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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 08:41

Quand le 30 septembre dernier, la CGTP, syndicat organiquement lié au Parti communiste, appelait seule à la grève générale, elle mettait en avant la mise en échec immédiate des plans du gouvernement, sur une ligne politique conséquente se plaçant au-dessus de l’unité syndicale sur le plus petit dénominateur commun.

Le premier ministre socialiste José Socrates venait de présenter la troisième mouture de son plan d’austérité PEC (Plan de stabilité et de croissance) concerté avec la Commission européenne de son compatriote José Manuel Barroso. Au programme : une baisse du salaire des fonctionnaires de 5% ; le gel de toutes les pensions ;recul de l’âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans ; des coupes dans les allocations sociales ; une augmentation des impôtsles plus injustes comme la TVA qui passe de 21 à 23% ; une privatisationentamée (Chemins de fer, Poste) ou achevée (gaz, électricité, télécoms, secteur aérien etc.) des secteurs-clés de l’économie.

Malgré le refus initial de la direction de l’UGT socialiste, la pression de sa base a poussé à contre-coeur les dirigeants de l’UGT dans la bataille. Sur les positions d’un syndicat lié au Parti communiste,qui s’est toujours battu pour l’union et le rassemblement, mais par le haut.

Cette unité syndicale est une première depuis la grève générale de 1988.

Deux mois plus tard, le travail sur les lieux de travail dû avant tout aux militants de la CGTP et, plus particulièrement, au travail d’animation et de mobilisation mené par les communistes et relayés par leur journal, Avante, a payé.

La plus grande journée de grève de l’histoire du pays : autant de grévistes... que d’actifs au Portugal lors de la grève historique de 1988

Il ne fait aucun doute que cette journée de grève générale est la plus grande journée de grève de l’histoire du pays.

D’après les deux centrales syndicales, plus de trois des quatre millions de salariés que compte le pays se sont mis en grève, soit un taux global remarquable de 75% de grévistes.

A titre de comparaison, cette grève ne peut que dépasser la grève générale historique de 1988, puisqu’à l’époque le pays comptait autant de salariés qu’il n’y eut ce 24 novembre 2010 de grévistes.

La grève a par ailleurs suivie aussi massivement dans le public que dans le privé, puisque si parmi les grévistes, un million sont salariés du secteur public, les deux autres millions sont des salariés du privé qui ont bravé intimidations et chantages pour exprimer leur colère.

Dans le public, adhésion massive et un pouvoir battu symboliquement dans les transports sur le service minimum

Dans les activités qui constituent le cœur de la fonction publique, l’administration centrale, la santé et l’éducation ont battu des records d’adhésion à la grève.Le secrétaire-général de la Fenprof, branche enseignante soeur de la CGTP, a qualifié la journée de mobilisation « grève la plus massivement suivie de l’histoire du mouvement syndical enseignant », des centaines d’établissements scolaires ayant fermé leurs portes. Dans la santé, des dizaines d’hôpitaux ont atteint des taux de grévistes de 100% tandis que le syndicat des Infirmiers comptabilise 78% de grévistes.

Mais c’est dans le secteur des transports que le succès de la grève est apparu le plus patent.

Tous les ports maritimes et l’immense majorité des ports de pêche étaient fermés ce mercredi. L’intégralité des vols prévus ce 24 novembre (500 vols) ont également été annulés.

Dans le secteur ferroviaire, le pouvoir a essuyé une défaite symbolique majeure sur la question du service minimum.Si à Porto, malgré un taux de 90% de grévistes chez les conducteurs de métro, un service très limité a pu être maintenu ; à Lisbonne, le service était nul sur toutes les lignes.

Pour ce qui est des chemins de fer inter-cités, les niveaux de service minimum n’a également pas pu être atteint, avec à peine un train sur dix assuré.

Dans le privé, taux de grévistes record avec la classe ouvrière comme force motrice de Renault à Saint-Gobain

Mais c’est dans le privé, secteur où travaillent les deux-tiers des grévistes, que cette grève est réellement historique. Avec un rôle moteur joué par les bastions de l’industrie portugaise, et des taux entre 80 et 100% dans les grandes concentrations du pays, la classe ouvrière portugaise a joué le rôle de force d’entraînement dans cette journée de conflit.

La grève a eu un fort impact dans presque tous les secteurs industriels : dans l’automobile, dans les usines du groupe Auto-europa ainsi que de Renault et de Mitsubishi ; dans lamétallurgie, aux Chantiers navals de Viana do Castelo et de Lisbonne, à l’Arsenal d’Alfeite, aux usines des groupes Jado Iberia, Camo et Sacti ; dans le verre, à Saint-Gobain ; dans la céramique, à Atlantis, Cinca et Lusoceram ; mais également dans le textile, dans le secteur agro-alimentaire etc.

Même dans le tertiaire, la grève a été suivie de manière inédite tant dans le secteur bancaire que dans le commerce, en particulier les super et hyper-marchés.

Pour le Parti communiste Portugais, cette grève générale n’est pas un point d’arrivée mais une étape dans une longue lutte qui ne fait que commencer

Le Parti communiste portugais (PCP), qui a fortement contribué au succès de la lutte en concentrant en période de campagne électorale pour les présidentielles de janvier 2011 l’essentiel de ses forces vers cette grève du 24 novembre, a rendu un communiqué analysant cette journée de lutte et offrant une perspective politique au mouvement. Paradoxe qu’apparent pour un Parti communiste sur des positions de lutte, aucune référence au moment électoral dans la suite du mouvement qui se résoudra, pour lui, avant tout dans la rue :

« Cette grève générale n’est pas un point d’arrivée, mais une étape dans une lutte exigeante et prolongée que la situation nationale rend nécessaire. Après la réalisation de cette Grève générale, plus rien ne sera comme avant. Le gouvernement et les partis qui soutiennent sa politique ainsi que le Président de la République qui la parraine ont été sanctionnés de façon claire et sans appel et ont reçu un sérieux avertissement, alors qu’a été exprimée une ferme exigence de rupture vis-à-vis de la politique qu’ils défendent.

La Grève générale a manifesté puissamment la disposition des travailleurs et du Peuple portugais à mettre en échec la poursuite de la politique actuelle, et à jouer un rôle déterminant dans la rupture et le changement dont le pays a besoin.

Le PCP a soutenu cette Grève générale, parce qu’il est avec la lutte des travailleurs, parce qu’il s’engage pour l’augmentation des salaires, le développement de l’appareil productif, fait le choix des investissements et des services publics. Le PCP a été et est avec la lutte des travailleurs car leur lutte est une lutte pour un pays de progrès, de justice sociale, pour un Portugal souverain et indépendant.

Renouvelant son engagement de toujours avec cette lutte, le PCP réaffirme aux travailleurs et au peuple portugais qu’ils peuvent compter sur le PCP. »

En Grèce comme au Portugal, se manifeste la raison d’être du Parti communiste : impulser et animer les luttes, ouvrir une perspective politique partant de celles-ci, dans laquelle les scrutins électoraux ne sont que des moments et des étapes, et non un débouché à ces luttes!

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Published by cdrm - dans Divers Textes
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