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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 11:56

Retour sur un spectre !


La fameuse citation de MARX sur le communisme résonne toujours aux oreilles des bourgeoisies occidentales.


Pourtant rien, ni dans l’organisation du pouvoir d’Etat, ni dans le régime socio politique, ni dans les rapports de classes, ne peut laisser le moindre doute sur l’existence d’une quelconque réalité socialiste dans la Russie contemporaine (ou, a fortiori, dans une des anciennes républiques socialistes.)


D’où peuvent donc provenir les manifestations d’inquiétude de ces mêmes bourgeoisies qui en viennent à légiférer pour chasser le spectre ? Car Il ne s’agit pas de vagues craintes nichées dans les tréfonds de la conscience bourgeoise mais d’actes politiques très concrets.


La plus récente de ces manifestations est un vote du Parlement européen qui a suscité en Russie même deux commentaires que nous reproduisons ci-après.
Que le Parlement européen soit mal élu ne fait de doute pour personne – les taux d’abstention aux dernières élections en fournissent la preuve -, qu’il n’exprime de ce fait que très incorrectement une « opinion publique européenne » qui n’existe que dans l’imagination enfiévrée des zélateurs de cette Union capitaliste inégalitaire et libre échangiste, ne l’empêche pas , bien au contraire , puisque les simples citoyens n’exercent qu’exceptionnellement un contrôle réel sur ses activités , d’exprimer les préoccupations idéologiques des diverses bourgeoisies régnantes.


Le premier (traduit par COMAGUER depuis sa version anglaise) émane du Parti Communiste de la Fédération de Russie. Ce parti est actif sur le territoire de la dite Fédération que nos médias appellent Russie par commodité et représenté au Parlement, le second du Parti communiste Bolchévique de toute l’Union Soviétique (PCBtUS). Le PCBtUS, maintenu après 1991, est présent dans plusieurs anciennes républiques soviétiques et son objectif central est la refondation de l’URSS.
Le spectre est donc toujours là et il favorise une expression publique revigorée des courants fascistes et pronazis qui n’avaient pas disparu de la surface du continent. Cette résurgence a, comme on va le voir, été favorisée par la célébration du 70° anniversaire de la signature du pacte germano-soviétique, aussi appelé pacte MOLOTOV-RIBBENTROP du nom des deux ministres des Affaires étrangères qui l’ont signé à l’époque.

L’histoire de cet accord entre deux régimes dont l’un, mêlant à la haine du communisme un racisme anti-slave virulent, avait annoncé et programmé la destruction de l’autre est un chapitre non clos de l’Histoire contemporaine puisque la lecture erronée et irréelle qui en a été faite en Occident est à l’origine d’une équation fausse claironnée depuis sans discontinuer par tous les chiens de garde de nos bourgeoisies soucieux d’assurer à ceux qui les nourrissent des nuits paisibles : HITLER = STALINE.


La préférence des bourgeoisies anglaise et française pour le nazisme face au socialisme soviétique et leur refus de s’allier à l’URSS pour combattre en commun le nazisme a été solidement établie par l’historienne ANNIE LACROIX RIZ dans ses deux derniers ouvrages auxquels nous renvoyons. (A ceux qui manqueraient de temps à consacrer à la lecture de ces deux ouvrages remarquables nous recommandons l’audition de deux longues interviews d’Annie Lacroix-Riz disponibles sur le Net voir in fine)
La bourgeoise Etasunienne n’était pas en reste puisqu’elle attendait de tirer profit de l’inévitable - puisqu’il était au cœur du programme nazi - affrontement sanglant entre l’URSS et le REICH qui lui permettrait de mettre la main sur un continent ravagé par la guerre tout en laissant ses grandes entreprises continuer à travailler (ESSO, IBM, COCA COLA et autres ) et à gagner beaucoup d’argent dans l’Allemagne nazie.
Pour revenir sur l’équation HITLER= STALINE nous publions une nouvelle traduction d’un texte de 1956 publié par un groupe communiste étasunien aujourd’hui disparu - TURNING POINT - relatif au XX° Congrès du PCUS et au fameux « rapport Khrouchtchev » qu’il faut considérer comme un des actes fondateurs de la diabolisation de STALINE.


(Texte intégral du rapport KHROUCHTCHEV)


http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1412)

Une traduction de ce texte était disponible sur le site www.contre-informations.org mais comportait des lacunes qui rendaient certains passages incompréhensibles et quelques contresens. Ce texte est intéressant puisqu’il met en lumière le fait que l’assassinat politique posthume de Staline a en fait été initié à l’intérieur même du Parti Communiste Soviétique et qu’il a donné une assise « de gauche » à la LEGENDE NOIRE du Stalinisme. Nous empruntons cette expression de LEGENDE NOIRE à l’historien Italien DOMENICO LOSURDO qui a publié sous ce titre un livre important sur la présentation de Staline par l’Occident dont la traduction française sera publiée prochainement.

Titre italien : Staline, Histoire et critique d’une légende noire


Pour Les bourgeoisies occidentales le « rapport Khrouchtchev » a été pain béni puisqu’il a permis de détruire l’espoir populaire dans le socialisme et a miné les PC occidentaux.
Ce tournant pris, il ne restait plus qu’à enfoncer le clou , qu’à laisser progressivement «Billancourt désespérer », qu’à laisser l’URSS « coexister pacifiquement » et croire que la parité militaire avec l’impérialisme étasunien garantissait son avenir alors qu’elle renonçait peu à peu au combat économique politique et idéologique avec le rival capitaliste.


A l’époque le PC chinois condamna le tournant Kroutchevien et prit ses distances avec le « grand frère ». Il avait compris que Khrouchtchev, après avoir éliminé ses deux rivaux : l’un politiquement : Malenkov, l’autre physiquement : Beria, allait se servir de son rapport pour écarter définitivement du pouvoir tous les éléments du PCUS ayant gardé du respect pour le leader défunt et se référant comme lui au léninisme. Mais cette prise de distance consacrait le schisme soviéto-chinois qui allait diviser durablement le mouvement communiste international.


S’il fallait encore une preuve que « l’Histoire n’est pas finie » comme l’avait rêvé FUKUYAMA après l’implosion de l’URSS, on la trouverait dans une très récente intervention de VLADIMIR POUTINE au sujet du pacte germano-soviétique. Celui-ci, à la veille d’une visite officielle en Pologne, a été obligé de revenir sur le sujet. L’exercice était difficile.


Voici comment il l’a effectué.

Poutine fait une concession à son voisin polonais et à la ‘doxa ‘ occidentale en déclarant que le pacte est « immoral ». Mais en même temps il le justifie politiquement et stratégiquement en soulignant que le Pacte de non-agression était une réponse à la capitulation franco-anglaise à Munich et à l’existence pour l’URSS d’un second front en Extrême-Orient qui allait conduire à une attaque militaire de l’URSS par le Japon fasciste. L’URSS ayant les mains libres à l’Ouest put concentrer ses forces à l’autre extrémité du continent et infligea - bataille de KALHIN GOL 1939 qui faisait rage au moment même de la signature du pacte en Aout 39 - une défaite cuisante à l’allié asiatique des nazis lequel, comme on dit, ne s’y frotta plus. Façon de rappeler qu’un autre pacte qui était lui un pacte d’agression antisoviétique et dont la mémoire n’est guère entretenue sous nos longitudes avait été signé dès 1936 entre le J apon et le Reich.
Toujours prompts à déformer la réalité russe, les médias occidentaux vont évidemment ne retenir que le caractère « immoral » du pacte de non agression soviéto-allemand et passer sous silence d’une part les explications de Poutine sur les raisons politiques de ce pacte, d’autre part que POUTINE a précisé que tous les traités signés dans les années 30 étaient « immoraux » incluant donc dans cette catégorie : MUNICH, le pacte anti Komintern Japon –Allemagne et l’ensemble des engagements de protection pris par les « démocraties occidentales » envers les pays d’Europe centrale et orientale menacés par les nazis et non tenus.


En prononçant cette parole forte « traité immoral », Poutine prend le risque, même s’il rappelle que si la Pologne fut la première victime d’Hitler quelques semaines après la signature du pacte de non-agression elle avait déjà DE FACTO été abandonnée à MUNICH par les démocraties occidentales, d’alimenter le discours néonazi résurgent en Europe de l’Est tout en laissant indifférents ses homologues étrangers peu préoccupés, on s’en doute, de morale en politique. Il montre en même temps son souci de ménager le voisin polonais trop sensible au charme des Etats-Unis dans l’affaire du bouclier anti-missiles, trop complice avec les présidents ukrainien et géorgien l’un et l’autre farouchement antirusses.


Une autre leçon doit être tirée de ces récents évènements : celle de la permanence dans les bourgeoisies occidentales d’un sentiment anti-russe qui s’est évidemment exacerbé quand le socialisme soviétique a proposé au monde un modèle de société opposé au modèle capitaliste et qui a conduit soit en direct - soutien militaire aux Blancs pendant la guerre civile 1917-1922 – soit par fascistes interposés (Japon et Allemagne) a une guerre permanente contre le régime soviétique mise simplement entre parenthèses entre 41 et 1945, mais qui perdure, face à un pouvoir russe qui n’a, loin s’en faut , aucun modèle de société à proposer, mais défend la place stratégique du pays sur l’immense échiquier eurasien face aux appétits étasuniens nourris par la chute de 1991 mais jusqu’à ce jour inassouvis.


COMAGUER AOUT 2009

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Published by cdrm - dans Histoire
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