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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 06:03

Attac et la confédération paysanne ont publié un communiqué commun sur la grippe A-H1N1 qui révèle leur conception du développement

( http://www.france.attac.org/spip.php?article9914).

 

 

 Bien que déclarant qu’il n’existe aucune certitude sur l’origine du virus, tout le communiqué est structuré autour de l’affirmation que l’industrie agro alimentaire est responsable de l’épidémie. L’origine du virus : Attac et la confédération paysanne n’en savent rien, mais ils en sont surs ! Nous sommes aux antipodes de la démarche scientifique qui élabore des conclusions à partir de données établies, vérifiables. Cohn-Bendit de son coté déclare dans le Monde du 28/04 que « l’épidémie de grippe porcine est une crise de notre mode de vie, une crise de dégradation écologique ».


Tout part de l’identification au Mexique du premier cas supposé de grippe A à La Gloria dans l’Etat de VeraCruz. Une entreprise US dirige l’un des plus grands élevages de porcs dans des conditions d’hygiène déplorables. Cette entreprise s’est délocalisée au Mexique après avoir été condamnée au USA pour non respect des normes sanitaires. L’Etat mexicain est en état de déliquescence, la police fortement corrompue est incapable de protéger les citoyens, il n’est donc pas surprenant que les normes sanitaires et sociales ne soient pas respectées par les entreprises. Rappelons que ce sont les Etats qui sont chargés de les faire respecter ces normes. Dans le cas de La Gloria, l’association entre l’émergence de la maladie et l’élevage n’a pas été établie. Les porcs n’étaient pas malades de la grippe et n’étaient pas porteurs du virus. La transmission porc-homme dans le cas de la grippe A H1N1 n’a jusqu’ici pas été démontrée. Un cas de grippe antérieur de 15 jours à celui de La Gloria a été répertorié au Mexique. Dans le cas de La Gloria ce n’est pas l’agro-industrie qui est en cause mais les conditions de son exploitation. D’après Pascal Vannier de l’AFSA « D’après les dernières affirmations de l’OMS, aucune personne porteuse du virus H1N1 n’a été contaminée par des porcs. Les élevages de porcs ne sont donc pas mis en cause dans la diffusion de cette nouvelle grippe…Par ailleurs, on sait que ce virus contient un mélange de séquences génétiques provenant du porc, du poulet et de l’homme. L’hypothèse la plus probable est donc qu’il s’est produit un mélange à partir du contact entre ces trois espèces. Où, et quand ? On n’en sait rien » (Le Monde du 5 Mai). Il poursuit « dans les grands élevages où les conditions de biosécurité sont strictement appliquées et où il existe un système de filtration absolu de l’air empêchant les virus d’être introduits par voie respiratoire, le risque est moins grand que dans certains élevages de type extensif, en contact avec la faune sauvage, pour lesquels il est beaucoup plus difficile de gérer l’introduction de maladies exotiques ou épizootiques. En dehors des installations « modèles » les mesures de biosécurité sont mises en place dans des élevages de type industriel. Epidémiologiquement, ceux-ci présentent donc les meilleures conditions pour limiter les risques d’introduction du nouveau virus. En revanche, s’il se trouve dans une même région un grand nombre de porcs et qu’un virus exotique y est introduit du fait d’une défaillance des mesures de biosécurité, alors oui, la situation peu contribuer à amplifier la multiplication de l’agent pathogène ».
La grippe « classique » qui fait dans le monde entre 200 000 et 400 000 victimes chaque année part du sud ouest de la Chine où se mêlent une multitude d’élevages artisanaux de porcs et de volailles à proximité de concentrations urbaines importantes et dans des conditions sanitaires douteuses. L’agro-industrie était dans ses limbes quand la grippe dite espagnole de 1918 fit ses ravages.


Les épidémies virales contrairement à ce que pense Cohn-Bendit ne datent pas d’aujourd’hui. Elles apparaissent avec la domestication animale et la formation des villes. Les virus vivent avec leur temps, ils prennent l’avion, ce qui accroît leur dissémination.


A quel siècle Attac, la confédération paysanne, Cohn Bendit veulent ils nous ramener pour éviter les épidémies virales ?


Quelle idéologie sous tend leurs positions ?


Tout ce monde prétend s’attaquer aux multinationales et à la mondialisation. Ce qu’ils mettent en cause ce n’est pas la mondialisation conséquence de la recherche d’un taux profit maximum que les groupes industriels n’arrivent plus à atteindre dans le cadre national, mais la mondialisation conséquence de l’augmentation de la productivité due à l’introduction de technologies de plus en plus performantes. La mondialisation a deux aspects, un qui est découle de la nature de classe de la société et l’autre qui est la conséquence d’une production de plus en plus efficace. La technologie permet de produire plus à moindre coût, ceci n’est pas nouveau. La production finit par dépasser les capacités d’absorption du marché national, ceci d’autant que la politique de déflation salariale réduit la demande intérieure. D’où la conquête des marchés étrangers. La mondialisation qui est la guerre économique élargie à toute la planète, entraîne une salarisation et une exploitation accrues ainsi qu’un drainage de plus en plus massif des richesses vers le capital. Face à la violence sociale qui en découle, il y a deux attitudes possibles. Une qui consiste à s’attaquer à l’ordre économique et social, l’autre qui consiste à remettre en cause la technologie conceptualisée comme arme de la mondialisation. Il s’agit de revenir à un ordre économique ancien dans lequel une technologie rudimentaire permet en agriculture de satisfaire un marché local ou tout au plus régional. D’où la valorisation des AMAP ces formes désocialisés de la production agricole, de l’agriculture dite biologique qui nous ramène au début du 19e siècle.


Ce mouvement est l’exact copier coller des mouvements qui dans la première moitié du 19e siècle luttaient contre la prolétarisation en brisant les machines accusées d’être responsables de l’exploitation et de la déqualification du travail. Que deux cents ans après les mêmes idéologie refont surface en dit long sur les pertes de repères qui affectent la société.
C’est l’idée même de progrès qui est mise en cause. Il ne peut y avoir progrès social sans progrès scientifique et technologique. Le développement social implique la création de richesses qui repose sur la technologie. Le progrès technique abaissent les coûts de production et libère du travail vivant. Le réemploi du travail vivant dans la production amplifie et diversifie la création des richesses. Le chômage n’est pas la conséquence de l’introduction de nouveaux procédés technologiques mais du taux élevé d’accumulation du capital. C’est ce taux qui détermine l’emploi. Soit on lutte contre la nature de classe de la société, soit on lutte contre l’idée même de progrès. Pour Attac comme pour la confédération paysanne, l’adversaire ce sont les travailleurs scientifiques qui par la nature de leur activité contribuent à produire de la technologie. Pour Thomas Coutrot de la direction d’Attac, « ce sont des alliés objectifs du capital ». Les biotechnologies, le nucléaire, les nanotechnologies, sont condamnés, comme outils créés par les multinationales pour asseoir leur domination.
A l’association technologie/multinationales Attac oppose un monde de petits producteurs indépendants. Il s’agit de revenir à un passé lointain idéalisé. Attac n’a jamais eu pour prétention de rompre avec le capitalisme, mais uniquement de le régulariser.
Il est consternant que le PCF et le journal l’Humanité entretiennent l’irrationnel en accompagnant en permanence cette idéologie en mettant en avant Attac et la confédération paysanne et en passant sous silence leurs positions anti-nucléaires (la confédération paysanne est fondatrice de l’association sortir du nucléaire) et en prenant pour argent comptant la pseudo-science et le discours catastrophiste des multinationales environnementalistes (Greenpeace, WWF, Les amis de la terre, …) et de leurs filiales françaises financées par les groupes capitalistes internationalisées et le ministère de l’environnement.


Le recul des idées de classe laisse le terrain libre à l’irrationnel. Les conséquences vont bien au delà de la compréhension des mécanismes sociaux économiques qui régissent la société.
Beaucoup de forces occupent le terrain laissé libre par la rétraction des idées de classe. Elles entretiennent la peur de la modernité, et sous couvert de la défense d’une nature sacralisée visent à pérenniser l’ordre capitaliste occidental.


 


Gilles Mercier
Travailleur scientifique, syndiqué CGT.
Membre du PCF

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Published by cdrm - dans Théorie
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