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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 09:53

Selon un document confidentiel que s'est procuré Eco89,

la situation du leader de la distribution de la presse est alarmante.

Les Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP), principal acteur de la distribution de la presse en France, viennent d'adopter un nouveau nom. Mais s'appeler « Presstalis » ne changera rien au fait que l'opérateur est à neuf mois du dépôt de bilan, selon un document confidentiel qu'Eco89 a pu consulter.

Jeudi dernier, le directeur général des NMPP, Rémy Pflimlin, conviait les journalistes à visiter le nouveau siège de son entreprise, qui lui permettra d'économiser 6,5 millions d'euros par an. L'occasion aussi de dévoiler son nouveau nom. Le désormais patron de Presstalis s'est voulu rassurant sur la situation financière du groupe, détenu à 51% par cinq coopératives d'éditeurs de presse et à 49% par Lagardère, qui en est l'opérateur :

« La question de la trésorerie ne se pose pas aux NMPP, pas à court terme. (…) Dans nos projections 2010, il n'y a pas de difficulté importante de prévue. »

Eco89 a eu connaissance d'un document qui montre de manière éclatante le contraire. Il s'agit du compte-rendu d'un conseil d'administration de la Coopérative de la presse périodique (CPP), l'une des plus importantes des NMPP (le président de la CPP, Jean de Montmort, préside d'ailleurs aussi le conseil de gérance des NMPP).

Ce conseil s'est tenu le 25 septembre. Plusieurs administrateurs de la CPP, mais aussi des dirigeants de la coopérative ou des messageries, y tiennent des propos extrêmement alarmants quant à la situation financière du groupe dans son ensemble.

« Loïc Guilloux suggère d'aller jusqu'au dépôt de bilan »

Ainsi, Pierre Pus, directeur général adjoint des NMPP et directeur des affaires administratives et financières du groupe, parle du « cap difficile de trésorerie d'août 2010 ». La phrase complète est même explosive, puisqu'elle remet en cause le plan de départs volontaires actuellement en cours :

« M. Pus précise que 120 personnes doivent quitter l'entreprise d'ici le 1er janvier 2011, ce qui représente un coût de 26 M€. Geler le plan permettrait de passer le cap difficile de trésorerie d'août 2010. »

Le président de Condé Nast France -éditeur de GQ, Vogue, Glamour… et administrateur de la CPP- Xavier Romatet, se prononce aussi pour un gel du plan des NMPP.

Avec une prévision de résultat en déficit de 17 millions d'euros en 2009, ou plutôt de 47 millions d'euros en incluant la dépréciation d'actifs, la situation est effectivement alarmante. Si les NMPP sont encore en déficit l'an prochain, elles seront obligées de trouver de nouveaux fonds propres, ou de déposer le bilan :

« Pour [le directeur de la CPP Jean-Paul] Abonnenc, trois voyants sont au rouge : l'exploitation, les fonds propres et la trésorerie. »

Un administrateur, Loïc Guilloux (Prisma Presse), « suggère d'aller jusqu'au dépôt de bilan ». En réponse, Jean-Paul Abonnenc rappelle « la nécessité de reconstituer les fonds propres de l'entreprise d'ici un an qui, si elle n'est pas réalisée, nous rapprochera d'une telle décision ». Le président de la CPP se prononce pour un « appel de capital ».

Outre la crise générale de la presse écrite (le document précise que tous les chiffres de vente sont en baisse, sauf ceux de la presse féminine), cette dramatique « dérive budgétaire » a plusieurs raisons. Sur les CDD et les heures supplémentaires par exemple, l'excédent de dépense est de 3,9 M€ par rapport au budget.

Un chiffon rouge pour le syndicat du livre

Certaines des solutions proposées pourraient mettre en rogne le très puissant syndicat du Livre, majoritaire aux NMPP :

« Les frais de personnel ne baissent que de 1,6 M€ alors qu'un différentiel de 4,5 M€ était inscrit au budget. Le président souhaite connaître la raison de cette dérive.

M. Pus précise que, sur l'ensemble de l'année, la masse salariale devait baisser de 15 M€, mais que seulement 7,5 M€ seront réalisés car le nombre de postes n'a pas baissé autant que les départs […].

M. Pus craint que, si une renégociation n'intervient pas, les départs en retraite soient en partie remplacés. Le président souhaite que cette renégociation intervienne au plus vite.

[L'éditeur du Figaro Frédéric] Cassegrain met en garde les NMPP sur l'éventualité de conflits en octobre et novembre. M. Pus ajoute que l'entreprise n'a plus les moyens de financer de telles dérives. »

Pour éviter la catastrophe, les administrateurs évoquent aussi la possibilité d'augmenter les barèmes (les tarifs que payent les éditeurs pour la distribution), mais l'un d'eux, Yves de Kerautem (Réponses Maison), « juge inacceptable une hausse de trois points », qui permettrait de dégager 60 millions d'euros.

« S'il y a un problème de trésorerie… »

Le directeur général de Presstalis, Rémy Pflimlin, n'a pas pu être joint lundi pour commenter les criantes différences entre ses déclarations de jeudi et ce compte-rendu. La semaine dernière, il faisait une déclaration qui devrait mécontenter les éditeurs :

« Si il y a un problème de trésorerie, il faudrait examiner la possibilité de payer plus tard les éditeurs. »

Or ceux-ci sont déjà étranglés par la crise… Interrogé sur d'éventuels changements de situation depuis le 25 septembre, un porte-parole de Presstalis a rappelé que la baisse du chiffre d'affaires se stabilise (-7% prévus sur 2009) et évoqué « 20 millions d'euros d'économie réalisées », sans plus de précision :

« Les débats dont vous faites état ne sont pas publics, seulement une trentaine de personnes à Paris sont au courant. Il y a une crise, ça va mal, mais des mesures sont prises et les choses sont sous contrôle. »

La distribution de la presse, et la situation économique de son principal acteur français, les NMPP, est un problème récurrent pour le gouvernement et les acteurs de la filière. Cette question devait être abordée lors des états généraux de la presse en 2008, mais les débats ont surtout abouti à un plan de modernisation de la distribution, et non à une refonte totale du modèle économique. Qui semble pourtant de plus en plus indispensable.

D’après ECO69

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Published by cdrm - dans Economie
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