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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 13:09

Gaza face au projet de Sharon

 

 

Par Marie NASSIF-DEBS

 

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a déclaré, depuis peu, que les nouvelles frontières d’Israël suivront le tracé du mur de séparation, mais prendront en considération le regroupement de toutes les colonies établies en dehors de ce nouveau tracé. En d’autres termes, Olmert annonçait que les « nouvelles » frontières engloberaient 40% de la Cisjordanie ; et nous pensons qu’il vise aussi les 60% restants.

 

Cette annonce constitue, en fait, une tentative nouvelle dont le but est de faire revivre, grâce à l’aide procurée par les Nouveaux conservateurs étasuniens (très influents au sein de l’administration de Georges Bush et, aussi, dans l’entourage de Barak Obama), le projet mis au point, en 2003, par Ariel Sharon sur les bases d’un autre projet préparé, il y a des dizaines d’années, par David Ben Gorion. Le Premier ministre israélien pense réussir son projet en suivant la politique du « pas à pas » mise au point par Henry Kissinger et se résumant par trois verbes au mode impératif : croquez, digérez et, puis, recommencez.

 

En quoi consiste le projet d’Ehud Olmert puisé dans l’escarcelle de Sharon ?

 

C’est aussi un projet en trois points.

 

Le premier consiste à mettre en avant le « danger » de l’explosion démographique chez les palestinien pour arriver à la conclusion suivante : Israël est en danger. Et, vu qu’il a toujours besoin d’une main-d’œuvre qualifiée pour faire marcher son économie, son agriculture notamment, et vu que la main-d’œuvre palestinienne était devenue un danger, le mieux est de la remplacer à travers une nouvelle émigration juive venant, cette fois, de l’Afrique et aussi de l’Inde !

 

Le second point, lié au premier, réside dans l’adoption d’une politique de blocus et de chômage ; ce qui pousserait les Palestiniens à des actes de « violence » qui constitueraient l’alibi nécessaire pour que le gouvernement de Tel Aviv puisse riposter dans un contexte dit de self-défense face aux dangers du « terrorisme » que constituent les groupes fondamentalistes. Donc, en tuant les Palestiniens et en les terrorisant, Israël sert, en fait, la paix et la démocratie dans le monde « libre ».

 

Le troisième point vise, par le biais du second, à utiliser les opérations militaires afin d’élargir la mainmise sur les territoires de Cisjordanie et d’implanter de nouvelles colonies, à la place de celles déjà démantelées, sous le couvert de la nécessité d’ériger des postes avancées dont le but est de « sauvegarder les civils israéliens menacés » par les « terroristes » ; et chaque colonie créée devrait pousser de nouveaux Palestiniens hors de leur pays ; ce qui aboutirait au « transfert », ou à une nouvelle émigration forcée, soit vers la Jordanie ou vers d’autres pays arabes. D’ailleurs, le projet du nouveau « transfert » vise également les Palestiniens des territoires dits de 1948… Ainsi, et partant de ce que la fin justifie les moyens, tous les moyens seront bons pour vider de nouvelles terres palestiniennes de leurs propriétaires, y compris, en plus de la destruction des maisons, l’assassinat des enfants en bas âge (qui pourront devenir, un jour prochain, des résistants) et des dirigeants et, enfin, l’emploi d’armes prohibées…

 

Donc, Israël planifie une nouvelle Nakba, un nouveau désastre. Il profite, pour ce faire, de deux bases importantes :

 

La première est qu’il s’est garanti, grâce à la présidence française de l’Union européenne, puis à celle de la présidence tchèque, d’une couverture européenne officielle complète, qui est venue s’ajouter à l’aide inconditionnelle de la part des Etats-Unis. En effet, l’Accord politique du 16 juin 2008 s’est transformé, il y a un mois, le 8 décembre de la même année passée, en un traité suivi d’un annexe. Nous nous contenterons d’en citer le neuvième point de ce traité qui stipule des relations extraordinaires entre l’Union européenne et Israël, ce que l’e contenu de l’annexe précise en divers points, dont le plus clair est la coordination sur le plan des politiques militaires et sécuritaires communes, en plus de la participation d’experts israéliens à des missions à l’étranger, en Afrique et dans d’autres régions.

 

La seconde, et peut-être la plus importante des deux, réside dans le régime officiel arabe, dans les positions, déclarées ou, même, cachées, de certains pays arabes, surtout les gouvernements pro étasuniens dits « tempérés » qui vont à l’encontre des intérêts des peuples arabes dans leur course derrière Washington.

 

Ainsi, et tandis que des centaines de milliards de dollars sont versés dans les caisses étasuniennes pour être utilisés à atténuer la crise financière qui y sévit ou, encore, pour permettre aux industries militaires de produire de nouvelles armes, qui sont utilisées contre les peuples d’Irak, du Liban et, actuellement, de la Palestine, certains dirigeants se sont transformés en policiers exécutant les plans de Washington et de Tel Aviv et empêchant les peuples de manifester leur appui à la Résistance palestinienne, accusée par ces mêmes dirigeants d’être responsable des massacres dans lesquels ont péri plus d’un millier de personnes dans les vingt derniers jours.

 

De plus, les gouvernements arabes ont, presque tous, oublié la politique de boycott ; ils ne cachent pas leur intention  de normaliser leurs relations avec Israël, ni les facilités qu’ils procurent aux grandes sociétés transnationales qui financent Israël et lui procurent les armes dont il a besoin pour tuer les peuples de la région. Des centaines de millions de dollars constituent la part arabe dans les projets de sociétés telles que « Mac Donald’s », « Marx and Spencer », « Kentucky fried chicken » ou « Silk city »…

 

Mais quel rôle Gaza joue-t-il dans tout cela ?

 

Certains responsables israéliens disent que  la mainmise sur de nouveaux terres palestiniennes, surtout en Cisjordanie, et, par suite, l’exécution du projet mis au point par Sharon, exigent la liquidation de l’influence que Gaza exerce sur la résistance à l’occupation. Voilà pourquoi Gaza constitue, aujourd’hui, un symbole qui peut, soit donner un élan nouveau au projet israélo étasunien, à la suite de l’échec cuisant de l’agression contre le Liban en 2006, soit prévoir une chute plus dangereuse pour Israël.

 

Nous pensons que le second cas est plus plausible.

 

 

                                                                        Marie NASSIF-DEBS

 

(Article paru dans le bimensuel « An Nidaa »                                                                       

du vendredi 16 janvier 2009)

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Published by cdrm - dans Palestine
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