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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 22:42

DECLARATION

LE P.C.R.C.I. DENONCE LA MENACE DE REPRISE DE LA GUERRE CIVILE REACTIONNAIRE.

La Côte d’Ivoire entre dans une ambiance qui rappelle celle qui a prévalu début novembre 2004 juste avant la reprise de la guerre civile réactionnaire le 06 novembre 2004. L’option de la guerre comme solution à la crise en cours est à nouveau brandie par Laurent Gbagbo, président de la république et ses partisans. Profitant d’une cérémonie d’inauguration le mardi 23 mars 2010, Laurent Gbagbo a comparé la situation de la Côte d’Ivoire à une scène d’un film western dont l’épilogue est fait de tueries en masses. L’opposition constituée des partis hauts-bourgeois dénommée RHDP a répondu à cette menace de guerre non voilée en déclarant qu’elle est prête à affronter cette issue cataclysmique proposée par Gbagbo. Le ton est donc donné.

1)       Une nouvelle guerre entre fractions de la haute-bourgeoisie ivoirienne sera une autre guerre civile réactionnaire

Pourquoi ne peut-il s’agir dans un tel cas que d’une guerre civile réactionnaire ? La nature réactionnaire d’une guerre est liée à celle des forces en présence et des objectifs visés. Dans une telle guerre, ce sont les hauts-bourgeois et l’impérialisme qui défendent et sauvegardent leurs intérêts. Tout le monde voit bien que depuis septembre 2002, les dignitaires du pouvoir Gbagbo et les rebelles se sont enrichis de façon honteuse ; en plus, cette guerre sert de prétexte au clan de hauts-bourgeois conduits par Gbagbo pour rejeter toutes les revendications populaires (revendications des enseignants, du personnel du corps médical, des diverses autres catégories de fonctionnaires et d’agents de l’Etat, des ouvriers et employés des transports, des élèves et étudiants, etc.). Une seule réponse est servie, à savoir, « la guerre empêche Gbagbo de travailler ». Les responsables du RHDP qui bénéficient de portefeuilles ministériels dans les différents gouvernements antipopulaires depuis 2003 font obstacles aux luttes populaires car ils ont intérêt au maintien du statu quo. Le gouvernement français qui supervise les trois groupes de hauts-bourgeois (camp présidentiel, ex-rebelles, RHDP) maintient, sans coup férir, la haute main sur les secteurs stratégiques de l’économie ivoirienne (secteurs de l’eau, de l’énergie, des télécommunications, etc.).

Le camp présidentiel montre de plus en plus clairement qu’il signe des accords rien que pour gagner du temps et non pour les appliquer. Pour ne pas appliquer l’Accord Politique de Ouagadougou (A.P.O.), accord conçu par Gbagbo, selon ce qu’il a dit lui-même, le camp présidentiel brandit ces derniers temps une liste d’exigences, à savoir : audit des listes électorales provisoires, recomposition des CEI locales, désarmement des ex-rebelles.

Comme tout prétexte, la formulation de ces exigences n’est jamais précise. En suivant les discours des tenants de ces exigences, l’audit des listes électorales signifie parfois extraire les étrangers, parfois, extraire les fraudeurs (ivoiriens fraudeurs ?). Il est difficile de soutenir qu’une liste élaborée avec la participation de l’Institut National de la Statistique (INS) présente des faiblesses au point de devoir reprendre tout le travail. Si l’INS est disqualifiée, il ne sera plus techniquement possible, à court terme, d’élaborer une liste fiable dans notre pays. S’agissant de la recomposition des CEI locales, elle signifie la perte d’au moins une autre année dans des palabres. Quant au désarmement, l’A.P.O. est précis. Il prescrit le démantèlement des milices et le désarmement des forces ne devant pas faire partie de la nouvelle armée. Par contre, les éléments des deux armées retenus pour constituer la nouvelle armée seront cantonnés, c’est-à-dire qu’ils seront rassemblés dans des casernes et leurs armes seront mises sous le contrôle des forces de l’ONU. Ces opérations sont prévues pour être achevées deux mois avant la date de l’élection présidentielle. La nouvelle armée sera mise sur pied un mois après l’installation du nouveau président de la république. Si ce n’est pas la mauvaise foi, le débat sur le désarmement et  le cantonnement ne peut éventuellement commencer que lorsque les cartes d’identité et les cartes d’électeurs sont distribuées et que la date de l’élection est fixée. Autrement, il est logiquement impossible de décompter les deux mois. Au lieu de ce jeu de cache-cache, le camp présidentiel doit avoir plus de courage et dénoncer l’A.P.O.

2)       Ne pas oublier l’expérience du passé

Au cours de la prochaine guerre civile réactionnaire annoncée par Gbagbo, lui et son camp ne manqueront pas encore d’intensifier leur propagande mensongère sur une prétendue vocation libératrice de leur guerre, ainsi que les accusations sans fondement de toutes sortes. Au début de la guerre commencée le 19 septembre 2002, ils ont annoncé que notre pays avait été attaqué par le Burkina Faso. Cinq ans plus tard, cette thèse a été abandonnée et remplacée par celle indiquant que les ressortissants du Burkina Faso sont nos frères. Ils ont même soutenu au début du conflit qu’il n’y avait aucun ivoirien parmi les « assaillants » ; cinq ans plus tard, ils ont annoncé qu’il s’agissait bel et bien d’une guerre civile entre frères ivoiriens ; cela paraissait pourtant évident dès le départ puisque tous les dirigeants annoncés de la rébellion étaient d’anciens militants du FPI, ou d’anciens militants du Front républicain, ou d’anciens partisans de la coalition militaro-civile menée par le FPI en 2000. Les tenants du pouvoir qui ont pourtant demandé à l’armée française de s’interposer entre l’armée loyaliste et les rebelles ont parlé à un moment donné, de la « guerre de la France contre la Côte d’Ivoire » sans être capable de demander officiellement le départ de l’armée française. En 10 ans, le pouvoir Gbagbo n’a encore pris aucune mesure contrariant les intérêts politiques, économiques et culturels de la France.

C’est pourquoi, la prétendue lutte du pouvoir actuel contre l’impérialisme français est une affabulation. Aussi, l’appel en 2004 à la fameuse technique « de résistance populaire sans armes » était-elle une pratique populiste suicidaire qui avait pour rôle de susciter l’indignation au sein de l’opinion, faire pression sur la France pour qu’elle se mette du côté du pouvoir FPI contre la rébellion. Ce pouvoir ne pouvait pas faire appel au soulèvement populaire contre « l’envahisseur » dans la mesure où sa politique a profondément divisé le peuple ivoirien. Gbagbo ne peut conduire la lutte anti-impérialiste ; une telle lutte est nécessairement révolutionnaire or le FPI et son pouvoir sont réactionnaires.

3)       Que doit faire le peuple maintenant ?

L’expérience de la guerre déclenchée en septembre 2002 permet de répondre que les peuples ne gagneront absolument rien à une issue débouchant sur une guerre civile réactionnaire comme celle appelée par Gbagbo. Le problème de Gbagbo est qu’il espère échapper aux élections tout en s’accrochant au pouvoir. Fort de l’expérience passée, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (P.C.R.C.I.) entend agir comme il l’a toujours fait. Il continuera de mettre les peuples en garde contre la guerre civile réactionnaire, contre le galvaudage de la lutte anti-impérialiste, contre l’apologie du tribalisme  et .du chauvinisme. La propagande du FPI contre le néocolonialisme français a toujours eu une coloration chauvine et xénophobe. L’histoire des peuples qui ont vaincu l’impérialisme montre que seule l’unité de ces peuples a constitué un des facteurs déterminants du succès. Le FPI ignore cette vérité historique et les peuples de Côte d’Ivoire ont le devoir de démystifier une fois pour toutes sa lutte xénophobe camouflée derrière une phraséologie anti-néocolonialiste. Le P.C.R.C.I. est prêt à aider les peuples dans cette voie en indiquant clairement les vrais problèmes qu’il s’agit de résoudre aujourd’hui en Côte d’Ivoire.

Par exemple, dans une déclaration datée du 11 avril 2007 pointant les causes profondes de la guerre en cours et les moyens d’en sortir, nous indiquions : « Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire continue d’affirmer que cette crise ne finira pour le bien être des peuples, que si ceux-ci se mobilisent et imposent la paix aux fractions bourgeoises. Aussi lance-t-il un appel pressant au prolétariat et à la paysannerie pauvre, à toutes les nationalités pour se mobiliser comme un seul homme, afin d’exiger la résolution des questions essentielles, sources de la crise actuelle ». Les questions essentielles sont la domination politique, économique et culturelle de notre pays, l’existence d’une constitution anti-démocratique, la mésentente entre les nationalités ivoiriennes, l’existence d’une criminalité politique et économique, la désorganisation totale de l’école et du système de santé.

Face à la prochaine guerre civile réactionnaire annoncée par Gbagbo, les  peuples ne gagneront rien à se ranger dans l’un ou l’autre des camps belligérants. Les peuples doivent plutôt renforcer leur propre camp. Les peuples ont, en effet, désormais leur voie ; cette voie est celle de la constitution de comités de lutte. Ces comités sont l’arme qui permettra aux peuples de se mobiliser pour s’opposer à la survenance de cette guerre civile réactionnaire et à imposer la paix aux différentes fractions de la haute-bourgeoisie ivoirienne et à l’impérialisme. Mais si malgré tout, cette guerre venait à éclater, les comités de lutte devront par leur énergie et la mobilisation de toutes les forces de progrès, mettre hors d’état de nuire les belligérants et leur imposer la paix par la mise en place d’un Gouvernement Révolutionnaire Provisoire. Seul un tel gouvernement sera capable d’organiser des élections démocratiques attendues par tous les peuples de notre pays.

 Fait à Abidjan le 31 mars 2010

 Pour Le Comité Central

EKISSI Achy, Secrétaire Général

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Published by cdrm - dans Solidarité
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