par les impérialistes.

 

Obama, Sarkozy, Cameron, jubilent devant les caméras. Ils incarnent le retour du colonialisme, cette fois-ci sous le drapeau de la "démocratie". D'une pierre, ils font trois coups: ils banalisent leurs interventions militaires dans le monde, ils contrôlent la Libye et les gisements de Hassi Messaoud ne se trouveront plus qu'à un battement d'ailes des Mirages sans qu'il y ait besoin de survoler ou de bombarder Alger. Il ne manque pas d'aventuriers assoiffés de lucre pour se laisser tenter par les promesses des brigands impérialistes. L'OTAN ne cache pas son intention d'installer de fait son centre de l'Africom en Libye. Le CNT a promis également à Israël de lui concéder des bases à proximité des frontières algériennes. L'Union européenne a déjà signifié une vingtaine de conditions aux fantoches du CNT de Benghazi. Elle ne lui demande pas seulement de tout privatiser. En plus, elle a tenu à lui notifier sa décision unilatérale de s'occuper elle-même de l'organisation des nouvelles forces de sécurité libyenne, notamment et précisément aux frontières!

 

L'accaparement des puits de pétrole libyens par les multinationales aura de graves répercussions. Elles plongeront le peuple libyen dans une misère aussi épouvantable que celle du peuple irakien depuis que son territoire est occupé par les USA et dirigé par leurs marionnettes. Elles toucheront les conditions de vie de l'ensemble des pays exportateurs de pétrole. Les capacités de manoeuvre de l'OPEP vont être réduites. Il ne faut pas être savant économiste pour prédire les conséquences négatives découlant de cette situation sur les recettes pétrolières de l'Algérie.

 

LA VICTOIRE DES IMPERIALISTES EN LIBYE N'EST PAS DEFINITIVE

 

Malgré leur incommensurable supériorité militaire, les puissances impérialistes et leurs marionnettes devront faire face à une résistance populaire qui ne manquera pas de s'organiser sur des bases nouvelles et de leur infliger une défaite inéluctable.

Le devoir de tout authentique démocrate patriote algérien est de dire "non!" à cette intervention et à ses suites, de soutenir les patriotes libyens qui combattent la mainmise impérialiste sur leur pays, quelles qu'aient été leurs positions dans le passé et les clivages secondaires hérités d'un régime qui n'a pas été capable de répondre aux nécessités de la mobilisation populaire démocratique. Le devoir du démocrate patriote progressiste algérien conséquent est d'oeuvrer à la formation d'un front antiimpérialiste solide à l'intérieur de son pays, de soutenir la constitution de ce front dans chaque pays menacé par les ingérences impérialistes, d'encourager la concertation et la coordination des forces antiimpérialistes dans les pays arabes et à l'échelle internationale. Le système capitaliste international est miné par des contradictions insurmontables. La crise économique les aiguise de jour en jour. Il y a un lien étroit entre son agressivité à l'extérieur contre les peuples des pays économiquement dominés et ses attaques redoublées à l'intérieur contre les conquêtes sociales des travailleurs soumis à des politiques de rigueur sans précédent. Les conséquences de cette crise attisent l'agressivité impérialiste mais l'affaiblissent en créant en même temps les bases et les conditions d'un large front mondial antiimpérialiste et anticapitaliste capable de venir à bout des oligarchies bellicistes réactionnaires qui régentent les grandes puissances impérialistes.

 

Les peuples des pays dominés et les travailleurs des pays impérialistes doivent unir leurs efforts et leurs luttes sur tous les fronts contre la grande bourgeoisie impérialiste.

Aux discours des défaitistes nous opposons notre certitude qu'il existe de larges forces en Algérie, dans les pays arabes, en Afrique, en Europe, en Amérique, en Asie, partout dans le monde, qui sont capables d'opposer un front mondial uni pour enrayer la machine impérialiste de domination et de mort.

 

CONSTRUIRE UN FRONT INTERIEUR UNI SOLIDE

Sa solidité en Algérie dépendra de la nature des décisions économiques pour lutter contre les privilèges insolents d'une minorité de trafiquants enrichis par l'exploitation féroce des travailleurs et le vol des biens nationaux. Elle dépendra des mesures à prendre pour casser les positions économiques des couches compradores et, partant, leurs liens politiques dans l'Etat et au sein de la société.

 

La neutralisation des manoeuvres des puissances impérialistes ne peut être obtenue par de nouvelles concessions unilatérales aux multinationales, ni par la conclusion de marchés juteux avec les grandes multinationales françaises, encore moins par les faveurs scandaleuses accordées aux émirs prédateurs du Golfe, comme le port d'Alger et l'argent gracieusement mis à leur disposition par les banques publiques pour réaliser des affaires spéculatives sur le dos du pays.

 

Contrairement à ce que veulent faire croire les défaitistes capitulards, l'alternative à l'offensive impérialiste existe et les forces capables de la porter représentent l'immense majorité de la population.

 

Cette alternative c'est le front pour un véritable Etat démocratique populaire réalisant le progrès social le plus radical et garant de l'indépendance du pays, de la défense de ses richesses pétrolières et de l'unité de son territoire, solidaire des luttes antiimpérialistes dans le monde.

 

Elle sera le fruit de la mise en oeuvre de mesures économiques et sociales qui satisfont les revendications des masses, introduisent la justice sociale, mettent fin à une répartition injuste et scandaleuse du revenu national. Elle est conditionnée par la levée des entraves de toutes sortes à leur mobilisation démocratique nécessaire pour imposer et appliquer de telles mesures.

 

Tout cela passe par des changements radicaux qui donnent le pouvoir à une large alliance entre la classe ouvrière, les salariés, la paysannerie laborieuse, les couches intermédiaires vivant de leur travail manuel ou intellectuel, les cadres patriotes et honnêtes de l'Etat et des secteurs économiques.

 

Le front intérieur ne sera cependant solide et durable dans la lutte contre le danger impérialiste que si les efforts sont intensifiés pour construire dans les luttes économiques, sociales, politiques et idéologiques de tous les jours le parti communiste enraciné au sein de la classe ouvrière, de la paysannerie, de la jeunesse, des intellectuels aspirant au renversement du capitalisme. Un parti qui ne cache pas sa volonté d'accumuler les forces indispensables à la préparation de la contre-offensive de masse pour abattre le capitalisme, matrice économique de l'impérialisme, instaurer une véritable république démocratique populaire ouvrant la voie à une révolution socialiste.

 

Mobilisons-nous pour que tous les enseignements soient tirés de la liquidation du régime d'El Gueddafi par les interventionnistes impérialistes!

Ne nous laissons pas tromper ou intimider par la propagande de l'impérialisme et de ses alliés intérieurs!

Combattons le défaitisme, le fatalisme et l'esprit de résignation!

Démasquons, isolons et neutralisons les forces qui s'allient à l'impérialisme, qu'elles soient dans le pouvoir ou en opposition formelle à lui!

Mettons en échec l'autoritarisme du régime, ses nouveaux projets antidémocratiques qui font le jeu de l'impérialisme!

Unissons-nous dans les luttes sociales et politiques pour une véritable alternative de progrès!

 

 

PADS

28 août 2011

 

 

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 11:39

 

Sept points sur la Libye

 

Domenico Losurdo

 

Désormais même les aveugles peuvent être en mesure de voir et de comprendre ce qui est en train d’arriver en Libye :

  1. C’est une guerre promue et déclanchée par l’OTAN qui est en cours. Cette vérité finit par filtrer sur les organes mêmes d’ « information » bourgeoise.  Sur La Stampa  du 25 août, Lucia Annunziata écrit : c’est une guerre « entièrement "extérieure", c’est-à-dire faite par les forces de l’OTAN » ; c’est « le système occidental, qui a promu la guerre contre Kadhafi ». Une vignette de l’International Herald Tribune du 24 août nous montre des « rebelles » qui exultent, mais ils sont commodément installés sur un avion qui porte l’écusson de l’OTAN.
  2. Il s’agit d’une guerre préparée depuis longtemps. Le Sunday Mirror du 20 mars a révélé que déjà « trois semaines » avant la résolution de l’ONU étaient à l’œuvre en Libye des « centaines » de soldats britanniques, encadrés dans un des corps militaires  les plus sophistiqués et les plus redoutés du monde (SAS). Des révélations ou admissions analogues peuvent être lues sur l’International Herald Tribune du 31 mars, à propos de la présence de « petits groupes de la Cia » et d’une « ample force occidentale en action dans l’ombre », toujours « avant l’éclatement des hostilités le 19 mars ».
  3. Cette guerre n’a rien à voir avec la protection des droits humains. Dans l’article déjà cité, Lucia Annunziata observe avec angoisse : « L’OTAN qui a atteint la victoire n’est pas la même entité qui a lancé la guerre ». Entre temps, l’Occident est gravement affaibli par la crise économique ; réussira-t-il à garder le contrôle d’un continent qui, de plus en plus souvent, perçoit l’appel des « nations non occidentales » et en particulier de la Chine ? Par ailleurs, ce même quotidien qui présente l’article d’Annunziata, La Stampa, ouvre le 26 août sur un titre en pleine page : « Nouvelle Libye, défi Italie-France ». Pour ceux qui n’auraient pas encore compris de quel type de défi il s’agit, l’éditorial de Paolo Paroni (Duel de la dernière affaire) est clair : depuis le début des opérations guerrières, caractérisées par l’activisme frénétique de Sarkozy, « on a immédiatement compris que la guerre contre le Colonel allait se transformer en un conflit d’un autre type : guerre économique, avec un nouvel adversaire, l’Italie évidemment ».
  4. Voulue pour des motifs abjects, la guerre est menée de façon criminelle. Je me limite  seulement à quelques détails repris dans un quotidien au-dessus de tout soupçon. L’International Herald Tribune du 26 août, dans un article de K. Fahim et R. Gladstone, rapporte : « Dans un campement au centre de Tripoli ont été retrouvés les corps criblés de balles de plus de 30 combattants pro-Kadhafi.  Deux au moins étaient ligotés avec des liens en plastique, et ceci laisse penser qu’ils ont subi une exécution. Parmi ces morts, cinq ont été trouvés dans un hôpital de fortune ; l’un était sur une ambulance, étendu sur un brancard et ligoté par une ceinture et portant encore une perfusion intraveineuse dans le bras ».
  5.  Barbare comme toutes les guerres coloniales, la guerre actuelle contre la Libye démontre comment l’impérialisme se fait de plus en plus barbare. Dans le passé, innombrables ont été les tentatives de la Cia d’assassiner Fidel Castro, mais ces tentatives étaient conduites en secret, avec un sentiment si ce n’est de honte du moins de crainte des possibles réactions de l’opinion publique internationale. Aujourd’hui, par contre, assassiner Kadhafi ou d’autres  chefs d’Etat non appréciés à l’Occident est un droit ouvertement proclamé. Le Corriere della Sera du 26 août 2011 titre triomphalement : « Chasse à Kadhafi et à ses fils, maison par maison ». Tandis que j’écris, les Tornado britanniques, se prévalant aussi de la collaboration et des informations fournies par la France, s’emploient à bombarder Syrte et à exterminer l’entière famille de Kadhafi.
  6. Non moins barbare que la guerre a été la campagne de désinformation. Sans le moindre sentiment de pudeur, l’OTAN a martelé systématiquement le mensonge selon lequel ses opérations guerrières ne visaient qu’à la protection des civils ! Et la presse, la « libre » presse occidentale ? Elle a, à un moment, publié avec ostentation la « nouvelle » selon laquelle Kadhafi bourrait ses soldats de viagra de façon à ce qu’ils puissent plus facilement commettre des viols de masse. Cette « nouvelle » tombant rapidement dans le ridicule, voici alors une autre « nouvelle » selon laquelle les soldats libyens tirent sur les enfants. Aucune preuve n’est fournie, on ne trouve aucune référence à des dates et des lieux déterminés, aucun renvoi à telle ou telle source : l’important est de criminaliser l’ennemi à anéantir.
  7.   Mussolini en son temps présenta l’agression fasciste contre l’Ethiopie comme une campagne pour libérer ce pays de la plaie de l’esclavage ; aujourd’hui l’OTAN présente son agression contre la Libye comme une campagne pour la diffusion de la démocratie. En son temps Mussolini n’avait de cesse de tonner contre l’empereur éthiopien Hailé Sélassié comme « Négus des négriers » ; aujourd’hui l’OTAN exprime son mépris pour Kadhafi « le dictateur ». De même que la nature belliciste de l’impérialisme ne change pas, ainsi ses techniques de manipulation révèlent de significatifs éléments de continuité. Pour  clarifier qui exerce réellement aujourd’hui la dictature à niveau planétaire, plutôt que de citer Marx ou Lénine, je veux citer Emmanuel Kant. Dans un texte de 1798 (Le conflit des facultés), il écrit : « Qu’est-ce qu'un monarque absolu ? Celui qui, quand il commande : "la guerre doit être", la guerre suit en effet ». En argumentant de la sorte, Kant prenait pour cible, en particulier, l’Angleterre de son époque, sans se laisser tromper par les formes « libérales » de ce pays. C’est une leçon dont nous devons tirer profit : les « monarques absolus » de notre époque, les tyrans et dictateurs planétaires de notre époque siègent à Washington, à Bruxelles et dans les plus importantes capitales occidentales.

 

Publié vendredi 26 août 2011 sur le blog de l’auteur

http://domenicolosurdo.blogspot.com/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 06:34

 

18 Août 2011

Ce feu vous brûle aussi!

Le premier ministre de l’Etat turc a déclaré le 14 Août “nous ne pouvons plus, ils payeront très cher” et tout de suite après lui, le Président de la République Abdullah Gül a souligné qu’ils accéléreraient les opérations militaires sans attendre la fin de Ramadhan. Ils ont ainsi déclaré la guerre contre le peuple kurde. Erdogan a aussi menacé dans ses paroles les forces politiques, comme le Parti de la Paix et de la Démocratie, qui représentent la volonté du peuple kurde et qui luttent complètement dans le domaine légal.

Au Kurdistan, tandis que les centres-villes, les sous préfectures sont sous un blocus en raison de l’état d’urgence, les opérations militaires et les bombardements poursuivent à la campagne. La guerre psychologique se maintient par le biais de la média publique comme la TRT et l’Agence Anatolienne qui ont diffusé l’information de “Karayilan s’est fait attraper”. Cette information s’est vite révélée fausse. A la suite de cette déclaration de guerre officielle, à Tokat, les étudiants kurdes ont été agressés par les bandes fascistes, et à Manisa le bâtiment où il se trouve le Parti de la Paix et de la Démocratie a été attaqué.

Le soir du 17 Août, l’armée turque a commencé à bombarder par ses 15 avions de guerre les bases de Kandil, Zap, Xınere, Xaxurke, Sideka, Haftanin et Metina, au Kurdistan sous le contrôle de la guérilla PKK. . Certains villages où vivent les civils, et le Centre de la Jeunesse à la Mairie de Kandil ont aussi été touchés.

La lutte de liberté du peuple kurde rencontre ce genre d’attaques depuis des dizaines d’années. L’Etat turc qui n’obtiennent rien par les opérations militaires, croit avoir un résultat en plaçant dans les geôles les députés, les maires et les activistes kurdes qui militent tout-à-fait légalement. Mais malgré le prix si lourd qu’il a payé, le peuple kurde a pu renforcer son organisation et sa lutte.

L’Etat turc insiste sur la guerre!

L’Etat turc joue avec le feu en insistant sur la guerre. Il insiste comme toujours sur la politique de destruction et de négation, sur la guerre sale. Il pilonne le peuple kurde par des tonnes de bombes, exécute les enfants, jette des cris de meurtres. Il répond aux appels de paix du peuple kurde avec des attaques, des bombes. En insistant sur la guerre, il cause la morts de jeunes gens, Il montre encore une fois qu’Il veut du sang et des larmes. Mais, Il doit savoir que ce feu Le brûlera aussi.

La note de cette sale guerre n’est pas seulement payée par les kurdes, elle est payée aussi par les ouvriers et les travailleurs turcs. Les jeunes envoyés à la guerre sont les enfants des ouvriers et des travailleurs turcs. Chaque bombe lancée, chaque balle tirée sont payées par les ouvriers et les travailleurs. Finir la guerre et cesser l’effusion de sang ne sont qu’aux mains des peuples turc et kurde. Pour cela, le peuple turc doit tenir la main du peuple kurde qu’il lui tend.

Nous, AvEG-Kon, protestons la guerre de négation et de destruction menée par l’Etat turc contre le peuple kurde et crions encore une fois que le peuple kurde n’est pas seul.

AvEG-Kon appelle toutes les forces révolutionnaires, progressistes et démocratiques à protester le pilonnage du Kurdistan du Sud par l’armée turque et les agressions racistes, fascistes qui se développent comme celles à Tokat et à Manisa.

AvEG-Kon

Confédération Européenne des Immigrées Opprimés

 

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AvEG-Kon

Avrupa Ezilen Göçmenler Konfederasyonu
Konfederasyona Koçberên Bindest ên Ewropayê
European Confederation of Oppressed Immigrants
Konföderation der Unterdrückten Migranten Europa
Confédération des Opprimés Immigrés en Europe
Confederatie van onderdrukte migranten Europa

Adres: Fimhaber Str. 1, 70174 Stuttgart-Deutschland
Tel: +49(0)711 284 27 26
Fax: +49(0)711 284 54 70
E mail: aveg-kon@hotmail.com
Web site: http://www.aveg.org
Site e mail: info@aveg.org

 

 

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 11:42

 

 

Il faut en finir avec la dictature des marchés financiers

 

lundi, 8 août 2011

Les marchés financiers sont de nouveau secoués. Cette fois-ci la cause en est la dégradation de la note par l’agence de notation Standard & Poor’s des obligations émises par l’Etat américain.

 

Après les mêmes pratiques récentes sur des Etats européens, une agence de notation se permet de risquer de fortes secousses avec des conséquences qui peuvent être lourdes sur l’économie réelle, la croissance, l’emploi, les salaires …

 

Une fois de plus, des officines privées se permettent de juger et de tenter de changer, par pressions des marchés financiers, la politique économique de pays (dont aujourd’hui celle des

Etats-Unis, première économie mondiale) vers toujours plus d’austérité. Elles s’arrogent un rôle qui doit être celui des Etats sous contrôle démocratique de leurs citoyens. Pour le moment tétanisés par leur incapacité à réguler la finance, les Etats s’y soumettent, au lieu de s’appuyer sur les exigences des peuples.

 

Ce nouvel épisode met en évidence le bien-fondé d’une exigence forte qui prend partout dans le monde : il faut mettre fin à la dictature des marchés financiers pour dynamiser l’économie, créer des emplois stables, augmenter les salaires et soutenir l’investissement productif.

 

Valérie Pécresse, ministre du Budget, annonce : « La France sera au rendez-vous de la réduction de son déficit cette année et l’année prochaine ».

 

De tels propos, visant à donner des gages aux marchés financiers, témoignent du fait que nos responsables politiques ne veulent pas admettre que les politiques de sauvetage des marchés financiers, mises en place depuis trois ans, sont contre-productives et en opposition à l’intérêt général.

 

Les programmes d’austérité exigés par les marchés financiers conduisent à la hausse du chômage et de la précarité, pèsent sur les salaires, les pensions et les minima sociaux, donc sur le pouvoir d’achat, et affaiblissent le potentiel de croissance économique.

 

On ne peut pas sortir de cette crise en donnant encore et toujours plus de gages aux marchés financiers : les « plans de sauvetage » se multiplient et à chaque fois la somme d’argent nécessaire pour sauver les financiers augmente. Cet argent aurait pu, et doit, être mobilisé au service de l’emploi et de l’investissement productif.

 

Pour sortir de cette crise, il faut remonter à la source : il faut revaloriser le travail.

 

Il faut créer des emplois qualifiés et stables, augmenter les salaires, dynamiser l’investissement productif.

 

Il faut mettre fin aux programmes d’austérité. Au lieu de réduire les moyens des services publics et geler les traitements dans la fonction publique, ce que fait le gouvernement, il faut augmenter les dépenses utiles comme celles de l’éducation, de la santé et des infrastructures.

 

Il faut en revanche supprimer les niches fiscales et sociales inutiles, augmenter l’impôt sur les hauts revenus et taxer les transactions financières.

 

Il faut, enfin, stopper les capacités de manœuvre et de nuisances de la sphère financière et spéculative au profit d’une capacité de décisions de l’économie réelle sous contrôle démocratique.

 

La CGT porte ces exigences et appelle à porter d’autres choix pour une autre répartition des richesses par la mobilisation des salariés, retraités et privés d’emploi notamment par une journée d’action interprofessionnelle à la rentrée.

 

 

La CGT ,Montreuil, le 8 août 2011

 

( Communiqué de presse)

 

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 09:42

 

Hommage à Jean – Claude Ponsin

 

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès de notre camarade Jean-Claude Ponsin, survenu ce week-end à l’âge de 81 ans. Les obsèques de Jean-Claude Ponsin, qui a demandé à être incinéré, auront lieu jeudi 4 août, au cimetière du Père-Lachaise à Paris (rendez-vous à 15 heures, au crématorium).


Originaire du département du Gers, Jean-Claude était né dans une famille de militants communistes, internationalistes. Alors qu’il était encore un enfant, sous l’Occupation, sa mère avait par exemple, fait le choix de l’envoyer à l’école avec l’étoile jaune cousue sur son tricot, pour manifester sa solidarité avec les juifs persécutés.

Brillant élève, Jean-Claude Ponsin intégra la prestigieuse école Polytechnique, où il ne faisait pas bon, au tournant des années 1940, de s’afficher comme communiste, et il entama ensuite une carrière d’ingénieur : c’est en travaillant en Israël, où il s’était porté volontaire dans les années 1950, qu’il découvrit, derrière le mythe de la « construction du socialisme dans les kibboutz », la réalité de l’injustice faite au peuple palestinien.

Découverte qui déterminera tout son engagement, jusqu’aux derniers jours de sa vie, en faveur de la reconnaissance des droits du peuple palestinien, et en soutien à sa résistance.

Mettant son expertise d’ingénieur au profit d’autres peuples en lutte contre l’impérialisme –notamment à Cuba, où il travaillera trois années dans la décennie 1960 – Jean-Claude Ponsin changea ensuite d’orientation professionnelle, et poursuivit, avec succès, des études médicales, qui le virent exercer au service des plus vulnérables, dans le populaire 18ème arrondissement de Paris.

Et c’est en qualité de médecin qu’on le retrouvera en 1982, à Beyrouth, pendant le terrible siège de l’armée israélienne. CAPJPO-EuroPalestine avait eu l’honneur de compter Jean-Claude Ponsin parmi ses membres fondateurs. Lorsque notre association fut créée, début 2002, nous avons ainsi pu bénéficier, d’emblée, de l’expérience accumulée par ce militant admirable.

Jean-Claude a consacré les dernières années de son engagement en faveur de la Palestine à la mise sur pied, avec son complice du camp de réfugiés palestiniens d’Aïda (Bethléem) Abdelfattah Abou Srour, de la compagnie de théâtre Al-Rowwad, dont la dernière tournée en France vient d’ailleurs de s’achever.

Jean-Claude avait réussi ces dernières années, grâce à sa volonté inébranlable, à triompher d’un méchant cancer. Les circonstances de sa mort, suite à une intoxication par des champignons vénéneux, ne rendent sa disparition que plus douloureuse encore.

A son épouse Sylvie, à ses enfants et petits-enfants, à ses amis de l’association des amis du théâtre Al-Rowwad qu’il avait fondée, CAPJPO-EuroPalestine présente ses condoléances émues.



CAPJPO-EuroPalestine

 

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 11:56

Gerin, Dang Tran et les idées du Front National

 

dimanche 17 juillet 2011

 

 

 

La direction du PCF s’est enfin publiquement dissociée des prises de position d’André Gerin sur l’immigration. Mieux vaut tard que jamais. Par son nationalisme, par sa campagne sur le thème de la burqa (menée aux côtés du député UMP Eric Raoult), par ses communiqués visant ceux qu’il appelle « les talibans » des quartiers populaires, par sa proposition d’expulser du territoire les délinquants « étrangers » et toute leur famille [1], par son opposition à une régularisation massive des travailleurs sans-papiers, le député de Vénissieux n’a cessé de stigmatiser les « étrangers » et la communauté musulmane. Ses nombreuses déclarations sur ces questions vont dans le sens de la propagande du Front National et d’autres mouvements racistes – qui n’ont pas manqué d’approuver et reprendre ses propos. Le 23 juin dernier, par exemple, le Front National de la Jeunesse publiait un article intitulé : Monsieur Gerin, on vous attend dans nos rangs.

 

L’association du PCF aux idées de l’extrême droite, par la voix d’un de ses députés, est totalement inacceptable. La direction du parti aurait dû réagir depuis longtemps. Car le problème ne date pas d’hier. Rappelons que dans son livre, Les Ghettos de la République, publié en 2006 et préfacé par Eric Raoult, André Gerin approuvait les propos de Jacques Chirac sur le prétendu parasitisme des familles d’origine étrangère. Il approuvait notamment la tristement célèbre formule sur « le bruit et l’odeur ».

 

Le calcul de Gerin est le même que celui de Chirac à l’époque. Convaincu que cette propagande « fait recette » sur le plan électoral, Gerin reprend à son compte des éléments du programme et de l’idéologie du Front National. Le député de Vénissieux assortit ces idées réactionnaires de critiques « de gauche » à l’encontre de la direction du PCF. Certes, la direction du parti est critiquable sur bien des points. Mais quand la critique se base sur des idées empreintes de nationalisme et de racisme, elle n’apporte rien de positif au parti.

 

Malheureusement, Gerin n’est pas le seul opposant à la direction du PCF qui reprenne à son compte certains aspects du programme du Front National. Emmanuel Dang Tran, le secrétaire de la section de Paris 15e, est dans le même cas. Au 34e Congrès du parti, en 2008, Gerin et Dang Tran ont présenté ensemble un texte alternatif. Et le 14 juin dernier, devant les caméras de France 3, Dang Tran affirmait que les militants du Front National « distribuent des tracts qui, à 80 % ou 85 %, défendent la position qu’on devrait défendre. »(ici). Quand un représentant du parti tient de tels propos à la télévision, il ne faut pas s’étonner si des travailleurs en déduisent que les communistes n’ont pas d’arguments sérieux à opposer au programme du Front National.

 

Parmi les positions du FN que le PCF devrait défendre, selon Dang Tran, il y a celle sur l’Union Européenne. En effet, sur cette question, Dang Tran (comme Gerin) reprend pratiquement mot pour mot la position du Front National, qui prône la « sortie de l’Union Européenne » – sur la base du capitalisme – et le retour au franc français.

 

Voici comment Dang Tran pose le problème de la monnaie, dans un texte publié le 28 mai dernier et intitulé Des dirigeants du PCF à la rescousse de l’euro ?  : « … les chroniqueurs Francis Wurtz et Jean-Christophe le Duigou dénoncent fermement toute revendication de "sortie de l’euro". En décembre dernier déjà, Pierre Laurent se prononçait pour une réorientation de la BCE mais s’exclamait à propos de l’euro : "ne bazardons pas l’instrument !". Il y a de quoi être étonné. Le PCF est l’organisation qui a le plus précisément depuis l’origine dénoncé et combattu l’Europe supranationale du capital. De l’Acte unique en 1986 au Traité d’Amsterdam en 1998, en passant bien sûr la grande campagne de 1992 contre Maastricht, nous avons avec force argumentation expliqué les dangers de la monnaie unique, l’arme supplémentaire qu’elle allait représenter pour les capitalistes européens contre les peuples.

 

Tout ce que nous avions annoncé et dénoncé se réalise. L’euro sert à aggraver la mise en concurrence des travailleurs des différents pays à la fois de la zone euro elle-même et de la périphérie. Il contribue à exacerber la xénophobie un peu partout en Europe. La monnaie unique encourage les délocalisations, favorise les secteurs capitalistes les plus puissants, compromet le développement des activités productives les plus faibles, pays par pays. L’euro, comme le démontre le "Pacte pour l’euro", est un instrument redoutable pour tirer les salaires, les acquis sociaux vers le bas, dans tous les pays, y compris l’Allemagne.

 

Le rapport de force que nous avons contribué à construire de façon déterminante contre l’UE du capital se retrouve, renforcé, contre l’euro aujourd’hui. Les 55% de NON au projet de "constitution" européenne, un vote de classe, ne se sont pas évaporés. Le lien entre la monnaie unique et la "vie chère", principalement l’insuffisance des salaires et des pensions par rapport à l’envolée de toutes les dépenses de base, est largement établi, même si c’est parfois de façon simpliste en apparence. L’euro comme instrument pour affamer les peuples au profit de la finance internationale est bien identifiable dans les crises grecque, portugaise ou irlandaise. Dans ces conditions, comment pouvons-nous, communistes, laisser la revendication de la sortie de l’euro au FN ? »

 

Des gens confus ne peuvent produire que de la confusion. La citation ci-dessus en est une parfaite illustration. Il part d’une idée juste pour arriver à une idée complètement fausse. Il est exact que tous les traités ayant contribué à construire l’Union Européenne étaient dans l’intérêt exclusif des capitalistes. Dans la période qui a précédé l’introduction de la monnaie unique, les partis et les médias capitalistes, avec le concours de la direction du PS, ont mené une puissante campagne de propagande pour faire croire aux travailleurs que le traité de Maastricht et la monnaie européenne allaient jeter les bases d’une période de stabilité et de croissance économique, dans une Europe « sociale » et harmonieuse. Mais en réalité, l’euro visait à protéger les intérêts des capitalistes – et surtout des plus puissants d’entre eux – en éliminant notamment les risques inhérents aux fluctuations monétaires sur le marché européen. Pour les travailleurs de France et de tous les autres pays concernés, la monnaie unique ne pouvait rien apporter de bon. Un simple changement monétaire de ce genre ne pouvait en aucun cas éradiquer, ni même atténuer les contradictions fondamentales du système capitaliste, contradictions qui généraient à l’époque – et génèrent encore – la surproduction, les récessions, le chômage de masse et la régression sociale. La propagande visant à faire croire le contraire était fausse et mensongère. Il fallait donc s’opposer au traité de Maastricht et à l’introduction de l’euro. Cependant, contrairement à ce qu’affirme Dang Tran (ou le Front National), et pour précisément les mêmes raisons, le rétablissement du franc français ne produirait aucune amélioration des conditions de vie des travailleurs. En acceptant cet aspect du programme du FN, Dang Tran commet la même erreur, dans le sens inverse, que ceux qui acceptaient la propagande destinée à promouvoir l’euro, à l’époque.

 

« Je réfute tout de suite, écrit Dang Tran, l’argument consistant à dire qu’aucune de nos propositions ne peut être assimilée au FN. Si nous avions raisonné comme cela, nous n’aurions pas combattu Maastricht ou le TCE. » Cet argument rate sa cible. Il serait bien évidemment idiot d’affirmer que le PCF ne doit en aucun cas avancer une revendication qui se trouverait dans l’arsenal d’un autre parti, fût-ce le Front National. Mais lorsque la revendication en question est un piège, lorsqu’elle est destinée à empoisonner la conscience des travailleurs en y injectant des idées fausses, comme c’est le cas pour la « sortie de l’euro », elle n’a pas sa place dans le programme du PCF. En outre, le taux de compatibilité entre les idées du communisme et celles du Front National n’est pas de 80 ou 85 %, mais de 0 %. Par exemple, il est vrai que le PCF et le FN faisaient tous deux campagne pour le « non » au Traité constitutionnel européen (TCE), en 2005. Mais derrière une même consigne de vote, il y avait deux positions politiques irréconciliables. Les militants communistes s’opposaient au caractère pro-capitaliste et réactionnaire du TCE, sans renoncer à leur internationalisme. Le Front National, lui, s’opposait au TCE sur la base d’une démagogie nationaliste, réactionnaire et pro-capitaliste. Les objectifs des communistes sont diamétralement opposés à ceux du FN – et non seulement sur la question européenne, mais sur toutes les questions. Lorsque Marine Le Pen affirme, par exemple, qu’elle est favorable à la retraite à 60 ans, il faut dénoncer le caractère purement démagogique et électoraliste d’une telle déclaration, dont le but est de tromper les électeurs et de masquer le vrai programme – archi-réactionnaire et pro-capitaliste – du Front National.

 

« Bien évidemment, poursuit le secrétaire du PCF Paris 15e, la fin de l’euro, le retour au franc ne signifient pas l’avènement du socialisme en France. J’en suis le premier conscient. Le pouvoir resterait dans les mains du capitalisme français. En Grande-Bretagne, la même politique d’austérité peut être menée par les socio-démocrates ou les conservateurs sans besoin de l’euro. » Là encore, Dang Tran passe à côté du problème. Certes, on ne saurait rejeter une revendication parce que sa réalisation laisserait intact le pouvoir des capitalistes. Par exemple, une augmentation des salaires ou la construction de logements sociaux ne met pas fin au système capitaliste, mais constitue une amélioration tangible des conditions de vie des travailleurs concernés. Cependant, nous chercherions en vain, dans tous les écrits de Dang Tran – ou de Gerin, ou du Front National – le moindre argument sérieux indiquant comment le rétablissement des monnaies nationales constituerait une avancée pour la classe ouvrière française et européenne. Par exemple, Dang Tran affirme que l’euro « favorise les délocalisations ». Mais il ne dit pas comment l’abandon de l’euro servirait à les décourager. De même, il affirme que l’euro est responsable d’une exacerbation de la « xénophobie ». Cela nous semble très difficile à démontrer, mais admettons que ce soit vrai. Peut-on en déduire que ce phénomène reculerait avec le retour du franc français ? Absolument pas. Toute l’argumentation de Dang Tran repose sur cette « méthode » fallacieuse : l’euro « facilite » la politique réactionnaire des capitalistes – et donc, par inférence, le retour du franc français serait une mesure « anti-capitaliste » !

 

Le Front National affirme qu’un retour du franc permettrait de mieux défendre les « productions nationales ». Cette idée n’a aucun fondement. Ce n’est qu’un leurre, comme tout le reste du programme du Front National. L’économie « nationale » est inextricablement liée à l’économie mondiale, et en particulier à l’économie européenne. Elle l’était déjà avant l’euro, elle l’est depuis l’introduction de l’euro et le serait même si la France abandonnait l’euro au profit du franc. Au fond, la régression sociale n’est pas le produit d’un système monétaire. Elle est la conséquence du fait que la bourgeoisie – en France comme partout en Europe – est désormais une classe totalement parasitaire, qui s’efforce par tous les moyens d’augmenter ses profits par la destruction de toutes les conquêtes les sociales du passé. Le capitalisme signifie la régression sociale permanente, quels que soient les dispositifs monétaires en vigueur.

 

En quoi le rétablissement du franc permettrait-il d’inverser la régression sociale ? Selon le FN, une monnaie nationale ouvrirait la possibilité de « dévaluations compétitives », afin de rendre les importations plus chères et donc moins compétitives, tout en donnant un avantage aux exportations françaises sur les marchés étrangers. Mais cette politique protectionniste est une impasse. Elle entraînerait une augmentation des prix sur le marché intérieur, ainsi qu’une augmentation massive de la dette publique (qui est en euros). Elle provoquerait inéluctablement des mesures de rétorsion de la part d’autres pays, et notamment de l’Allemagne, des Etats-Unis et la Chine. De manière générale, les mesures et contre-mesures protectionnistes mèneraient à une contraction du volume des échanges internationaux. Une politique protectionniste ne permettrait pas de défendre les emplois et les « productions nationales ». Au contraire, elle se traduirait par leur destruction à une échelle encore plus massive qu’à présent.

 

Clairement, le retour au franc ne résoudrait aucun problème des travailleurs. Il n’y a donc aucune raison de suivre Dang Tran et Gerin quand ils exigent que le PCF adopte ce volet du programme du Front National. Ces idées mèneraient le PCF dans une impasse. Oui, il faut « sortir » de l’Europe capitaliste. Mais un retour au franc français n’aboutirait pas à cela, ni à rien d’autre de positif du point de vue des travailleurs. La seule façon d’en finir vraiment avec l’Europe capitaliste, c’est de mobiliser les travailleurs de France et des autres pays européens autour d’un programme communiste et internationaliste.

 

La crise sociale et économique engendrée par le capitalisme est bien trop grave pour être combattue par un programme qui se limite à des mesures réformistes superficielles. Il est nécessaire de réarmer le PCF avec un programme authentiquement communiste. C’est la seule façon de lutter efficacement contre le poison du racisme et du nationalisme. Les travailleurs qui sont tentés de voter pour le Front National ne sont pas atteints de « xénophobie ». Ce terme n’est pas approprié, car cela donne l’impression que les travailleurs en question sont animés par une crainte irrationnelle des étrangers. Or, ils sont au contraire confrontés à des problèmes très concrets auxquels ils cherchent une solution. S’ils s’inquiètent de l’immigration, s’ils se laissent convaincre qu’il y a trop d’étrangers en France, c’est une expression de ce que les Communards de 1871 appelaient « la concurrence ruineuse entre les travailleurs ». Les travailleurs sont au chômage ou craignent de l’être ; ils voient comment les employeurs profitent de l’immigration pour réduire les salaires ; ils constatent la pénurie de logements, de places dans les crèches, de lits dans les hôpitaux, etc. Lénine disait que la question nationale était, au fond, « une question de pain ». Ne voyant aucun moyen d’inverser la dégradation constante de leurs conditions de vie, ne voyant pas d’alternative aux dures réalités du capitalisme, des travailleurs se disent que quand il n’y a pas assez pour tout le monde, quelqu’un mangera et quelqu’un ne mangera pas. Avec sa politique de « préférence nationale », le Front National exploite les craintes des travailleurs pour leur propre avenir et celui de leurs enfants. Il les dresse les uns contre les autres pour ne pas qu’ils voient les véritables causes de l’exploitation et de la régression sociale qui les frappent tous, indépendamment de leur nationalité ou de leur religion. Les « étrangers » sont les boucs émissaires du système capitaliste.

 

L’immense majorité des communistes rejettent sans appel les idées véhiculées par Gerin à propos des « étrangers », qui vont à l’encontre de nos traditions internationalistes. Notre but n’est pas de diviser les travailleurs, mais de les unir tous autour d’un programme qui associe la lutte pour la défense de leurs intérêts matériels – salaires, retraites, santé, éducation, logement, etc. – à des mesures qui s’attaquent à la source même du pouvoir des capitalistes, à savoir la propriété privée des banques et des grands moyens de production. Et notre but n’est pas de séparer la France capitaliste de l’Union Européenne, mais d’en finir avec le capitalisme, en France et à travers le continent.

 

Greg Oxley et Jérôme Métellus (PCF Paris)

 

[1] Dans son livre : Les Ghettos de la République

 

©2002-2010 Journal communiste :

 

 

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 10:43

18 août 2011: 61 anniversaire de l’assassinat à SERAING de Julien LAHAUT, président du Parti communiste de Belgique; assassinat commandité par la Réaction et les léopoldistes...

Pourquoi y a-t-il une rue Julien LAHAUT à COURCELLES

61 ans de l’assassinat de Lahaut ::

« Même les bonnes sœurs l’adoraient »

 

Le 18 août prochain, cela fera 61 ans que Julien Lahaut a été assassiné. Le Parti communiste de Liège organisera une commémoration, en collaboration avec le PTB. Marcel Bergen, Président du PC de Liège, nous parle de ce militant communiste.

 

Jonathan Lefèvre

Julien Lahaut a été assassiné sur le seuil de sa maison par deux tueurs en août 1950. Il avait 65 ans. Ce syndicaliste, militant antifasciste et communiste inspire encore la gauche belge et internationale, 61 ans après sa mort. Retour sur ce personnage hors norme.

Quand vous parlez de Julien Lahaut aux jeunes, comment le présentez-vous ?

Marcel Bergen. Comme un des plus grands tribuns que notre pays ait connu, et à l’écoute, surtout, de toute la classe ouvrière. Ce que les travailleurs lui disaient, il le répercutait partout, que ce soit à la Chambre ou au Conseil communal et provincial, puisqu’il a siégé dans ces trois institutions.

Il a été de tous les combats, et c’était une personnalité qui était suivie. Il a participé à toutes les grandes grèves. Il avait l’art de convaincre. Il faisait réellement de la politique au bénéfice des « petites gens ». Il employait souvent l’expression wallonne « c’est todi les p’tits qu’on sprâtche », c’est toujours les petits qu’on écrase. « Et les grands, on n’y touche nin », on n'y touche pas.

Il n’avait peur de rien. D’ailleurs, il n’a pu voter pour la première fois qu'en 1950, à l’occasion du référendum sur la Question royale. Il n’avait jamais pu voter avant, vu ses condamnations à plusieurs années de prison. Malgré cela, il a été élu député, conseiller communal et provincial, mais voter, il ne l’a fait qu’une fois, l’année de sa mort.

C’était un internationaliste. S’il vivait toujours, il serait malheureux de voir que l’internationalisme ne joue plus son rôle comme il devrait le jouer et il ne basculerait pas dans le nationalisme flamand ou wallon. Au contraire, il se battrait contre les divisions communautaires. C’était l’homme qui voulait unir à tout prix la classe ouvrière, en Belgique et ailleurs.

Le jour de ses funérailles, il y a eu entre 100 000 et 300 000 personnes. Comment expliquer cet engouement populaire, les jours qui ont suivi son assassinat ?

Marcel Bergen. Parce que c’était un homme très humain et qui savait galvaniser les foules. Il se présentait quelque part où toute la salle était contre lui et il arrivait à retourner toute la salle en sa faveur. Parce qu’il parlait comme les gens simples, comme les travailleurs. Il était à l’écoute de toutes les revendications quotidiennes des gens. Il vivait vraiment avec eux, c’était un des rares hommes politiques à être à l’écoute et à vivre avec les gens simples.

Pour les chiffres, c’est difficile à dire, mais moi qui n’étais encore un adolescent, je n’avais que 15 ans à l’époque, je m’en rappelle très bien. J’habitais Seraing et je me souviens de l’émotion. J’étais gamin, je ne comprenais pas tout, mais je voyais les gens qui pleuraient. Mon père, qui était mineur, pleurait. Il y avait des masses de gens. Les travailleurs étaient très émus. D’ailleurs, la FGTB avait décrété une journée de grève.

C’est quelqu’un qui est encore très présent dans les mémoires collectives, communistes ou non. Pourquoi était-il respecté aussi par ses adversaires ?

Marcel Bergen. Parce qu’il touchait le peuple. A Seraing, même les bonnes sœurs catholiques l’adoraient. Alors qu’il était athée. Mais il était humain.

La preuve : il y avait même ses adversaires politiques à son enterrement. Ils sont venus se recueillir, qu’ils soient présidents de partis, ministres, etc. C’était l’ennemi de classe pour eux mais, en tant qu’homme, il était respecté par tous. Parce que c’était un homme droit, juste. C’est lui qui s’est opposé à la venue de Degrelle. Ce dernier devait venir faire un meeting dans la région liégeoise. Lahaut avait organisé une contre-manifestation tellement massive que Degrelle a dû fuir. C’est aussi lui qui a brandi le drapeau nazi à la Chambre en le déchirant. Ce drapeau avait été arraché au consulat allemand de Liège par une militante communiste de Seraing qui l’avait remis à Lahaut. Ce sont des choses que l’on devrait rappeler.

La recherche historique sur l’assassinat vient officiellement d’être lancée. Qu’en attendez-vous ?

Marcel Bergen. Le plus possible. J’espère que ces chercheurs sont sérieux et qu’ils vont aller au bout des choses. Pour Lumumba, on aurait pu être pessimiste aussi, mais ça a débouché sur des résultats.

Mais ce fut difficile de faire rouvrir l’enquête. Sabine Laruelle, ministre libérale fédérale de la Recherche, avait refusé il y a trois ans d’octroyer un subside. Ce qui a fait que la socialiste Véronique De Keyser a lancé la souscription publique afin de récolter l’argent pour que les recherches reprennent. Grâce à l’argent récolté par cette souscription et, surtout, les 150 000 euros donnés par Jean-Marc Nollet, le ministre Ecolo de la Recherche scientifique de la Communauté française, la première phase de cette étude a été lancée. Il faut donc être optimiste.

Mais il faudra encore pas mal de pression, il ne faut pas que nous baissions les bras. C’est pour cela que nous nous réunissons chaque année au monument de Julien Lahaut. Tous les dix ans, nous faisons quelque chose d’assez grandiose, et chaque année, le 18 août, nous organisons une conférence de presse, des discours devant le monument, etc. Cette année, Raoul Hedebouw prendra la parole au nom du PTB, ainsi qu'un militant du Parti communiste et un métallo. Véronique De Keyser viendra, si elle n’est pas à l’étranger. Nous allons aussi inviter Jean-Marc Nollet ,pour le remercier.

La nouveauté de la commémoration, cette année, c’est que le PTB est co-organisateur. Pourquoi cette collaboration ?

Marcel Bergen. Nous estimons que, politiquement, nous sommes très proches. Il y a très peu de choses qui nous divisent. Aujourd’hui, et en particulier sur la politique nationale, le PTB est le parti avec qui, ici à Liège en tous cas, nous voulons faire un bout de chemin. Nous organisons déjà ensemble le 1er mai à Liège. C’est une tradition : c’est la seule ville de Belgique où on manifeste ce jour-là. L’année dernière, le PTB souhaitait se joindre à nous, alors nous l’avons invité. Nous avons fait une conférence de presse ensemble. Cette année-ci aussi. Nous sommes très satisfaits de cette collaboration. On travaille ensemble sereinement et en confiance. Nous espérons, ici à Liège, que ces collaborations vont se multiplier.

Regardez par exemple ce qui se passe en Grèce, au Portugal, en Espagne, etc. : nous y passerons aussi. S’il n’y a pas de réaction. C’est pour cela qu’il faut absolument que la solidarité revienne à la mode. Le pouvoir a pour l’instant réussi à diviser le monde du travail, à rendre les gens individualistes. Il n’y a plus cette solidarité que j’ai connue, dans les années 60, 70. Il faut la retrouver. Comme Lahaut, j’estime que le mot d’ordre est d’appeler à la solidarité entre les travailleurs, de Belgique et de partout ailleurs.

 

Venez à la commémoration de Julien Lahaut, le 18 août prochain à Liège. Co-organisé par le Parti communiste de Liège et le PTB, l’événement réunira syndicalistes, militants communistes, etc. Plus d’infos à venir sur www.solidaire.org

 

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 07:14

Il y a 70 ans

- Invasion nazie de l'URSS –

Discours radiodiffusé de Staline, le 3 juillet 1941

Fin septembre 1938 : sachant que la machine de guerre allemande était prête à attaquer des territoires pour en piller les ressources, les gouvernements anglais et français signèrent l'Accord s'attendant à ce qu'Hitler envahisse l'URSS pour son blé et ses richesses naturelles. Le premier ministre anglais Chamberlain, le président du Conseil français Daladier, le dictateur fasciste allemand Hitler et le dirigeant fasciste italien Mussolini signèrent l'Accord de Munich, dans la ville-même où fut fondé le parti national-socialiste. L'Accord fut une grande imposture dans l'histoire de l'humanité; sous couvert de «paix» et de «détente», l'Accord autorisait l'expansion et l'agression du fascisme allemand; sous prétexte de «règlement raisonnable des conflits», il signifiait l'abandon des petits États. L'Accord fut la manifestation concrète de la politique d'apaisement : l'Angleterre et la France, pour apaiser les impérialismes allemand et italien, cédaient de plus en plus face à leurs agressions dans le monde. Depuis longtemps déjà Staline se préparait à une invasion de l'URSS par l'un ou l'autre des deux blocs impérialistes : le bloc anglo-français ou le bloc germano-italien. Peu après la signature de l'Accord de Munich, Staline, sachant que les forces militaires de l'URSS étaient insuffisantes, signa avec Hitler le Pacte de non-agression germano-soviétique, et continua à préparer l'URSS à une attaque d'un des 2 blocs.

Hitler, poussé par la nécessité urgente de l'Allemagne d'envahir et de piller d'autres pays, envahi plusieurs pays. L'Angleterre, se sentant menacée, déclara la guerre à l'Allemagne. La 2ème guerre mondiale avait commencé.

Hitler, trop sûr de ses victoires foudroyantes en Europe et de la faiblesse de l'URSS, rompit le Pacte de non-agression germano-soviétique le 22 juin 1941 et lança une des plus grandes offensives militaires de l'histoire contre l'URSS. Le 3 juillet, Staline fit le discours radiodiffusé reproduit ci-dessous. Sous la direction de Staline, les peuples soviétiques allait battre à plate couture l'Allemagne nazie. (Le texte et la photo de Staline sont tirés du journal du PCCML)

Discours radiodiffusé de Staline
- 3 juillet 1941, Moscou -

Camarades ! Citoyens !
Frères et Soeurs !
Combattants de notre armée et de notre flotte !
Je m'adresse à vous, mes amis !

 



 

La perfide agression militaire de l'Allemagne hitlérienne, commencée le 22 juin, se poursuit contre notre Patrie. Malgré la résistance héroïque de l'Armée rouge, et bien que les meilleures divisions de l'ennemi et les unités les meilleures de son aviation aient trouvé la mort sur les champs de bataille, l'ennemi continue à se ruer en avant, jetant sur le front des forces nouvelles. Les troupes hitlériennes ont pu s'emparer de la Lituanie, d'une grande partie de la Lettonie, de la partie ouest de la Biélorussie, d'une partie de l'Ukraine occidentale. L'aviation fasciste étend l'action de ses bombardiers, en soumettant au bombardement Mourmansk, Orcha, Moguilev, Smolensk, Kiev, Odessa, Sebastopol. Un grave danger pèse sur notre Patrie.


Comment a-t-il pu se faire que notre glorieuse Armée rouge ait abandonné aux troupes fascistes une série de nos villes et régions ? Les troupes fascistes allemandes sont-elles vraiment invincibles comme le proclament sans cesse à cor et à cri les propagandistes fascistes fanfarons ?


Non, bien sûr. L'histoire montre qu'il n'a jamais existé et qu'il n'existe pas d'armées invincibles. On estimait que l'armée de Napoléon était invincible. Mais elle a été battue successivement par les troupes russes, anglaises, allemandes. L'armée allemande de Guillaume, au cours de la première guerre impérialiste, était également considérée comme une armée invincible ; mais elle s'est vu infliger mainte défaite par les troupes russes et anglo-françaises, et elle a été finalement battue par les troupes anglo- françaises. Il faut en dire autant de l'actuelle armée allemande fasciste de Hitler. Elle n'avait pas encore rencontré de sérieuse résistance sur le continent européen. C'est seulement sur notre territoire qu'elle a rencontré une résistance sérieuse. Et si à la suite de cette résistance les meilleures divisions de l'armée fasciste allemande ont été battues par notre Armée rouge, c'est que l'armée fasciste hitlérienne peut également être battue et le sera comme le furent les armées de Napoléon et de Guillaume.


Qu'une partie de notre territoire se soit néanmoins trouvée envahie par les troupes fascistes allemandes, cela s'explique surtout par le fait que la guerre de l'Allemagne fasciste contre l'URSS a été déclenchée dans des conditions avantageuses pour les troupes allemandes et désavantageuses pour les troupes soviétiques. En effet, les troupes de l'Allemagne, comme pays menant la guerre, avaient été entièrement mobilisées. Cent soixante-dix divisions lancées par l'Allemagne contre l'URSS et amenées aux frontières de ce pays se tenaient entièrement prêtes, n'attendant que le signal pour se mettre en marche. Tandis que, pour les troupes soviétiques, il fallait encore les mobiliser et les amener aux frontières. Chose très importante encore, c'est que l'Allemagne fasciste a violé perfidement et inopinément le pacte de non-agression conclu, en 1939, entre elle et l'URSS sans vouloir tenir compte qu'elle serait regardée par le monde entier comme l'agresseur. On conçoit que notre pays pacifique, qui ne voulait pas assumer l'initiative de la violation du pacte, ne pouvait s'engager sur ce chemin de la félonie.


On peut nous demander : comment a-t-il pu se faire que le Gouvernement soviétique ait accepté de conclure un pacte de non-agression avec des félons de cette espèce et des monstres tels que Hitler en Ribbentrop ? Le Gouvernement soviétique n'a-t-il pas en l'occurrence commis une erreur ? Non, bien sûr. Le pacte de non-agression est un pacte de paix entre deux États. Et c'est un pacte de ce genre que l'Allemagne nous avait proposé en 1939. Le Gouvernement soviétique pouvait-il repousser cette proposition ? Je pense qu'aucun État pacifique ne peut refuser un accord de paix avec une puissance voisine, même si à la tête de cette dernière se trouvent des monstres et des cannibales comme Hitler et Ribbentrop. Cela, bien entendu, à une condition expresse : que l'accord de paix ne porte atteinte, ni directement ni indirectement, à l'intégrité territoriale, à l'indépendance et à l'honneur de l'État pacifique. On sait que le pacte de non-agression entre l'Allemagne et l'URSS était justement un pacte de ce genre.


Qu'avons-nous gagné en concluant avec l'Allemagne un pacte de non-agression ? Nous avons assuré à notre pays la paix pendant un an et demi et la possibilité de préparer nos forces à la riposte au cas où l'Allemagne fasciste se serait hasardée à attaquer notre pays en dépit du pacte. C'est là un gain certain pour nous et une perte pour l'Allemagne fasciste.


Qu'est-ce que l'Allemagne fasciste a gagné et qu'est-ce qu'elle a perdu, en rompant perfidement le pacte et en attaquant l'URSS ? Elle a obtenu ainsi un certain avantage pour ses troupes pendant un court laps de temps, mais elle a perdu au point de vue politique, en se démasquant aux yeux du monde comme un agresseur sanglant. Il est hors de doute que cet avantage militaire de courte durée n'est pour l'Allemagne qu'un épisode, tandis que cet immense avantage politique de l'URSS est un facteur sérieux et durable, appelé à favoriser les succès militaires décisifs de l'Armée rouge dans la guerre contre l'Allemagne fasciste.
Voilà pourquoi toute notre vaillante armée, toute notre vaillante flotte navale, tous nos aviateurs intrépides, tous les peuples de notre pays, tous les meilleurs hommes d'Europe, d'Amérique et d'Asie, enfin tous les meilleurs hommes de l'Allemagne flétrissent l'action perfide des fascistes allemands et sympathisent avec le Gouvernement soviétique, approuvent la conduite du Gouvernement soviétique et se rendent compte que notre cause est juste, que l'ennemi sera écrasé, et que nous vaincrons.


La guerre nous ayant été imposée, notre pays est entré dans un combat à mort avec son pire et perfide ennemi, le fascisme allemand. Nos troupes se battent héroïquement contre un ennemi abondamment pourvu de chars et d'aviation. L'Armée et la Flotte rouges, surmontant de nombreuses difficultés, se battent avec abnégation pour chaque pouce de terre soviétique. Les forces principales de l'Armée rouge, pourvues de milliers de chars et d'avions, entrent en action. La vaillance des guerriers de l'Armée rouge est sans exemple. La riposte que nous infligeons à l'ennemi s'accentue et se développe. Aux côtés de l'Armée rouge le peuple soviétique tout entier se dresse pour la défense de la Patrie.
Que faut-il pour supprimer le danger qui pèse sur notre Patrie et quelles mesures faut-il prendre pour écraser l'ennemi ?


Il faut tout d'abord que nos hommes, les hommes soviétiques, comprennent toute la gravité du danger qui menace notre pays et renoncent à la quiétude et à l'insouciance, à l'état d'esprit qui est celui du temps de la construction pacifique, état d'esprit parfaitement compréhensible avant la guerre, mais funeste aujourd'hui que la guerre a radicalement changé la situation. L'ennemi est cruel, inexorable. Il s'assigne pour but de s'emparer de nos terres arrosées de notre sueur, de s'emparer de notre blé et de notre pétrole, fruits de notre labeur. Il s'assigne pour but de rétablir le pouvoir des grands propriétaires fonciers, de restaurer le tsarisme, d'anéantir la culture et l'indépendance nationales des Russes, Ukrainiens, Biélorussiens, Lituaniens, Lettons, Estoniens, Ouzbeks, Tatars, Moldaves, Géorgiens, Arméniens, Azerbaïdjans et autres peuples libres de l'Union soviétique ; de les germaniser, d'en faire les esclaves des princes et des barons allemands. Il s'agit ainsi de la vie ou de la mort de l'État soviétique, de la vie ou de la mort des peuples de l'URSS ; il s'agit de la liberté ou de la servitude des peuples de l'Union soviétique. Il faut que les hommes soviétiques le comprennent et cessent d'être insouciants ; qu'ils se mobilisent et réorganisent tout leur travail selon un mode nouveau, le mode militaire, qui ne ferait pas quartier à l'ennemi.


Il faut aussi qu'il n'y ait point de place dans nos rangs pour les pleurnicheurs et les poltrons, les semeurs de panique et les déserteurs ; que nos hommes soient exempts de peur dans la lutte et marchent avec abnégation dans notre guerre libératrice pour le salut de la Patrie, contre les asservisseurs fascistes. Le grand Lénine, qui a créé notre État, a dit que la qualité essentielle des hommes soviétiques doit être le courage, la vaillance, l'intrépidité dans la lutte, la volonté de se battre aux côtés du peuple contre les ennemis de notre Patrie. Il faut que cette excellente qualité bolchevique devienne celle des millions et des millions d'hommes de l'Armée rouge, de notre flotte rouge et de tous les peuples de l'Union soviétique.


Il faut immédiatement réorganiser tout notre travail sur le pied de guerre, en subordonnant toutes choses aux intérêts du front et à l'organisation de l'écrasement de l'ennemi. Les peuples de l'Union soviétique voient maintenant que le fascisme allemand est inexorable dans sa rage furieuse et dans sa haine contre notre Patrie qui assure à tous les travailleurs le travail libre et le bien-être. Les peuples de l'Union soviétique doivent se dresser pour la défense de leurs droits, de leur terre, contre l'ennemi.


L'Armée et la Flotte rouges ainsi que tous les citoyens de l'Union soviétique, doivent défendre chaque pouce de la terre soviétique, se battre jusqu'à la dernière goutte de leur sang pour nos villes et nos villages, faire preuve de courage, d'initiative et de présence d'esprit, – toutes qualités propres à notre peuple.


Il nous faut organiser une aide multiple à l'Armée rouge, pourvoir au recrutement intense de ses rangs, lui assurer le ravitaillement nécessaire, organiser le transport rapide des troupes et des matériels de guerre, prêter un large secours aux blessés.


Il nous faut affermir l'arrière de l'Armée rouge, en subordonnant à cette oeuvre tout notre travail ; assurer l'intense fonctionnement de toutes les entreprises ; fabriquer en plus grand nombre fusils, mitrailleuses, canons, cartouches, obus, avions ; organiser la protection des usines, des centrales électriques, des communications téléphoniques et télégraphiques ; organiser sur place la défense antiaérienne.


II nous faut organiser une lutte implacable contre les désorganisateurs de l'arrière, les déserteurs, les semeurs de panique, les propagateurs de bruits de toutes sortes, anéantir les espions, les agents de diversion, les parachutistes ennemis en apportant ainsi un concours rapide à nos bataillons de chasse. Il ne faut pas oublier que l'ennemi est perfide, rusé, expert en l'art de tromper et de répandre de faux bruits. De tout cela il faut tenir compte et ne pas se laisser prendre à la provocation. Il faut immédiatement traduire devant le Tribunal militaire, sans égard aux personnalités, tous ceux qui, semant la panique et faisant preuve de poltronnerie, entravent l'oeuvre de la défense.


En cas de retraite forcée des unités de l'Armée rouge, il faut apporter tout le matériel roulant des chemins de fer, ne pas laisser à l'ennemi une seule locomotive, ni un seul wagon ; ne pas laisser à l'ennemi un seul kilogramme de blé, ni un litre de carburant. Les kolkhoziens doivent apporter tout leur bétail, verser leur blé en dépôt aux organismes d'État qui l'achemineront vers les régions de l'arrière. Toutes les matières de valeur, y compris les métaux non ferreux, le blé et le carburant qui ne peuvent être évacués doivent être absolument détruites.


Dans les régions occupées par l'ennemi il faut former des détachements de partisans à cheval et à pied, des groupes de sabotage pour lutter contre les unités de l'armée ennemie, pour attiser la guérilla en tous lieux, pour faire sauter les ponts et les routes, détériorer les communications téléphoniques et télégraphiques, incendier les forêts, les dépôts, les convois. Dans les régions envahies il faut créer des conditions insupportables pour l'ennemi et tous ses auxiliaires, les poursuivre et les détruire à chaque pas, faire échouer toutes les mesures prises par l'ennemi.


On ne peut considérer la guerre contre l'Allemagne fasciste comme une guerre ordinaire. Ce n'est pas seulement une guerre qui se livre entre deux armées. C'est aussi la grande guerre du peuple soviétique tout entier contre les troupes fascistes allemandes. Cette guerre du peuple pour le salut de la Patrie, contre les oppresseurs fascistes, n'a pas seulement pour objet de supprimer le danger qui pèse sur notre pays, mais encore d'aider tous les peuples d'Europe qui gémissent sous le joug du fascisme allemand. Nous ne serons pas seuls dans cette guerre libératrice. Nos fidèles alliés dans cette grande guerre, ce sont les peuples de l'Europe et de l'Amérique y compris le peuple allemand qui est asservi par les meneurs hitlériens. Notre guerre pour la liberté de notre Patrie se confondra avec la lutte des peuples d'Europe et d'Amérique pour leur indépendance, pour les libertés démocratiques. Ce sera le front unique des peuples qui s'affirment pour la liberté contre l'asservissement et la menace d'asservissement de la part des armées fascistes de Hitler. Ceci étant, le discours historique prononcé par le Premier ministre de Grande-Bretagne, Monsieur Churchill, sur l'aide à prêter à l'Union soviétique et la déclaration du gouvernement des États-Unis se disant disposé à prêter assistance à notre pays ne peuvent susciter qu'un sentiment de reconnaissance dans le coeur des peuples de l'Union soviétique ; ce discours et cette déclaration sont parfaitement compréhensibles et significatifs.


Camarades, nos forces sont incalculables. L'ennemi présomptueux s'en convaincra bientôt. Aux côtés de l'Armée rouge se lèvent des milliers d'ouvriers, de kolkhoziens et d'intellectuels pour la guerre contre l'agresseur. On verra se lever les masses innombrables de notre peuple. Déjà les travailleurs de Moscou et de Léningrad, pour appuyer l'Armée rouge, ont entrepris d'organiser une milice populaire forte de milliers et de milliers d'hommes. Cette milice populaire, il faut la créer dans chaque ville que menace le danger d'une invasion ennemie ; il faut dresser pour la lutte tous les travailleurs qui offriront leurs poitrines pour défendre leur liberté, leur honneur, leur pays, dans notre guerre contre le fascisme allemand, pour le salut de la Patrie.


Afin de mobiliser rapidement toutes les forces des peuples de l'URSS, en vue d'organiser la riposte à l'ennemi qui a attaqué perfidement notre Patrie, il a été formé un Comité d'État pour la Défense, qui détient maintenant la plénitude du pouvoir dans le pays. Le Comité d'État pour la Défense a commencé son travail, il appelle le peuple entier à se rallier autour du Parti de Lénine et de Staline, autour du Gouvernement soviétique, pour soutenir avec abnégation l'Armée et la Flotte rouges, pour écraser l'ennemi, pour remporter la victoire.


Toutes nos forces pour le soutien de notre héroïque Armée rouge, de notre glorieuse Flotte rouge !


Toutes les forces du peuple pour écraser l'ennemi !


En avant vers la victoire !

(Oeuvres de Staline, Tome XVI, NBE, Paris, 1975)

 

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