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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 10:46

 

CONTRE LA RÉVOLUTION CUBAINE,

C’EST TOUTES TENDANCES CONFONDUES

(2)

 

 

Trois mois après cette remise de documentation, le 12 septembre 1998, alors que les autorités cubaines s’étonnent de ne plus avoir reçu que des nouvelles anodines, le FBI agit enfin et opère un coup de filet, arrêtant…, non les criminels qui ont provoqué censément les craintes de la Maison-Blanche, mais les cinq Cubains infiltrés dont les renseignements ont permis de déjouer plusieurs actes de terrorisme !!  Que s’est-il passé ? Je laisse la parole à Fidel :

 

« Les autorités étasuniennes n’ont pas arrêté un seul terroriste nulle part ! Elles arrêtent les compañeros qui avaient fourni l’information. Je dois dire que nous ne leur avions fourni aucune piste permettant d’identifier ces sources. Toujours est-il qu’elles avaient pu constater qu’il s’agissait de renseignements sérieux et dignes de foi, que nos dénonciations étaient parfaitement fondées, exactes. Bien entendu, ce n’était pas les seules, mais c’étaient les sources essentielles. L’un de nos compañeros avait pour mission de suivre les activités d’Orlando Bosch, rien moins que ce terroriste qu’on a gracié aux USA malgré ses crimes monstrueux.

 

« Que s’était-il vraiment passé ? La direction de la mafia terroriste de Miami, qui avait eu vent des contacts et des échanges engagés entre les autorités cubaines et étasuniennes au sujet des actes de terreur brutale commis impunément contre notre pays, a jeté toutes ses forces et toutes ses influences – et on sait qu’elle en a – dans la bataille pour empêcher coûte que coûte toute avancée sur ce terrain.

« Qui a été l’un des principaux responsables de cette rupture des contacts entre les deux autorités ? Héctor Pesquera, alors chef du FBI à Miami. Ce fonctionnaire avait occupé le même poste à Porto Rico au moment même où le commando organisé directement par l’aile paramilitaire de la Fondation nationale cubano-américaine avait été capturé aux abords de cette île par les garde-côtes qui avaient saisi le yacht et ses armes. Tout le monde sait qu’elle était l’objectif de ce commando : commettre un attentat contre moi sur l’île Margarita, au cours d’une réunion internationale où j’étais présent.

« Et Pesquera, qui fait partie de la mafia, a joué un rôle essentiel pour obtenir l’impunité totale de ce groupe terroriste.

« On sait qu’aux instances les plus élevées du FBI, il existait une certaine résistance à l’idée de rompre les échanges avec Cuba, mais le pouvoir et l’influence politique des leaders de la mafia l’emportèrent. Oui, ils étaient plus puissants à Miami que le président des États-Unis en personne et que le Conseil de sécurité nationale, ça saute aux yeux !

Tout se passe, je le rappelle, sous l’égide du beau et transparent William Jefferson Clinton, pas du sinistre (sous ses dehors d’honnête Ducon-Lajoie) George Walker Bush, le menteur, le défenseur de la torture et des prisons secrètes…

 

On (ne) sait (pas) la suite : les cinq militants antiterroristes cubains sont jetés en prison (en cellule solitaire, le « trou », pendant dix-sept mois, au déni de tous les règlements carcéraux), soumis à un procès absolument inique et truqué (à Miami même, le pire endroit où ils auraient pu être jugés) de la part d’un procureur et d’une juge qui violent une foule de procédures légales, tandis que la mafia et ses journaux ne cessent de mener des campagnes diffamatoires contre les cinq, de s’acoquiner avec les jurés et les magistrats…

 

Incapable de prouver son accusation d’ « espionnage », les Cinq n’ayant jamais cherché à s’emparer du moindre document secret mettant en danger la sécurité des USA, le procureur invente alors, plusieurs mois après l’ouverture du procès, de faire intervenir un nouveau chef d’accusation : le cas des avions abattus, pour y impliquer un des accusés dans un cas d’ «  association de malfaiteurs pour commettre un assassinat » :

 

Les chefs d’accusation les plus graves : espionnage au profit de Cuba et assassinat en rapport avec le crash de deux avionnettes en eaux cubaines ne visèrent pas de crimes vraiment commis, mais furent présentés comme « concert frauduleux », ce qui permettait au procureur de n’avoir  pas à prouver leur réalité, les autres charges concernant des délits mineurs ayant à voir avec les précédents.

 

L’accusation portée contre Gerardo Hernández : « concert frauduleux pour commettre un homicide volontaire » est sans précédent dans les annales de la jurisprudence étasunienne. Devenue le point focal du procès, elle concernait le fait que deux petits avions appartenant à l’organisation de Miami Hermanos al rescate (« Frères à la rescousse ») avaient été abattus le 24 février 1996 par des appareils de l’armée de l’air cubaine quand leurs pilotes s’entêtaient à vouloir continuer de violer l’espace aérien cubain, le groupe étant conduit par José Basulto, vivant à Miami et ancien de la Brigade mercenaire ayant réalisé l’invasion de la baie des Cochons. Or, les cinq accusés se trouvaient alors à Miami et n’eurent rien à voir avec la transmission ou l’exécution de l’ordre donné d’abattre les avions après que ceux-ci eurent sciemment ignoré les avertissements qui leur avaient été faits de ne pas pénétrer dans l’espace aérien de Cuba.

 

Les Cinq sont condamnés, au terme du plus long procès de la jurisprudence étasunienne (du 6 décembre 2000 au 8 juin 2001), à des peines exorbitantes au regard des accusations : Gerardo Hernández Nordelo, à deux peines de réclusion à perpétuité plus 15 ans de privation de liberté ; Ramón Labañino Salazar à une peine de réclusion à perpétuité plus 18 ans de privation de liberté ; Antonio Guerrero Rodríguez, à une peine de réclusion à perpétuité plus 10 ans de privation de liberté ; Fernando González Llort à un emprisonnement de 19 ans et René González Sehwerert à un emprisonnement de 15 ans.

 

Les Cinq sont incarcérés depuis maintenant dix ans, sans que leur situation ait « intéressé » les médias transnationaux qui continuent de faire silence sur un cas d’injustice foncière : quand le moindre supplétif anticubain dans l’île est jugé et condamné pour travailler à la solde d’une puissance ennemie (ce qu’on appelait en France les « collabos » dont on sait le sort qui leur a été fait), aussitôt les rotatives  se mettent en branle et inondent le monde de protestations. Un silence d’autant plus étonnant qu’il y a de tout dans cet imbroglio judiciaire des Cinq (outre, à supposer que cela intéresse la grande presse, la bouleversante qualité humaine des condamnés, dont témoignent les plaidoiries qu’ils ont présentées avant que ne tombe le verdict) pour intéresser le grand public, depuis le prétendu espionnage jusqu'à des « premières » en matière de jurisprudence. Ainsi, qu’une juge écrive en toutes lettres dans son verdict :

 

« En tant que condition spéciale supplémentaire à la liberté surveillée, il est interdit à l’accusé de s’associer ou de rendre visite à des lieux connus pour être habités ou fréquentés par des individus ou des groupes tels que terroristes, membres d’organisation prônant la violence ou figures d’association des malfaiteurs. »

 

Transcription du verdict de la juge Joan A. Lenard

14/12/01 (pp. 42–43 et 45–46)

 

Aurait soulevé un tollé général s’il avait été le fait, par exemple, d’un gouvernement du barbare Tiers-monde ! Cette « justice » qui protège les terroristes du mal que pourrait leur causer un antiterroriste est tout de même assez renversante et inquiétante pour attirer l’attention des médias, qui, là encore, ont pourtant fait le silence total.

 

Autre élément fort digne d’intérêt dans ce procès : de nouveau, pour la première fois dans l’histoire de la justice aux USA, un procureur interjette appel contre la décision prise le 9 août 2005 par la troïka de la cour d’appel d’Atlanta selon laquelle le procès de Miami était entaché de trop d’illégalités et d’irrégularités pour que son verdict soit valide et avait demandé l’annulation des condamnations et l’ouverture d’un nouveau procès, au nom du droit des accusés d’être jugés impartialement dans un climat non hostile et à bénéficier d’un procès juste, exactement dans la ligne de l’Avis consultatif du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire qui était arrivé à la même conclusion le 27 mai 2005. Voici les arguments essentiels de la troïka (le document circonstancié fait quasiment soixante-dix pages) :

 

·                                « La tempête littéralement provoquée par la houle des sentiments dominants d’une communauté [celle de Miami] et la vaste publicité faite au procès avant et pendant, combinées aux indications inappropriées du parquet, implique la nécessité d’un nouveau procès. »

 

·        « Les preuves présentées [devant le tribunal de Miami] pour soutenir les motions de changement de juridiction  [soumises par la défense] étaient massives. »

 

·        « Constituer un jury [impartial] dans cette communauté [de Miami] était une probabilité irraisonnable à cause des préjugés qui y existent…. de sorte qu’un changement de juridiction s’imposait. »

 

·        Les nouvelles preuves sur lesquelles la défense s’est fondée pour présenter en novembre 2002 sa motion de juridiction « étaient d’une nature telle qu’un nouveau procès provoquerait raisonnablement un nouveau résultat ».

 

Mais nous étions, là oui, sous Bush, dont l’administration exerça les pressions que l’on sait et suppose, en faisant intervenir directement l’Attorney General, pour que la cour d’appel d’Atlanta accepte, à la totalité de ses membres, de réviser la décision de sa troïka, une position absolument sans précédent dans l’histoire de la « justice » étasunienne où la décision d’une troïka n’est jamais remise en cause. Et que croyez-vous qu’il arriva ? La cour d’appel d’Atlanta au complet annula bien entendu la décision de sa troïka… Car il s’agissait d’un procès politique, et ô combien, et il était hors de question que les Cinq puissent s’en sortir si facilement. Je me demande : les lecteurs du monde entier ne mériteraient-ils pas de suivre ce triste épisode d’un peu plus près si les médias transnationaux à la botte des puissants leur en laissaient le loisir ?

 

D’autant que le procès politique des Cinq continue d’engendrer des « inédits » : ainsi, de nouveau pour la première fois dans l’histoire de la justice étasunienne, un total de douze documents d’ « amicus curiae » ont été présentés, le 6 mars dernier, devant la Cour suprême des États-Unis afin de soutenir la demande par laquelle, le 30 janvier, les avocats des Cinq ont demandé le réexamen du cas (le fond du problème continuant d’être qu’aux termes de la loi étasunienne, jamais les Cinq n’auraient dû être jugés à Miami). Jamais une pétition de ce genre n’avait été appuyée par tant de personnes naturelles et morales. Et non des moindres ! Entre autres, 10 Prix Nobel, dont José Ramos Horta, le président de Timor-Leste,  Adolfo Pérez Esquivel, Rigoberta Menchu, José Saramago, Wole Soyinka, Zhores Alferov, Nadine Gordimer, Günter Grass, Dario Fo et Mairead Maguire; le Sénat mexicain en sa totalité ; l’Assemblée nationale du Panama ; Mary Robinson, ancienne présidente d’Irlande (1992-1997) et Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (1997-2002). Plus 75 eurodéputés ; 85 députés mexicains ; 87 membres de la Chambre des communes britannique ;  9 sénateurs et 33 députés irlandais ; 17 parlementaires écossais ; 17 sénateurs et 138 députés brésiliens ; 4 sénateurs et 8 députés chiliens ; 4 représentants, 1 sénateur et 1 ancien sénateur belges ; 7 parlementaires allemands ; 7 parlementaires japonais. Plus l’Association internationale des avocats démocrates et l’Association américain des juristes ; la Fédération ibéro-américaine des Ombudsmen ; la Fédération internationale des droits de l’homme ; le Barreau brésilien. Plus différentes organisations des USA :


Center for International Policy and the Council on Hemispheric Affairs ;

Civil Rights Clinic at Howard University School of Law ;

Cuban-American Scholars:  Professors Nelson P. Valdés, Guillermo Grenier, Félix Masud-Piloto, José A. Cobas, Lourdes Arguelles, Rubén G. Rumbaut, Louis Pérez

Florida Association of Criminal Defense Lawyers, Miami Chapter

National Association of Criminal Defense Lawyers ;

National Jury Project ;

National Lawyers Guild and National Conference of Black Lawyers ;

William C. Velasquez Institute and Mexican American Political Association.

 

Plus 14 professeurs de droit et 18 avocats britanniques ; Federico Mayor Zaragoza, ancien directeur général de l’Unesco ; en Espagne : 6 organisations légales et des droits de l’homme, 6 professeurs de droit, 94 avocats ; en Belgique, l’Association des avocats flamands et celle des avocats francophones et germanophones ; en Allemagne, le barreau berlinois ; la Ligue des droits de l’homme et l’Association des avocats de la défense de Berlin ; et d’autres noms et organisations au Mexique, en Argentine, au Portugal, au Japon, au Chili (dont le juge Juan Guzmán Tapia , le premier magistrat à avoir instruit un procès contre Pinochet) ; en Équateur, en Colombie, au Panama. Bref, la liste est énorme et de poids. Et pourtant, les médias transnationaux, comme un seul homme, ont fait de nouveau le black-out, malgré l’intervention de gens du Premier Monde qui sont par définition, on le sait, toujours plus sérieux et plus crédibles que ceux du Tiers-monde…

 

Tiens, il y aurait là encore une bonne occasion pour Barack Obama de faire un petit geste peu coûteux : à défaut de gracier les Cinq, exercer des pressions pour que la Cour suprême accepte de réviser leur cas puisque cette noble institution ne le fait que dans 2 p. 100 des affaires qui lui sont soumises. Et qu’on ne vienne pas me parler de l’indépendance du pouvoir judiciaire, parce que personne ne croit à cette sornette après avoir vu comment l’administration Bush a contraint la cour d’appel d’Atlanta à réviser la décision de sa troïka puis à l’annuler purement et simplement… Il lui reste d’ailleurs peu de temps puisque la Cour suprême doit se prononcer en principe avant ses vacances de juin.

 

Je rappelle aussi que c’est encore sous le règne de Bill Clinton que s’est déroulé l’épisode du petit Elián González, un Cubain de cinq ans séquestré par une partie de sa famille à Miami après que sa mère fut décédée dans un naufrage au cours d’une traversée illégale à travers le détroit de la Floride. Une situation qui, en toutes autres circonstances, aurait été réglée dans les meilleurs délais par un gouvernement et sa justice – le père légitimer vivant à Cuba réclamant le retour de l’enfant que sa mère, alors divorcée, avait fait partir avec elle sans son consentement – mit sept mois (autant que le procès des Cinq), du 25 novembre 1999 (date du naufrage) au 28 juin 2000 (retour d’Elián à La Havane) à trouver un dénouement, tout simplement parce qu’il s’agissait de Cuba et que rien ne peut être fait en ce cas dans les règles ni la loi aux USA. 

 

Là oui, la Cour suprême dut intervenir ! Et si cet enlèvement d’enfant s’éternisa ainsi, c’est que parce que l’Attorney General de Clinton, Janet Reno, craignait – et son administration avec elle – de se mettre à dos la mafia terroriste cubano-américaine de Miami, qui avait littéralement séquestré de force le gosse et en faisait un instrument de chantage pour obtenir la victoire sur leurs ennemis jurés, la Révolution cubaine et « Castro », et que les atermoiements des autorités politiques et juridiques, bref, de l’administration en soi, ne cessaient d’enhardir au point que Janet Reno dut finalement monter une véritable opération de police, armes au poing, pour arracher l’enfant à ses kidnappeurs. Et je suis convaincu que si le peuple cubain, conduit par la direction révolutionnaire, ne s’était pas mobilisé comme un seul homme d’un bout à l’autre de l’île (avec, entre autres, des marches de plus d’un million d’Havanais devant la Section des intérêts des États-Unis) et mené un campagne qui dura autant que le kidnapping d’Elián, celui-ci n’aurait jamais été rendu à son père, parce que dans le fond, Janet Reno et les autres étaient persuadés qu’il valait mieux pour lui vivre dans une famille éloignée dans le fameux « pays libre » que se croient les États-Unis, qu’auprès de son père en « régime communiste ». Elle a d’ailleurs fini par l’avouer.

 

Je n’ai évoqué ces deux événements (il en est d’autres, et je m’en tiens à la seule administration Clinton) que pour rappeler que Bush fils n’a été que l’un des onze présidents (Obama compris) à avoir mené peu ou prou la même politique face à la Révolution cubaine avec pour seul objectif : la liquider.

 

En fait, là où je veux en venir, c’est à cette conclusion : quand on dresse le bilan de cinquante ans de relations « à torchon brûlé » entre la Révolution cubaine et la superpuissance aux capacités incommensurablement supérieures aux siennes, qui n’a lésiné sur aucun moyen (dont l’assassinat pur et simple) pour en venir à bout, on se dit – outre le démenti que cette résistance incroyable apporte à ceux qui y voient le résultat de la volonté entêtée d’un sinistre dictateur, et non de celle de tout un peuple dont elle a changé la vie y qui y tient – qu’Obama est bien mal renseigné personnellement et aussi bien mal conseillé s’il croit s’en tirer à si bon compte (la pirouette de l’annulation des nouvelles restrictions que Bush avait superposées aux anciennes) vis-à-vis du peuple que ses prédécesseurs ont traité de la pire manière et dont le contentieux historique avec les USA remonte à plus de deux siècles ! Si la Révolution cubaine s’était laissée prendre, fût-ce un instant dans son histoire, au miroir aux alouettes que lui tendait son voisin, il y a belle lurette qu’on n’en parlerait plus qu’au passé.

 

            A ce jour, Obama a agi comme ce que sont généralement, en fin de compte, les présidents étasuniens : des politiciens à raisonnements électoraux. Auraient-il beau être les maîtres de l’Empire dont le moindre éternuement a des répercussions sur toute la planète, ils fonctionnent la plupart du temps, non comme des gens qui seraient soi-disant investis d’un mission mondiale, mais selon ce qu’ils supposent que seront les actions et réactions de leurs électeurs. J’ai d’ailleurs été sidéré de retrouver cette même approche « électorale » dans la conférence de presse qu’Obama a donné à la fin du Sommet du G-20 à Londres ou de celui de l’OTAN à Prague (je ne me rappelle plus exactement) : à une question d’un journaliste sur je ne sais plus quel point, il répond en gros qu’il doit tenir compte de ses électeurs ! Que le président de la superpuissance qui vient d’obliger – sans trop de mal, apparemment – les plus importantes économies à donner de nouveau carte blanche aux USA pour réparer leurs propres dégâts et à leur reconduire tous les privilèges de Bretton Woods continue de penser à « ses » électeurs, et non aux intérêts du monde que les agissements des capitalistes néolibéraux et du système en soi ont entraîné au bord du gouffre en dit long, et mieux qu’une analyse fouillée, sur le manque d’envergure politique des « élèves du sérail » étasunien !

 

Je retrouve ces mêmes relents électoralistes dans le geste d’Obama juste avant le Sommet des Amériques : en bon politicien, il savait qu’il ne pouvait arriver les mains vides et il a fait comme font tous les politiciens : s’abriter derrière des promesses, tendre une sucette. Vis-à-vis de Cuba, la levée des sanctions bushiennes ; vis-à-vis de l’Amérique latine et des Caraïbes, un discours creux ; sur le fond, rien de nouveau (il suffit de lire la rhétorique éculée de la Déclaration finale, surtout quand on la compare avec celle du Sommet extraordinaire de l’ALBA…).

 

Là aussi, il pense s’en être tiré à bon compte, comme si les poignées de main et les sourires colgatés pouvaient balayer le contentieux historique ô combien sanglant de l’Empire envers son arrière-cour.

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Published by cdrm - dans Solidarité
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