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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 13:06

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José Bové et Guy Kastler : la décroissance en agriculture

jeudi, 26 janvier 2006 / Gil RivièreWekstein / gérant

 

Nouveau concept en vogue, la « décroissance » n’a jusqu’à présent suscité l’enthousiasme que de quelques militants et économistes marginaux. Le retour d’une vision catastrophiste du monde, principalement véhiculée par l’écologisme radical, a cependant rouvert le débat sur le productivisme.

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Aujourd’hui, altermondialistes et militants anti‐OGM se retrouvent pour se demander s’il faut croire au développement durable, à la croissance molle, ou s’il faut leur préférer la décroissance. La question est désormais posée lors des réunions de l’Association pour la taxation des transactions pour l’aide aux citoyens (Attac), voire au sein des Verts. Responsable de la commission Economie des Verts, Bernard Guibert espère ainsi que le débat sur la décroissance « sera l’occasion pour le mouvement altermondialiste d’abandonner définitivement un productivisme anachronique et politiquement réactionnaire. Il faudra en particulier qu’Attac lève l’hypothèque de son “idéologie positiviste du progrès”.

 

 » Ce thème a fait l’objet « d’un séminaire roboratif rassemblant à Montbrison

(Loire), en février 2005, près de 90 intellectuels, Verts, alternatifs, membres d’Attac ou des Amis de la Terre, autour du thème “Antiproductionnisme, décroissance et démocratie” », relate Hervé Kempf, journaliste au Monde. Enfin, le Parti pour la décroissance a même vu le jour suite aux Etats généraux de la décroissance équitable, qui se sont tenus le 15 octobre 2005 à Lyon.

 

Organisée à l’initiative de Vincent Cheynet, animateur de la frange radicale des Verts en Rhône‐Alpes et responsable de l’association Casseurs de Pub, cette réunion a rassemblé environ 300 personnes. D’abord, le constat : « Notre modèle de société mène à une impasse écologique et humaine, car nous arrivons au bout de ce que la planète peut nous donner. Les ressources  terrestres arrivent à leur terme et la biosphère ne peut plus absorber les pollutions que nous émettons. » Ensuite, l’objectif : il faut « réduire notre consommation et notre production pour partager les ressources renouvelables du globe avec tous ses habitants ».

 

Enfin, les moyens :

il s’agit de « produire et consommer localement ». Dans ce contexte, il est nécessaire de repenser la distinction droite-gauche, qui « n’est plus pertinente», pour reprendre les termes de Jean-Paul Besset, ex-rédacteur en chef de l’hebdomadaire Politis et auteur de « Comment ne plus être progressiste... sans devenir réactionnaire ». Cette question, en effet, mérite d’être posée !

  

 

La décroissance selon Guy Kastler

Grâce à José Bové et à Guy Kastler, chargé de mission de Nature & Progrès et président du Réseau semences paysannes, la décroissance est également devenue une question agricole. Dans le numéro de novembre-décembre 2005 de Nature & Progrès, consacré à l’économie et l’écologie, Guy Kastler livre ses réflexions sur ce qu’il appelle désormais « la décroissance en agriculture ».

 

Ce militant de longue date à la Confédération paysanne propose de revenir à des « pratiques culturales et d’élevage saines économiquement et écologiquement, tournant le dos à l’industrialisation ». Il s’agit de privilégier     « l’échange et le commerce de proximité », car « il n’y a pas d’autonomie possible si on travaille sur le marché mondial ».

 

Guy Kastler veut ainsi « remettre en grand nombre des femmes et des hommes dans les champs ».

 

« Il ne manque pas en France de chômeurs qui ne demandent qu’à avoir accès aux terres en friches pour vivre », affirme-t-il. Selon lui, la décroissance, « dans un pays comme la France, cela veut dire redistribuer des terres à plusieurs millions de familles ! »

 

Visiblement, entre Mao et Kastler, le bond n’est pas très grand... Interrogé sur les actions à mener pour faire avancer son combat, le militant de Nature & Progrès propose de « faucher les OGM et faire sa semence ». Aux yeux de Guy Kastler et de José Bové, les OGM représentent en effet « ce qui est peut-être le plus symbolique du culte scientiste ». Pour l’ex-leader de la Conf’, autre adepte de la décroissance, le combat « des faucheurs volontaires contre les OGM et la résistance qui s’intensifie contre les firmes qui veulent imposer le Gaucho et le Régent » s’inscrivent dans son engagement pour « défaire le productivisme ».

 

José Bové, les OGM et le progrès

 

Tel était d’ailleurs le thème du premier colloque sur la décroissance qui s’est tenu du 28 février au 3 mars 2002 à l’Unesco, et auquel José Bové a participé. Son discours, intitulé En finir avec l’idéologie du progrès que l’on retrouve dans les actes du colloque sous le titre « Défaire le développement, refaire le monde »  montre un politique nettement plus radical que lorsqu’il représentait la Confédération paysanne. « L’idéologie du progrès est responsable d’une sorte de mythe, selon lequel il y a une situation donnée au départ [et] tout ce que l’humanité peut faire s’améliorera. Ce grand mythe du XIXe siècle a été l’idéologie dominante, construite à la fois par les libéraux et par les marxistes», analyse le leader syndical. Ainsi, il fait sien le slogan « ni gauche ni droite » de Jacques Ellul (1912-1994) et Bernard Charbonneau (1910-1996), adhérents du courant « personnaliste » des années trente et membres de l’association L’Ordre Nouveau. Selon José Bové, Jacques Ellul « a été l’un des pères fondateurs de cette réflexion [contre l’idéologie du progrès] avec son livre La Technique ou l’enjeu du siècle, au milieu des années 1950 ». « Il y a une véritable filiation entre Jacques Ellul , en passant par Ivan Illich et François Partant, et tous les mouvements qui sont aujourd’hui en action », affirme-t-il.

 

Avec les textes d’Ellul, il s’agit, pour l’heure, de débarrasser la gauche de l’idéologie du progrès. Car « l’effondrement du mythe du progrès est d’autant plus difficile à digérer pour les militants de gauche que ce sont eux qui se sont toujours montrés les plus vigoureux acteurs du “progressisme“ », souligne Jean‐Paul Besset. Or, José Bové a rapidement compris que la jonction entre la contestation altermondialiste et les mouvements écologistes représente précisément le « véritable espoir ». « A Porto Alegre, on a dit qu’un autre monde est possible », explique le leader syndical. En effet, aujourd’hui, « [les militants de gauche] se prennent cette fin de cycle historique en pleine poire [sic], et cette forclusion de l’espérance envers un monde en progrès continu les laisse désemparés, en pleine désillusion », déclare l’ancien rédacteur de Politis.

 

Ainsi, une partie de la base traditionnelle de la gauche se retrouve «idéologiquement orpheline », c’est‐à‐dire prête à entendre un autre discours. Aux yeux de celle‐ci, le combat de José Bové contre l’OMC, puis contre les OGM, remplit ce vide idéologique. « S’attaquer au “virus libéral“ sans s’en prendre d’abord au “virus de la croissance“, c’est se tromper d’adversaire principal. C’est la peste qui pose problème, pas les pestiférés », poursuit Jean‐Paul Besset. Ce dérapage idéologique ‐ qui mélange économie libérale et croissance économique ‐ explique davantage les raisons du combat contre les OGM qu’une éventuelle préoccupation d’ordre sanitaire ou environnementale.

 

Les OGM sont en effet à la croissance ce que l’OMC est au libéralisme. José Bové dénonce ainsi la « logique du progrès qui va de pair avec celle du marché, pour lequel les OGM sont une chose extraordinaire, en faisant en sorte que ce qui était gratuit devienne payant ». Il fait ici allusion aux graines « que le paysan garde et qu’il ressème », par opposition à « celles qu’il faut se procurer auprès de la firme multinationale, chez Monsanto ou Novartis ». Il effectue d’ailleurs la même analyse pour les hybrides, « premier stade, pourrait‐on dire, des OGM. On a dit que rendre le maïs stérile par hybridation constituait un progrès parce que cela permettait de produire plus, ce qui était déjà un mensonge au début du XXe siècle. »

 

Ce n’est pas un hasard si l’agriculture représente le terrain privilégié de la lutte pour la décroissance, « car c’est dans ce domaine que la remise en cause du dogme du productivisme s’est construite et a été la plus avancée », poursuit José Bové. Derrière ces paroles se profilent également les idées de Bernard Charbonneau, qui écrivait en 1991 que « la révolution écologique a besoin d’une politique agricole. Seule, celle‐ci peut l’aider à dépasser la contradiction fondamentale qui est à la fois sa difficulté et sa richesse : celle de la nature et du désir humain, en l’empêchant d’éclater entre une droite réactionnaire et une gauche progressiste stéréotypées. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by cdrm - dans Divers Textes
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commentaires

Moa 24/12/2008 17:49

Kikou :0059:

Excellent article!!

Joyeux noël et agréable soirée à toâ.
@ bientôt, amicalement. :-)

cdrm 26/12/2008 10:00


merci
oui je pense aussi que cet article est exellent
trop de presonne de "gauche" penche pour cette idéologie, que je considère comme a la limite du fascisme 

pense a rejoindre notre communauté et a faire un echange de liens avec ce blog a plus